‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 45 sur 166 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les pasteurs de l'Église

de 1753 à 1789.

Un seul pasteur à Torigine, puis deux {1760), puis trois (1781). — Leurs obligations essentielles et leurs attributions secondaires. — Démarches et négociations du Consistoire pour le choix des pasteurs. — Catalogue des huit premiers pasteurs de l'église, avec notices et documents. — Leurs traitements annuels.

La croyance religieuse engendre le culte en commun, et le culte rend nécessaire l'existence d'un clergé qui, à son tour, influence et le culte et les croyances :

Dans le protestantisme, le pastorat est un ministère spirituel, non une puissance magique. C'est le « ministère de la Parole évangélique », — comme on disait autrefois, non sans quelque solennité. A cet égard, son caractère historique n'a jamais varié. Pour être légitime et bienfaisant, il faut qu'il se réclame d'une « vocation de Dieu », à laquelle s'ajoute l'élection par l'Eglise. Telle est déjà la théorie au xvi^ siècle dans Pierre Viret et autres écrivains réformateurs. Le premier entre ses frères, primas Mer pares, le pasteur est leur conseiller, leur ami, leur mentor, leur chef suivant les circonstances, jamais leur maître puisque saint Paul a proclamé le sacerdoce universel. Il ne tire son influence et son autorité que de la sincérité de sa foi, de la pureté de sa vie, de la réalité de son dévouement aux intérêts spirituels et moraux des brebis (jui l'ont choisi. Dans son ensemble le corps pastoral

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est l'élite dirigeante dont toute union d'églises a besoin pour marcher droit, en communion avec l'Eglise universelle. Le système a ses inconvénients, il a aussi ses avantages et une indéniable grandeur dans sa simplicité. Les uns et les autres dépendent des personnes et des circonstances. Elles apparaîtront d'elles-mêmes dans le chapitre qui suit. IJans celui-ci nous n'avons à envisager que les personnes.

Si un seul pasteur parut d'abord sulïîre à l'église de Bordeaux reconstituée, un second devint nécessaire dès 1760. Un troisième fut sollicité en 1778 pour le soulagement des deux autres, mais ne fut obtenu qu'en 1781.

Olivier-Desmont a rappelé nettement, en quelques mots, les devoirs essentiels du ministère évangélique en ces temps difficiles ^ lisse résument en quatre points : prêcher fidèlement la doctrine chrétienne, administrer les sacrements, diriger l'église dans ses voies propres, prier avec elle et pour elle, dépendant ii y en avait d'autres, d'ordre secondaire parfois, dont il ne parle pas, mais que nous révèlent les délibérations consistoriales et les correspondances qui nous ont été conservées : assister régulièrement aux séances du consistoire, tenir les registres des actes pastoraux, représenter l'église aux synodes, inspecter les districts, catéchiser les enfants, visiter et soulager les indigents, consoler les affligés et les mourants, donner à ceux-ci la communion ^ et leur rappeler les promesses de salut que prodigue l'Evangile à ceux qui se repentent et qui croient, bénir les mariages, s'occuper de la cure d'âmes, suivre le mouvement théologique et intellectuel du temps pour n'être point dépassé par lui. Dans ces multiples obligations, se surajoutant à celles du chef de famille, il y avait de quoi suffire à l'activité d'un homme et souvent même à la déborder. La biographie sommaire de nos huit pasteurs, telle qu'elle ressort des documents connus et des faits avérés, mérite donc aussi l'attention du lecteur. Nous l'esquisserons un peu plus loin.

Entre tous les devoirs du pasteur ne négligeons pas de rappeler celui qui, aux yeux de ses coreligionnaires, primait tous les

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