‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 46 sur 166 · Voy. plus bas deux lettres de lui que nous reproduisons · texte numérisé non relu

Voy. plus bas deux lettres de lui que nous reproduisons

2. Nous n'avons cependant pas la preuve que cet usage, autorisé au xyii^ siècle, ait été repris au xyiii^ siècle à Bordeaux.

autres : donner l'exemple de la foi, de la charité et de la pureté des mœurs. « Que l'évêque soit mari d'une seule femme, » avait écrit un jour l'apôtre Paul à son disciple Timothée. Mais ce n'était pas assez pour répondre aux exigences de nos modernes" Réformés. La moindre infraction à la rigidité des mœurs, même de la part d'un pasteur non marié, leur apparaissait comme quel- (|ue chose de terriblement grave. De là l'effervescence de 1756, ({ue nous aurons à narrer dans te chapitre suivant, à propos du pasteur Grenier de Barmont. Jamais la conscience protestante n'a pu s'accommoder, jamais sans doute elle ne s'accommodera du spectacle des prêtres concubinaires ou simoniaques à qui l'on ■ conserve non-seulement leur rang dans la cléricature, mais 1 encore le droit de s'acquitter chaque jour des fonctions sacerdotales. ^ I Par esprit de retour aux coutumes de l'Eglise primitive, es ; Réformateurs du xvi^ siècle (comme plus tard les auteurs jansé- j; nistes de la constitution civile du Clergé) avaient décidé que les f

pasteurs seraient élus par les fidèles, non point directement, | . ... . t'

mais par l'intermédiaire du Consistoire, qui soumettra ensuite

son choix à l'agrément de la communauté tout entière.

Ce n'était point certes une petite affaire pour les Anciens de découvrir, au milieu des difficultés où ils vivaient, le pasteur « ydoine » qui put convenir à leur situation et répondre à leurs besoins. Ils y parvenaient cependant grâce au séminaire de Lausanne et au milieu cévenol où se conservait le vieux moule .'• pastoral; grâce aussi aux relations fréquentes qu'ils entrete- | liaient par le moyen des synodes provinciaux avec les églises de la région, et par les correspondances écrites avec les principales églises du Midi. Mais leur choix une fois arrêté, il fallait cpi'ils le fissent agréer par l'église et confirmer par le synode provincial dont ils relevaient, en évitant les oppositions d'où procédaient parfois des luttes intestines et des brigues personnelles.

Pour obtenir le ministère d'Etienne Gibert, on dut l'empruliter par deux fois à une église de la Saintonge où il avait débuté, puis faire proroger son séjour à Bordeaux par le synode provin-

LES PASTEURS DE l'ÉGLISE 115

rial avaiil de \v possôdcM' à tiUt^ définitif vn juin 17G1 ^ Quand on voulut, peu après, lui donnei- un auxiliaire, on hésita entrc^ les pasteurs Dugas et Gabriac (jui, déjà connus par l'activité qu'ils déployaient en Saintonge et pays voisins, avaient tous deux leurs partisans à Bordeaux. On imagina de faire une cote mal taillée qui consista à laisse^- desservir l'église de céans et une église saintongeaise non dénommée alternativement ])ar Gibert et Dugas, pendant six mois chacune 2. Cependant, ce projet ne fut point agréé par le synode puisque le Consistoire adressa bientôt vocation à M. Bourcar (Burckhart?), alors pasteur des réfugiés français de Rotterdam, qui d'ailleurs n'accepta point (1761)^. Finalement, le choix se porta sur Henri Cavalier, pasteur à Anduze, qui fut installé à Bordeaux en juillet 1763*.

Quand Etienne Gibert eut été contraint de se retirer^, le Consistoire fit appel successivement à Rabaut Saint-Étienne (fils du célèbre Paul Rabaut), pasteur à Nîmes ^, puis à Bonifas dit Lar-

roque, pasteur à Castres, «doué d'un remarquable talent oratoire

un des rares pasteurs du temps qui possédassent une certaine culture théologique ))'^. Sur leur refus, motivé par les raisons les plus honorables, les Anciens de Bordeaux, conseillés par Rabaut-Saint- Etienne, sollicitèrent Jacques Olivier-Desmont alors pasteur à Anduze, qui accepta (1771) ^. Ces trois pasteurs avaient en commun

1. Bey. consisl., 10 février et IG août 1760. Cf. plus loin la notice consacrée à ce pasteur.

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