‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 52 sur 166 · D'après Cil. Coquerel, oiiv. cité, II, p · texte numérisé non relu

D'après Cil. Coquerel, oiiv. cité, II, p

2. On ne trouve pas la preuve qu'il ait passé par le séminaire de Lausanne.

3. Voir A. Monod, Les sermons de Paul Rabaut, p. 63. Cf. p. 73.

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encore à Montpellier on déjà à Bordeaux. » A signé divers actes de baptême et de mariages au Jh^fj. G(t. SU, de novembre 1758 à janvier 1760. — Fut modérateur d'un synode provincial convoqué en Saintonge les 29-30 juin 1759 [Sun. diidéscrl, 11, j). 183). Un document secret, de l'aimée 1755 (dans (^h. Ojquerel, ouv. cilé, II, 568 et 615) donne de Hedoimel un signalement physi((ue peu flatteur : « Ministre. 11 est fort gros, de la taille d'environ ...., portant perruque, visage plein, un peu marqué de petite vérole, les yeux noirs, les jambes grosses et gorgées. »

I.rllrc àii Consistoire de Bordeaux au Consistoire de Montpellier sur la rnorl (la pasieur Redonnel (minute datée du 13 mars 1760 d'après la réponse).

Messieurs nos très chers et honorés Irères en J.C. — Vous avez été informés de la fâcheuse nouvelle qui fait le principal sujet de cette lettre: nous voulons parler de la mort de feu notre cher pasieur M. Rcdonuel, dont la mémoire nous sera toujours chère. Nous ne doutons pas, Messieurs, que vous en aies une vive douleur. L'édification de l'église, confiée à vos soins, qu'il a procurée pendant l'espace d'onze années, ne peut que vous faire regretter ce serviteur de Dieu. Vous n'avez pu, pendant cet espace de temps, que vous convaincre de son zèle, de sa piété et de ses lumières.

Notre sensibilité est proportionnée à la perte que notre église fait. Nous avions un grand besoin de son ministère; mais reconnaissant que la sage Providence dirige tous les événements, nous recevons avec humilité et résignation ce châtiment.

Nous nous sommes crus obligés en vertu de la discipline et des

devoirs que la charité impose aux chrétiens, de faire à sa veuve une petite pension pendant sa vie^ Et en cela nous avons suivi notre inclination. Nous ne faisons que témoigner le sincère attachement que nous avions pour le défunt, quoique sa longue maladie ne lui aie pas permis d'exercer son ministère parmi nous au delà de cinq à six mois.

Lettre du Consistoire de Montpellier au Consistoire de Bordeaux, signée Encontre, sur la mort du pasteur Redonnel. Montpellier, 26 avril 176U.

(Accuse d'abord réception du faire-part envoyé sous la date du 13 mars).

Nous l'avons regrété et le regré erons longtemps non seulement comme un zélé pasteur de Dieu qui nous avoit édifié pendant onze années, non seulement comme un pasteur qui avoit déjà fait et qui auroit peu faire des grands biens à une église que nous honorons et chérissons autant que

1. En envoyant un extrait de leur délibération conforme (16 tév. 1760), les Anciens de Bordeaux expriment l'espoir que le Consistoire de Montpellier voudra bien parfaire la somme nécessaire pour répondre aux besoins de la veuve. Celle-ci (d'après Daniel Benoît, ouv. cité, p. 257, note 2) s'était retirée à Ners, aujourd'hui arr. d'AIais, Gard.

celle à la direction de laquelle la Providence vous a appelez, mais encore comme un ministre éclairé, plein de zèle pour la cause commune et doiU. les tallens et la piété pouvaient avoir des heureuses influences sur toutes les églises du royaume...

IV. — Etienne Gibert le jeune ^, pasteur de Bordeaux de nov. 1759 et définitivement de juin 1761 à oct. 1770. — Né à Lunés (Gard) le 2 sept. 1736; envoyé au séminaire de Lausanne par la province de Saintonge (Syn. du déserl, ii, 62 et Ch. Goquerel, oiiv.: cité, I, 359), reçut d'abord en partage les églises de Saintonge, d'où un synode provincial consentit à ce qu'il vînt, pour soulager Redonnel malade, desservir l'église de Bordeaux pendant un mois; puis, par une nouvelle concession, pendant aussi long-'^ temps que besoin serait (Lettres de nov. et déc. 1759 reproduites \ ci-après). Gette suffragance commença aussitôt. Redonnel étant décédé en février 1760, un Synode provincial, réuni en juillet sui- \ vant, la prolongea d'un an, à dater du 1^^ septembre. Sans attendre l'échéance de ce nouveau terme, l'église de Bordeaux demanda à conserver définitivement Etienne Gibert, ce qui lui fut accordé par un autre synode provincial tenu les 2 et 3 juin 1761 (Syn. du désert, ii, p. 209 et 238). — E. Gibert a signé divers actes'de baptême et de mariage au Registre GG. 811, du 2 décemb. 1759 jusqu'au 9 avril 1767 seulement. — Entreprit pendant la seconde moitié de l'année 1761 un assez long voyage en Languedoc, dont les raisons ne sont pas indiquées 2. S'efforça d'obtenir que, durant son absence, l'intérim fût fait par M. Dugas, pasteur de Saintonge; mais le colloque de cette province s'y refusa obstinément (Lettre du 22 juin 1761 reproduite plus loin^.) — Fit au milieu de l'année 1762 un second voyage en Languedoc, en compagnie

1. Son frère aîné, Louis, né en 1722, mourut en 1773 à New-Bordeaux (Caroline du Sud), qu'il avait contribué à fonder (voir ci-dessus, chap. III, p. 89). — C'est à tort qu'on a dit quelquefois que ce Louis (liberL avait été victime d'un coup de feu pendant qu'il prêchait au désert. M. Daniel Benoit a déjà rectifié cette erreur {ouik cité, p. 213, note). JM

2. Probablement des intérêts de propriétaire foncier, qui exigeaient, chaque année,lB sa présence. ^

3. Cf. l'art. 10 du procès-verbal d'un colloque de Saintonge et Angoumois, dont la ^ date certaine, 16 juin 1761, tranche la dilliculté exposée ci-dessus : « M. Etienne Gibert ayant demandé que le colloque permît à M. Dugas, pasteur, d'aller desservir l'église' de Bordeaux pendant le temps qu'il resterait dans le voyage qu'il va entreprendre, l'assemblée n'a pas trouvé à propos de répondre favorablement à ses désirs ». {Synodes du désert, II, p. 238).

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du pasteur Dugas, avec inissiou (l'ijblciiir pour l'église de ]5or- (loaux 1<' niiuistère d'Henri Cavalier, pasteur à Anduze^. Le long conflit ([u'eut Etienne Gibert avec le Consistoire sur une question (le doctrine, eut pour conséquence son départ vers la fin de Tannée 1770 (voir ci-dessous le chap. VI).

Etienne Gibert fut élu secrétaire d'un synode provincial tenu au commencement de juillet 1764, et d'un autre délibérant au milieu de juillet 1765. 11 fut modérateur-adjoint de celui ([ui se tint les 21-22 mai 1767 {D. Benoît, oiw. cité, p. 231)."

Ami du pasteur François Hochette, il s'intéressa anxieusement à son sort lorsque celui-ci, après^voir passé quelques jours à Bordeaux sous le toit de Gibert, fut arrêté à Caussade(Tarn-ct-Garonne), le 13 septembre 1761, et emmené à Toulouse où il allait être bientôt condamnée mort [ibid. p. 170). C'est à Gibert que s'adressa un colloque convoqué les 16 et 17 décembre 1761, pour faire parvenir à Rochette et à ses compagnons le produit d'une collecte faite à'|leur profit 2.

On trouvera de précieuses indications sur la psychologie religieuse de ce pasteur et de nombreux renseignements sur son ministère jusqu'en 1770 dans l'ouvrage de M. Daniel Benoît, Les frères Giberl : deux pasteurs du désert et du refuge, 1722-1817 (ToulouseT 1889, gr. in-12 de 429 p.) K

En quittant Bordeaux, il se rendit à Londres où il fut agréé comme prédicateur de Féglise française, et plus tard à Guernesey, où il devint recteur de l'église Saint-André. Demeui'é en relations épistolaires avec son successeur Olivier-Desmont au moins jusqu'en 1783 (Cil. Dardier, /'£'c. cité, II, l.')l, note 5), il mourut fort âgé en 1S17 et tut inhumé dans sa paroisse.

Etienne Gibert n'a écrit que sur le tard de sa vie, à ce qu'il semble"*. Son biographe cite de lui (p. 420) les ouvrages suivants :

Observations sur les écrits de M. de Votlaire. Londres, 2 vol. 1788;

1. \'oir plus loin la uolico consacrée ù Henri Cavalier. — Comme ces sortes de questions se traitaient toujours par correspondance écrite, nous sommes fondé à penser que la mission en ({uestion ne fut confiée à Gibert qu'à l'occasion de son voyage annuel en Languedoc.

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