LES PASTEURS DE L EGLISE
pasteur à Aiiduze d'où il vint à Bordeaux, dési^iir au (lousisloire de cette ville par Rabaut-St.-Etienne comme un lionnuc (( qui a fait de bonnes études, (jui écrit et compose poliment et avec beaucoup de facilité. Il est généralement estimé de son troupeau (4 il vient de donner au public un volume de sermons (|iii ont été goûtés» (Arch. du consisL, battre datée de Nîmes, 5 fév. 1771).
La présomption est grande, à nos yeux, (pie cette publication, cfui nous arrêtera plus loin, eut lieu à la suggestion soil de Habaut-Saint-Etienne soit de l'un des membres du Consistoire de Bordeaux pour préparer la candidature de l'auteur à la succession d'Etienne Gibert, démissionnaire en octobre 1770.
Les C(M'tificats à lui délivrés par les pasteurs^ de Lausanne faisai(nit ^ foi de sou aplication et de ses progrès dans les sciences, de sa réception au saint ministère, d(^ la pureté de ses mceurs, de ses talents et de toutes les ({ualités dont il est doté » (ItCf/. consist., 28 ncidii 1771). Dans son acte de mariage, il prend le titre d'avocat (Arch. municip. de Bordeaux, GG. 816), Signe divers actes de baptême et de mariage, au Registre GG. 811, depuis juillet 1771 et aux deux Registres GG. 814 et 827, jusqu'en octobre J792.
Fut élu modérateur du synode provincial assemblé à Bordeaux en mai 1789 (Sijn. du désert, m, p. 589) et du colloque tenu dans la même ville en avril 1792 [Reg. consist.)
Les dernières années de son séjour à Bordeaux furent attristées par la perte : l^de sa nièce Marie Rousset (de Durfort), 16 ans, :n juillet 1791; 2o de sa fille Justine, 8 ans, 4 nov. 1791; o^ de sa mère, 80 ans, 5 fev. 179o (Reg. de sépult. du cimetière de la rue La ville).
Olivier avait épousé, en déc. 1768, àAulas près du Vigan (Gard), demoiselle Suzanne -Priscille de Pelet, fdle de feu Jacques de Pelet, avocat à Nîmes (Arcli. municip., G.G. 816, i. 102). La déclaration de ce mariag(% dont naipiii-ent trois garçons et trois fdles, ne put être faite légalement que le 24 sept. 1789 à Bordeaux, en présence de J.J. Bethmann, consul du Saint-Empire, et d'Henri Wustenberg, vice-consul de Prusse (ibid.). M^^ de Lai'oche nous laisse entrevoir en (juelques lignes la silhouette morale de cette
femme de pasteur : « Je passai deux heures agréables cliez M"'^' Desmont, femme douce et réservée, qui déplore encore, avec un cœur d'enfant, la mort de sa mère, décédée il y a peu de temps, la seconde semaine d'une visite qu'elle faisait à Bordeaux » (Journal éiner Relse... p. 322 ^).
Grand ramasseur de documents, Olivier avait formé une collection assez importante qui se retrouve aujourd'hui dans les archives du Consistoire de Nîmes, auxquelles il en avait fait don. (Ch. Dardier, Lettres de Paul Rahaut, I p. Y et 58 note.) Il s'était formé un cabinet d'histoire naturelle, que mentionne M"ie (^e Laroche (Cf. plus loin, chap. III).
Il commença sa carrière d'écrivain à l'âge de 26 ans, alors qu'il n'était encore que pasteur d'Anduze, par un Etoge historique :] de la dernière race de nos rois, prononcé en mai 1770 à l'occasion ^ du mariage du dauphin avec Marie-Antoinette. Nous ne connaissons cette plaquette que par le long extrait (12 p.) que l'auteur en a donné dans la préface de ses Discours ou sermons, et nous ne nous y arrêterions pas si elle ne nous révélait dès lors quelquesunes des préoccupations politiques ou peut-être plus exactement de prudence pastorale qui l'animèrent jusqu'à la fin. Non seulement il défend ses coreligionnaires de l'accusation qu'avait portée contre eux Bossuet d'être des « esprits républicains, indépendants et factieux », mais encore il désavoue nettement l'insurrection des Camisards et rappelle les preuves de fidélité données-j à Louis XV par ses sujets protestants lors de sa maladie à Metz et de l'attentat de Damiehs 2. La flatterie y dépasse les justes bornes : « 0 Eternel, si nous avions à choisir parmi les rois du monde, nous te demanderions le nôtre. Tu nous as donné lesouhait de notre cœur. Oh ! conserve ses jours glorieux. C'est sous son règne que ton peuple te sert sans frayeur, que la raison s'éclaire, que l'humanité sourit, que le fanatisme est écrasé... ». Cette plate adulation s'achève par la demande adressée à Louis XV d'abolir les lois rigoureuses qui pèsent encore sur deux millions de ses sujets.
1. Ulivier-Desmont fut le grand-père de M"^'' Horace Monod et de M"^ Jauréguiberry (Picheral-Dardier, Lettres de Paul Uabaul à Antoine Court, I, 231, note.)