On en trouvera la preuve dans les cliapilres qui suivent
6. Bulletin... XVII I (1869), p. 335 et en ce qui concerne Bea\imarchais, Arch. du consistoire de Nîmes, année 1780 (carton n° 12).
7. Ibid., XXI (1872), p. 77. Dans une lettre d'Olivier-Desmont à Court de (jébelin (2 juillet 1771), on lit : « Hier nous eûmes une conférence avec tous les membres de notre compagnie sur les affaires intéressantes dont nous avons entretenu noti-e a?ni de Béarn » (p. 81).
8. Voir les lettres à lui adressées en 1771, (jue conser\"en( les ArclÙNCs du consistoire de Nîmes (série K, n" 10).
LKS i>ASTKrHs j)i-: l'église l-lf)
c'est assez dire de (Hidlc considération jouissait ce pasteui- de Hordeaux dans loulc la i-égioii du Sud-Dncsl . M"ie de Laroche lui rend plusieurs fois justice dans son Journal de voijage^ et nous dit le ï)laisir ((u'i^lle trouva dans la conversation d'un homme versé non-seulenicnl dans h^s sciences ecclésiastiques, mais rncoi'e dans celles de la nature, el elle constate non sans (Inesse les hons (^lïets (jue celles-ci peuvent avoir sur la mentalité d'un I héolo«^ien de pi'ofession.
Le 31 juillet 1773, deux- ans après son arrivée à Bordeaux, (Jlivier éciivait « à Messieurs du Comité de Lausanne » les lignes ((ue voici : «... Je suis dans cette ville avec agrément. On ne m'a ])oiut fait apercevoir ([u'on fût mécontent de moi. Ce qu'il y a de certain c'est que je suis très content de mon église et ({ue je m'attache de toutes mes forces à lui donner des preuves de l'intérêt que je prends au salut des âmes ({ui me sont confiées. Je serai très heureux si j'en puis préserver quelqu'une de la contagion du siècle et si mes vœux pour le bonheur de toutes sont exaucés...» [Bulletin, xxxi, 1888, p. 407).
Par la longue durée de son ministère et le dévouement dont il ht toujoiH'S preuve; par son talent de prédicateur, ses connaissances étendues et variées, ses nombreux écrits; par son carat'tère personnel et la dignité de ses mœurs, par la part mesurée qu'il prit à l'évolution théologique de son temps, par le rôle qu'il joua dans les synodes provinciaux, les relations qu'il entretint avec les sommités de l'église réformée de ce temps, les initiatives qu'il osa et les tâches dont il fut officiellement chargé, Jacques Olivier-Desmont se dresse pour la postérité comme pour ses contemporains au premier plan des pasteurs de l'église de Bordeaux. Au lieu d'une notice biographique nous aurions préféré trac(^r de lui un « portrait » (encore que ce genre soit aujourd'hui condamné comme prêtant trop aux impressions subjectives), si la rareté des documents ne laissait d'ailleurs subsister beaucoup de lacunes dans la connaissance que nous avons prise de notre personnage.
1. Journal einer Reisc diirch Frdnkreich, p. 3li et 322. \"(iy.ci-(l('>>uu>, cliap. \'ilf.
Voici trois lettres de lui qui contribueront à faire connaître son état d'esprit à diverses dates :
Lettre d'acceptation cVOliviev-Desmonl (1771) adressée au secrétaire du Consistoire de Bordeaux :
Si mon ministère est efficace parmi vous, si je convertis les âmes à J,-G. mon sauveur, si mes faibles talens sont des instruments dans la main de Dieu pour l'avancement de son règne, je serai trop heureux d'avoir été ce «vaisseau d'élection» pour vous annoncer l'évangile. Je n'ignore point. Monsieur, les difficultés qui se présentent à tout moment dans l'exercice du ministère évangélique, et ces difficultés augmentent en proportion du progrès que les sciences philosophiques font. Le goût du siècle s'épure tous les jours, Le goût des lettres mal tourné vicie le goût de la piété; on exige des discours plutôt philosophiques que chrétiens; on veut de l'esprit et non de l'onction; on préfère les entithèses [sic] et les jeux de mots aux pensées solides, simples et chrétiennes. Ces défauts introduits dans l'éloquence de la chaire m'intimident et me découragent parce que cette manière de prêcher est la plus pénible et la moins apostolique... Il faut de grandes lumières pour triompher des sophismes de l'incrédulité; il faut une grande connaissance du cœur humain pour pénétrer dans ce repli tortueux et pour arracher au vice ses racines les plus profonde?. Il faut de l'expérience et une connaissance détaillée des mœurs, du goût et des inclinations de son troupeau pour répandre à propos la parole de vérité et pour se servir avec fruit des moyens propres à opérer le salut des fidèles qui vous sont confiés...
Lellre d' Olivier -Desmonl au Consistoire de Bordeaux, datée de Bedessan^, 6 septembre 1786 :
('Se plaint de n'être pas encore remis de la maladie dont il a si longtemps souffert et des accès de fièvre tierce; a pris les eaux de Vais et actuellement celles de Balaruc"^, «qu'on dit être souveraines contre ces sortes de maladies.» )
Voici cependant le terme de mon congé de semestre prêt à expirer et je n'ai encore pu rien faire de ce qui m'appelait dans ce païs. Voilà déjà six semaines que je suis dans les remèdes et je n'en suis pas encore à la fin. Je suis donc forcé, par des motifs malheureusement trop déterminants, à vous demander une prolongation de congé jusqu'à la fin novembre , Je sens mieux que je ne pourrois l'exprimer combien M. Blachon,
mon collègue et ami, va être surchargé dans les circonstances fâcheuses où il se trouve; mais j'espère que nos confrères des environs^ voudront bien continuer de le soulager dans ses travaux. Vous le dirais-je, Messieurs et très honorés Frères, la maladie que je viens d'essuyer m'a fait consi-