Ait. de Montpellier (Hérault
3. Ce passage est la seule preuve que nous ayons de ce qu'on appelle un « échange de chaires ».
LES PASTEims 1)1-: l'Église 147
(iérer avec i)lus d'aUeiilion (jue je iTavois lait encore la position sinj^'ulièrenienL inquiétante où je me rouve.Ciiar^é des fonctions importantes du nunistère dans une église à laquelle je ne puis qu'être intiniment attaché, m'étant ac(iuitté de mes dilférents devoirs avec tout le zèle et rai)plication dont j'étais capable, je me suis toujours vu dans la nécessité néanmoins de tournei' les yeux en arriére et d'envisaj^'cr ma retraite dans ma })atrie\ plus ou moins éloignée mais inévitable... Je me suis vu dans des temps où, malgré un re\ enu de lamille honnête et des honoraires considérables, considérés en eux-mêmes, j'ai été obligé de recourir à des amis pour fournir aux dépenses indispensables de ma maison. J'ai espéré que les temps deviendraient plus favorables. J'ai pris quelques jeunes gens chez moi pour me procurer un peu plus d'aisance. Je me siiis réduit autant que la décence que ma j)lace exige et les besoins de ma famille me l'ont permis : tout a été insuffisant jusqu'ici. Je me vois arriéré pour mes dépenses d'environ O.500 livres que j'ai été obligé d'emprunter de vous, Messieurs, de M. von llemert et de quelques autres amis. Je ne vous en impose point. Messieurs; plusieurs de mes amis n'ignorent point la situation de mes affaires et savent combien de fois elle ma rendu triste et rêveur... Nous voyez par là, Messieurs et très honorés frères, qu'il ne me reste pas d'autre parti à prendre que celui de vous demander un congé absolu; non pour ce moment; je n'ai garde de laisser au dépourvu un troupeau que je chérirai tout le temps de ma vie. Je serai à vous, Messieurs, jusqu'à ce que l'Eglise soit pourvue d'un nouveau pasteur, instruit et mieux çn état que moi de remplir les fonctions du ministère l'ai un avis à vous donner là-dessus : c'est de moins rechercher les ministres qui brillent par l'esprit et l'agrément que ceux qui joignent la science au zèle et la prudence à la piété. Votre église ne peut se soutenir et conserver l'amour dç la religion qu'autant qu'elle aura à sa tête des hommes pieux et fidèles serviteurs de J.-C. Hélas, combien d'églises se sont relâchées par la faute des pasteurs !...^ Je n'ai qu'à me louer de mon troupeau et de ceux qui m'aident à le gouverner. J'ai continuellement reçu des marques de sa bienveillance et de son amour. Aussi je puis dire que j'ai rendu amour pour amour... ^ Si je suis absent de corps, je serai présent au milieu de vous par l'esprit. J'adresserai des prières au ciel pour la prospérité spirituelle d'un troupeau qui sera toujours l'objet de mon affection et de mes plus tendres sollicitudes. Je demanderai au Seigneur de lui donner des pasteurs éclairés et fidèles qui le paissent de science et d'intelligence et qui le conduisent fidèlement dans les gras pâturages de la bonne et saine doctrine reçue et enseignée dans nos églises... ^
Lellre rC Olivier-Desmoni au Consisloire de Bordeaux^ dalée de Redessan, 27 septembre 1786 :
La réponse dont vous m'avez honoré par la plume de M. Blachon, mon digne collègue et ami, me flatte autant qu'elle excite ma reconnaissance