Pour la première fois en juillet
6. Dans une lettre adressée à Messieurs du Comité de Lausanne, 31 juillet 1773, Olivier-Desmont affirme qu'en Saintonge et Angoumois, où la tranquillité n'est pas moins grande qu'en Guienne, «on s'assemble régulièrement deux fois tous les dimanches; on lit un sermon quand le pasteur n'y est point. » — Aucun document ne nous autorise à (lire qu'il en fut de même à Bordeaux.
déjà, la poésie religieuse étant regardée conventionnellemenf comme indigne de figurer dans le culte réformé, sous prétexte qu'elle n'était point «inspirée « au même titre que les psaumes de David ! Pourtant, d'après le témoignage indirect de M"^^ de Laroche, que nous citons plus loin, il semble bien que l'église de Bordeaux eût donné l'exemple de rompre sur ce point avec la sottise des ancêtres ^ En ce cas les cantiques (Lieder) dont elle parle ne pourraient être que ceux de la Psalmodie morave qu'avait réclamée le pasteur Etienne Gibert dès 1769.2
Quant à la musique instrumentale, à supposer qu'il lui eût été permis de se faire entendre, elle était encore considérée par beaucoup de fidèles comme chose profane. L'orgue ne résonnera au temple des Ghartrons que dans les toutes dernières années du siècle, ^ lorsqu'une nouvelle génération aura fait bon marché et des inhibitions catholiques et des préventions protestantes.
Dans cette monotonie du culte public dont la ferveur des âmes dut s'accommoder pendant quarante ans, la prière d'adoration et d'imploration, chaque dimanche, la célébration de la sainte-cène à certaines dates*, la lecture de portions choisies de l'Ancien et du Nouveau Testament à toute occasion^ mettaient pourtant quelque diversité, non moins que l'usage de réciter le décalogue de Moïse, la confession des péchés, le symbole dit des Apôtres et l'oraison dominicale, conformément à ce qui se pratiquait depuis le xvi^ siècle dans les églises de langue française, si volontairement
1. Los psaumes seront, en effet, toujours moins appropriés que les cantiques aux doctrines de la nouvelle alliance.
2. \'. ci-dessus p. 134. De cette Psalmodie morave on a conservé une douzaine de morceaux dans le recueil des Psaumes et Cantiques adopte i>ar le Synod(> général oITicieux des éH'lises de France, tenu à La Rochelle en 1803. En voici un court spécimen, dont la forme seule a été rajeunie (n» 65., str. 4) :
Oui, mon âme est tran([uille.
Je trouve un sûr asile,
O Seigneur, dans ton sein, t^
Et bientôt cette vie
Pour moi sera suivie
D'un bonheur sans borne et sans fin.