LOIS. CHRONOLOGIE. SU
ronde hauie de trois mètres et demi environ, oonl le sél intérieur était élevé d'un mètre au-dessus du sol extériéudr; an milieu de la hauteur, s'ouvrait à deux battants une porte qui mesurait un peu plus d'un mètre de haut sur soixante eevtimètres de large.
LesPârsis se divisent en laïques, behdtHj et en pi*ètres {môb&dSf kerbeds, destûrs ou andhiâras^ et nasar-séld i serviteurs, porteurs des morts ») qui ont un turban Uase pour signe distinctif. Quand un enfant nait, on le purifie par l'eau et l'urine de vache et on tire son horo- 8copei ^ (>*^îs dns, on offre pour lui un sacrifice à llitbra; i96pt ans, sept mois et dix jours, il revêt le sadra (Anquetil éerit sadéré)^ chemise qm le protège contre Ahriman, et le kosii; de sept ans à dix ans, il a la demi-responsabilité de ses péchés dont l'autre moitié retombe sur ses parents; à dix ans, il atteint sa majorité religieuse; à quinze ans il est bii notud € initié » {nâu*zâdy nouveau-né), et devient alors l^ehdin. Les mariages se font, à la mode indienne, entre enfants; lemôbed lit une longue bénédiction, pendant que les iiaacés, assis sur deux chaises autour desquelles est plusieurs fois enroulé un long 01, se tiennent les mains croisées : un mouchoir suspendu entre eux les empêche de se voir.
Les morts sont enveloppés dans du coton. Les porteurs oit les mains, les pieds et la tête couverts de linges blancs. Le cortège funèbre suit par couples; un mouchoir est toujours déployé entre chacune des personnes ainsi accouplées. Personne, excepté les pasteurs, n'approche du dakhtna à moins de soixante-douze pas.
L6S Pârsis ont des lois civiles particulières. Ainsi chez
eux l'héritage du père est recueilli par le fils, la fille ou la
veuve, dans cet ordre. Si le de cujus laisse un ou plusieurs
lils, une ou plusieurs filles et une veuve, les fils, quel que
soit leur nombre, ont droitaux douze seizièmes de l'héritage,
291 LE MANIGHÉISNE.
les filles aux deux seizièmes et la veuve aux deux deriiier:^ seizièmes.
Ils ont une chronologie spéciale, l'ère de Yezdidjird, dernier roi sassanide de Perse. L'année 1887 est la 1254* année de cette ère. Au commencement du xvir siècle, un prêtre nommé Djamasp, qui arrivait de Perse, s'aperçut d'une erreur d'un mois dans le calendrier usuel. Ceux qui ont adopté sa réforme ont pris le nom de kadimis; ceux qui ont garde Tancien comput se nomment rasmis. L'année comprend douze mois de trente jours et cinq jours complémentaires. Outre un certain nombre de jours sacrés, les principales fêtes sont : 1* le iVau-rôz, nouvel an, anniversaire du couronnement de Yezdidjird; 2"" le 19 du premier mois, la fête des anges tutélaires; S"" le 3 du second mois, VArdi" bihisty fête de l'ange qui garde les clefs du Paradis ; 4» l« Nâu rôz'i Djamchid, carnaval, fête de la joie, qui tomb^ en février ou mars; 5** la fête des morts qui terraîD^ l'année.
Les Guèbres de la Perse ont à peu près les mêmes coutumes que les Pârsis de l'Inde. Ils prononcent pourtant dîf* féremment certains mots de la langue sacrée ; ils ne revêtent leurs enfants du sadra et du kosti qu'à l'âge de dix ans. Ils se disent monothéistes. Au milieu des ruines de leurs anciens € autels du feu », un seul reste debout, à Yezd; il porte douze flammes dont la première a été, dit-on, allumée avec une lentille au soleil. Ils invoquent, pour revendiquer le droit d'exercer librement leur culte, une lettre du khalife Ali. Ils sont pourtant assujettis à Timpôt des infidèles. Il leur est défendu de chevaucher autrement que sur un àne; et si, sur leur route, ils rencontrent un musulman, ils doivent mettre pied à terre et s'incliner devant le sectateur du vrai Dieu. On voit que les mazdéens qui étaient restés en Perse ont été beaucoup moins heureux que ceux qui se sont
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expatriés et dont la plupart comptent aujourd'hui parmi les plus riches négociants de l'Inde.
Nous ne saurions quitter la Perse sans parler d'une secte religieuse qui se rattache certainement au zoroastrisme et qui a joué un grand rôle dans le monde ; nous voulons parler du manichéisme ainsi appelé du nom de son fondateur.
On raconte que Manichée» Manès, ou plus exactement Mâal, né vers Tan 240 après Jésus-Christ, avait étudié les manuscrits recueillis par une veuve dont il avait été l'esclave sous le nom de Kubrikus. La veuve les tenait elle-même d'un de ses hôtes qui avait pris en Pei*se le nom de Budas, mais qui ^'appelait en réalité Térébinthe. Celui-ci les avait reçus de son maître Scythyanus (M. Spiegel voit dans ce nom une altération de Çâkya, Çàkyamuni). Scythianus, riche Arabe très instruit, avait voyagé en Egypte, dans l'Inde, en Syrie; il était allé à Jérusalem du temps des apôtres, et avait consigné ses opinions dans quatre ouvrages : les Mystères^ les Cspttofes, V Évangile y les Trésors. C'est dans ces quatre ouvrages que Hanès puisa sa doctrine. Il la prêcha autour de lai et réunit bientôt vingt-deux disciples. Pour montrer la supériorité de sa science, il se fit fort de guérir d'une maladie le fils du roi, mais le prince mourut et Manès fut ntis en prison. II envoya alors à Jérusalem trois de ses diâ^ cipleS, Thomas, Hefmas et Addas qui s'instruisirent dans la feligionduGhristetrapportèrentà leurmaitre les livres sacrés des chrétiens. Échappé de sa prison, le réformateur trouva un refuge en Arabie ; par l'intermédiaire d'un chrétien nommé Marcellus il eut une discussion contradictoire avec un prêtre chrétien nommé Trypton et avec l'évêque Archelaùs. Livré au roi de Perse par les Arabes, il fut écorché vif et sa peau, gonflée de foin, fut exposée en public pour servir d'exemple et d'avertissement aux imposteurs (274 ap. J.-C).
tt4 LE BUmCHtlME.
n avait désigné, comme chef tie ses adhérents, un certain Sis que les Occidentaux appellent Sisinnius ; cekii-ei ^és^iia à son tour son successeur. La secte, dont Babylone devint h capitale religieuse, grandit et des schismes s'y dédarèrent Sous le pontificat de Mihr, successeur régulier de Mâi^ (ten 705 ap. J.-C), un certain Zâdhurmuz se sépara de la communauté, érigea à Madâin un temple dont il se déclara le dier; ce rebelle eut pour successeur Mîqlas qm donna son nom a la secte. Les manichéens orthodoxes prirent le non de MihristeSf par opposition aux Mîqlasiles. Un peu plus d'un siècle après, un nouveau schisme éclata ; il eut pour fauteur un nommé Yazdânbakht.
Après la mort de Mânes, ses partisans se retirèreut à Touest, au delà de Balkh, parmi les Tartares, chez lesquels avaient déjà pénétré les croyances bouddhistes. A la chute des Sassanides, ils revinrent en Perse et à Babylone, leur ville sainte. Le fanatisme musulman les obligea à fuir encore. Ils passèrent dans le Khorassan, laissant une colonie à Sainar' kande. fis finirent par s'éteindre peu à peu en Orient; mais en Occident les doctrines manichéennes se répandirent de très bonne heure et causèrent longtemps de graves soucis aux défenseurs de la religion chrétienne.
Le système de Mânî el de ses disciples a pour point de départ la croyance à deux principes opposés, incompatibles et en lutte Tun avec l'autre, la lumière c'est-à-dire le bien cl l'obscurité c'est-à-dire le mal. La lumière est identique A Dieu, roi du paradis lumineux. La suprême lumière se compose de cinq parties corporelles : la douceur, la science, rintelligence, la méditation el l'intuition ; et de cinq parties spirituelles : l'affection, la foi, la vérité, la noblesse et la sagesse. Dieu est sans commencement ; avec lui et comme lui sont sans commencement le ciel lumineux et la terre Uimineuse, dont chacun se décompose également en cinq
LUTTE ENTM U» DftOX PftlNCIPES. W
parlies. Celles du ciel sont les mêmes que celles de Dieu; celles de la terre soûl Tair, le vent, la luoiière, l'eau et le feu. De SOB côté, Tobscurité se partage aussi en cinq composantes : le nuage, Tempyreume, le vent chaud, le poison et les ténèbres ; elle a son ciel et sa terre, dense et compacte. Le monde lumineux et le monde obscur confinent l'un & Tanire ; l'étage supérieur du monde obscur touche à l'étage iiiërieiir du monde lumineux, mais l'un et l'autre est infini à SMi autre extrémité. L'obscurité est plus matérielle que la Itmière; chez elle règne Satan, avec sa tête de loup, son corps de dragon, ses ailes d'oiseau, sa queue de poisson, ses ^tre pattes de reptile. Dès l'apparition de Satan, il y eut des troubles sur la limite séparative des deux empires et de la lumière se trouva mêlée à l'ombre. Pour rétablir l'ordre, Tétre lumineux suprême créa le prototype humain par sa seule puissance : ce prototype, ce premier Homme n'avait ^n fond rien de la nature humaine, c'était un simple agrégat des éléments lumineux comme Satan était l'agrégat des éléments obscurs. L'Homme s'arma des composants de la terre lumineuse : il s'enveloppa de l'air subtil et de la lumière ^ûte comme d'un manteau ; il mit par-dessus l'eau pleine d'atomes et le vent impétueux, et prit le feu à la fois pour bnce et pour bouclier. De son côté, Satan s'enveloppa des cinq parties essentielles de l'obscurité. Ainsi équipés, les [ deux adversaires marchèrent l'un contre l'autre. Le combat ^ fut acharné, et l'Homme succomba : Satan lui dévora une partie de son armure et Tentoura de ses propres armes. Alors le roi du Paradis envoya l'ami de la lumière, l'Esprit de vie, au secours de l'Homme qui, délivré, remonta dans les sphères lumineuses.
Satan avait été aidé par les Archontes^ princes du mal ; aussi l'Esprit de vie avait-il amené avec lui trois Forces qui descendirent ^ans le royaume des ténèbres, s'emparèrent
f^ LE 1IAniCH£lSilB.
des ArchoDles et les portèrent dans le ciel où ils furent cri cifiés et d'où ils nous apparaissent sous foime d'étoiles.
Mais, comme les Archontes avaient dévoré une partie d l'armure dé l'Homme, un peu des éléments lumineni s trouva au pouvoir de l'obscurité. Ces éléments se eombi nèrent avec ceux qui leur correspondaient dans le mcoA inférieur. La vapeur et l'air associés donnèrent naissance i l'âme, qui procède de la première, et à la vie animale, ^ procède de la seconde. Le feu et l'empyreume produisirent, d'une part la propriété de briller, d'autre part celle d'éteia^ dre. De la lumière et de l'obscurité vinrent Vôr et les autres métaux ainsi que les corps épais et impurs. Le vent infernal et le vent céleste engendrèrent nos divers vents désirables oa redoutés. L'eau et le poison donnèrent la pureté et la pais* sance destructive. L'Homme redescendit alors dans l'abime, coupa les racines des cinq essences ténébreuses etreviotsor le champ de bataille ; il ordonna à un ange dé tirer vers le ciel le mélange de lumière et d'ombre et de l'y retenir, pendant qu'un autre ange surveillait les parties mélangées jos* qu'à ce que la création du monde actuel devint possible.
Cette création, faite par les éons, anges ou esprits lumi* neux, a pour but de dégager les éléments purs des substances qui les souillent. Un mur fut élevé entre le monde pur et h partie mélangée de ténèbres ; au pied de ce mur fut creusé un fossé large et profond où devra être ensevelie l'obscurité que le mur séparera à tout jamais du monde. Le mélange produisit dix cieu;^ et huit terres superposés ; chacun de ces cieux a douze portes ouvrant sur de vastes vestibules, ai fond desquels s'élèvent deux grandes portes où l'on arriv( par six marches; chaque marche correspond à treize caver nés menant chacune à douze places successives. Le Soleil e la Lune ont été séparés de l'obscurité ; le Soleil vient de l Lumière que retenait le diable chaud et la Lune de celle don
LA CRÉATION. 2r>7
'était emparé le diable froid. La partie de la lumière rendue
libre repose sur la Colonne de louanges (figurée par la voie
lactée, le pontTchinvat de Zoroaslre), composée des hymnes
de louanges, des bonnes paroles et des bonnes œuvres. La