DOCTRINE DES PARSIS MODERNES
non loin de Merv et la Perse fut désormais musulmane. Per« sécutés, violentés, massacrés, les Persans qui étaient de^^ meurésûdèles au culte de leurs ancêtres, se décidèrent enfin^ une cinquantaine d'années après la bataille de Nâhivand, i un exil volontaire, lis descendirent d'abord jusqu'à Tile d'Ormuz (Hormazd), dans le golfe Persique; mais îk ne s'y trouvèrent pas encore en sécurité et repartirent, quinze us plus tard, pour Diu, petite ile à l'extrémité de la péainsule indienne du Kâthyavâr, Ils y restèrent dix-neuf ans, puis ils passèrent à Sandjân, dans ie Goudjarate, où ils débarquèrent en 717. Ils s'y maintinrent pendant plus de trois cents ans; de temps en temps, se détachaient de la colonie quelques jeunes commerçants qui allaient s'établir dans les villes en* vironnantes, à Surate, Cambay, etc., et enfin à Bombay au x« siècle de notre ère. En 1848, on estimait à 114 698 le nombre des Pârsis de Bombay ; on y comptait 47 471 hommes, 40294 femmes et 26933 enfants des deux sexes au-dessous de quatorze ans. Le recensement de 1881 fixe à 85000 le nombre des Pârsis de l'Inde; il y en aurait 73000 à Bombay et 8000 dans le Goudjarate ; le reste comprendrait les Pârsis, en petit nombre, établis sur les côtes de Malabar, à Madras et à Calcutta. Il y en a d'autres à Ceylan, en Chine, à Batavia, à Aden même.
La doctrine des Pârsis de l'Inde ne diffère sensiblement qu'en un point des enseignements de Zoroastre. Les docleurs de la secte, sous l'influence de Tardent monothéisme musulman, ont fait cette concession d'admettre la supériorité du bon principe sur le mauvais. Dans les catéchismes en langues vulgaires qu'ils annexent au khorda avesta (petit avesta), ils aflîrment — ce qui est absolument contraire aux croyances mazdéennes antiques — qu'il y a un seul dieu, créateur de tout, seul adorable, sans forme, sans égal, incompréhensible, qu'il faut tutoyer parce qu'il est unique, et
LE TEHrLK M SI7RATE. fm
qui porte mille et an noms dont les princi|Miiu soat ffni mmii t Ormucd, grand esprit », Yâzdam c le tralppiiifitaBl », dârdar c le justicier » (T), parvariigâr 4 le powrojreiir », parMrtôr c le protecteur». Il conrienl de prier en ry^^wU^i les créations de gfloire, de himîère et de haoleiir (le soleil, lalune, les étoiles, le feu ou l'eau); entre rhomne et dien, il ne faut pas d'intermédiaires. Il n> a pas, il n\ aara pas de sauveurs. Nos bonnes actions (vertii, jostke, férité, charité, modestie, douceur de paroles, patience, reqiect) et nos mauvaises (meurtre, toI, jeu, colère, irresse, luxore) seront récompensées ou punies dans un antre monde. Audessous de Dieu, il y a des anges créés par lui et préposés, pour aider les lions, aux diverses parties de la création ; i ^ont toujours en lutte contre les anges déchus qui ont
J^dis et dont le principal est Ahriman.
Les dévots modernes reprochent i leurs coreligionnaires
d*avoir adopté beaucoup de superstitions indiennes. Le pan-
^hâyatj sorte de concile, réuni à Bombay en 1819 interdit
sévèrement la fréquentation des pagodes de Lakchml et de
Çivû, Tobservation des fêtes indiennes ou musulmanes, le
Port des charmes ou des amulettes brahmaniques. Il y avait
Remèdes Pârsis qui allaient faire des offrandes à la sainte
^ierge portugaise de Bandurâ (à Salcette), Nossa Senhora de
Monte.
Personne avant Anquetil n'avait pénétré dans un temple Pârsi et n'avait assisté à des cérémonies religieuses maz- ^éennes, excepté, dit-on, le grand-mogol Chah Akbar qui ^rut devoir^ en qualité de bon musulman, faire au feu sacré ^'outrage que Louis XIII aimait à faire aux femmes trop décolletées. La visite d' Anquetil est devenue légendaire ; on en parle comme d'un savant roobed étranger. Ce fut le 20 juin 1760 qu'il entra dans l'un des deux derimhers de Surate dont il a écrit une description complète. Il le représente
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comme un carré long» ouvrant, par un vestibule découvert, sur un carréy c endroit à prières », où est étendu un grand tapis maintenu par un cadre de bois. A gauche est Vateek' gâh €: porte de feu » (ancien atergatis); c'est une aorle de chapelle où se dresse, au milieu, le vase à feu dont deux portes grillées, à Touest et au nord, permettent la vue. A droite est la chapelle où s'assied sur une piarre, devant une sorte de pupitre en pierre où est posé le livre sacré, k prêtre qui doit véciiQrV Izechné, c'est-à-dire la prière. Dansk reste de Tédifice, se trouvent la bibliothèque, le puits, les pépinières, les vergers etles jardins. Les principales offrandes sont en effet des fleurs et des fruits, ainsi que des viandes qu'on dépose sur un darum (pain non levé, ancien draana). Le vase à feu, atech-dany est une espèce d'urne en cuivre ou en airain.
Il y a deux sortes de feux, le feu ordinaire, âdaran^ elle feu traditionnel, behram. Ce behram^ provenant dit-on de l'inflammation due à des causes naturelles des bitumes de la mer Caspienne, est censé ne s'être jamais éteint; il est entretenu sur une grille d'argent par du bois de sandal;il n'y a que trois temples où il soit conservé de ce feu, à Udaipur, à Nâusâri et à Bombay. Les principaux autres temples de rinde sont à Surate, à Gandave, à AUahabâd, à Pounab, Calcutta et à Udhawadil. Ce dernier qui est à une quinsaine Je lieues au sud-ouest de Surate, est le plus ancien de tous; il aurait été bâti par un certain Andjumân de San^jftnea l'an 720 de notre ère..
Les cérémonies religieuses se font au bruit de la flûte, sanaïy du tambour, dtihul, et de timbales, tâl. Les purifications se font au moyen d'eau simple, de trois sortes différentes d'eau bénite ou consacrée, de terre et d'urine de vache.
Anquelil vil aussi le ilakhma de Surate; c'était une tour