SECTES DIVERSES
peuvent prendre un corps d'homme oud'animal^ animer une
plante , s'incorporer même dans une substance inerte ;
chaque renaissance est, suivant sa nature, une récompense
ou une peine proportionnée aux actions faites pendant Texis-
tence qui vient de finir.
Quand enfin la lumière sera débarrassée, au plus haut degré possible, de l'obscurité qui s'était infiltrée en elle, l'ange qui supporte la terre et celui qui gouverne le ciel abandonneront leur poste; l'univers se confondra en une masse désordonnée où s'allumera un immense incendie, qui ne 8'éteindra qu'après la purification complète de la lumière. A ce moment, l'obscurité sera ensevelie pour jamais dans la fosse qui lui est réservée. L'incendie durera 4468 années; en 271 de l'hégire (884 ap. J.-C), on calculait qu'il n'y avait plus que 300 ans avant la fin du monde ; il y avait donc M 700 ans que l'obscurité avait été mêlée à la lumière.
Une secte manichéenne, les MâsiteSj croyait que la lumière ne pourrait jamais être complètement purifiée.
Les manichéens ont été considérés parles chrétiens comme des hérétiques. Il est probable en effet que les doctrines de Manès et de ses disciples s'infiltrèrent dans le christianisme oriental, ou plutôt que le christianisme rencontra dans son développement des populations manichéennes dont les croyances se répandirent peu à peu dans le vieux monde Isilin. On reprochait aux manichéens de regarder Manès comme un apôtre du Christ, de rejeter l'Ancien Testament et Recorriger le Nouveau, de condamner le baptême d'eau, de Regarder Jésus-Christ et le Saint-Esprit comme inférieurs à Dieu le Père, de ne croire à Tincarnation de Jésus-Christ que comme à un phénomène apparent sans réalité matérielle. On a adressé les mêmes reproches aux RuncarienSy aux Tisserands, aux PoblicanSj aux PatarinSy aux Bogomiles t serviteurs du dieu miséricordieux », aux Bulgares, enfin aux
tm LE MANICHÉISME.
Cathares ou Albigeois : loutes ces âppellalions s'appliquent î\ des hérétiques chrétiens fortement imbus des doctrines manichéennes.
Ce fut au X* siècle, après la conversion des populations danubiennes par Cyrille et Méthode, et pendant les derniers conflits du clergé local avec les pontifes de Rome, que se manifestèrent, dans TEurope orientale, les tendances dualistiqucs. Elle envahirent peu à peu tout le continent pendant les trois siècles suivants par un double courant, Tun arrivant en Allemagne par la Hongrie et la Bohême, l'autre traversant la Thrace, la Dalmatie, Tltalie et la France où elle s'étendit jusqu'aux Flandres. Il y eut des Cathares en Champagne, dans rOrléanais, dans le Poitou, dans le Périgordel surtout en Aquitaine.
Les CalhareSyC'c^l'ii'àiro « les purs î),sont surtout connus sous Tappellation iVAlbigeoiSy du nom d'une des principales villes où ils dominaient. C'est à la fin du xii* siècle que leur puissance atteignit son apogée. Ils étaient organisés en Églises j « réunions de parfaits »,gouvernécspar des^véçue^» assistés d'un Fils majeur et d'un F1/5 mineur^ ce dernier élu cl destiné plus tard à remplir par succession les deux oflic^^ supérieurs; au dernier degré de la hiérarchie, venaient les c/m(;r(?8, simples servants. Leurs temples étaient de grande^ salles nues garnies de bancs; sur une table était le Nouveau Testament ouvert au premier chapitre de S. Jean, l^^ cérémonies ne consistaient qu'en une lecture du Nouvc^^^ Testament, une courte prédication, In bénédiction et le pB^*' lage du pain commémoralif de la Ccnc, enfin la récitali^^^^ de l'oraison dominicale, seule formule de prière admise et O^^ Ton disait « pain consubslantiel (c'est-à-dire spirituel) » ^^ lieu de (^ pain quotidien 5.
La grande affaire était d'clre admis au nombre des € pa. ^ faits ^. On ne le devenait, par une cérémonie appelée con^ ^