SECTES CONTEMPORAINES
calégorieSy les Sephardim (partisans des rites espagnols et portugais) et les Achhenazim (partisans des rites allemands et polonais). Les premiers étaient en général plus savants, plus riches, plus larges d'esprit, moins formalistes; les seconds étaient plus ignorants, plus pauvres, plus superstitieux, plus fidèles à la rigueur des traditions. Ni les uns ûi les autres d'ailleurs ne furent à la hauteur de leurs ancêtres: les époques de tolérance virent se développer à Amsterdam un fanatisme farouche qui se montra dans la pénitence publique imposée à Uriel da Costa qui se tua de dégoût, et dans Texcommunication solennelle de Spinoza, dont le système panthéiste procède au fond du doute cartésien. En Pologne, renseignement religieux tomba dans le pilpul c méthode des grains de poivre », qui consistait en une dialectique quintessenciée accompagnée d'un formalisme puéril . En même temps, les illusions cabbalistiques se répandaient de plus en plus et donnaient naissance à de nombreuses sectes hétéro* doxes, les khastdim, les crypto-sabbatiens, les zoharites, entre autres; il y eut d'ardents prédicateurs ambulants, et l'on vit apparaître plusieurs prétendus Messies.
L'une de ces sectes existe encore et est dominante en Pologne; c'est celle des néo-khasidim^ forte d'environ quatre cent mille âmes. Elle prétend se rattacher aux antiques esséniens; elle aime les ablutions fréquentes, les vêtements blancs, les prières joyeuses et bruyantes; ses adeptes prétendent arriver à se réunir à Dieu par la contemplation : dans ce bul, ils se livrent à de longues macérations, à de cruelles privations; ils portent un cilice d'étoffe rugueuse; ils se baignent en plein hiver dans l'eau glacée; ils ne mangent ni œufs, ni beurre, ni miel, ni viande. Ils ont des chefs locaux, acluellenieni au nombre de cent environ, auxquels ils obéissent passivement. A côté des khasidim^ on rencontre les ka raïlesy- dont nous avons déjà parlé : il y en
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a à Al^, i CoiisâmÎBOiik, <■ CrioKe. <■ E^i??T^ *^( T*-** *» compte environ «jnannle wûlkt *m Gaine. Cesi-^ i«»t pt«r ainsi dire les jansénistes jnib : îb ofaseneat la lot. fiMt^ que c*est la loi, sans espoir de rêxn/mp^t^ oa ani •ciaînbp de peine; aussi rejetteni-ils uns l**s ^oasaftAuBants i|«i ne sont pas expressément dans b loi ; ib pckst ésiwMt, se refusent i prêter aucun serment H mt font tiQmmvtrot ^mt des produits de leur industrie et de kor travail. Us paritaA un jargon mi-tatare et mi-hébraïque.
Depuis le xvnr siècle et surtoot depuis la t^nÀnii-im française, l'histoire des JoiÈ est plus politique que t^^^pi*iii*>r. Pourtant, tandis que Tesprit d<e tolérance «e n^pandait de plus en plus dans FEurope occidentale, tandis quVn Espagne on les laissait enfin tranquilles, tandis qu>n .%n^ii^terre on les faisait entrer an parlement; ^n Allema^n^, en Russie, et dans les proTÎnc^s danubiennes, il se prodoiîaît contre eux une réaction Tiolente. Dans ces dernières «montrées, là populace s^attaquait à leurs personne : on pillait et l'on incendiait leurs maisons, on les volait, on le< chassait impitoyablement». En Hong^rie, en Bohême, en Pologne, on en revenait aux sottes accusations du moyen âge: empoisonnement des eaux potables, meurtres rituels de chrétiens, etc. Le célèbre procès fait au gardien de la synagogue de TIszla-Eszlar, Joseph Scharf, accusé d'aroir tué Une jeune fille protestante, âgée de quatorze ans, Esther Solyinossy, pour pouvoir célébrer la Pàque avec du sang chrétien; l'arrêt récent de la cour de Cracovie qui a acquitté
1. Il faut rappeler ici qu'en 1858, l'aotorit^ pontificale «empara, à b->logiie, d'un petit juif, Edgard Mortara, fOus prétexte «lu'il avait été baptisé, huit ao^ ioparavanty en cachette, par une serrante chrétienne. On le condui-it à Rome dans Thospice des catéchumènes : il est devenu depuis, parait-il^, membre de la Compagnie de Jésus. Les plaintes et les réclamations de sa famille sont restées infructueuses. Pareil attentat fut encore commis quelque temps après sur le petit Cohen.
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deux juifs, Ritter et Ste(?liliiiski, condamnés en première instance par des tribunaux inférienrs pour avoir commis « un meurire rituel « sur la personne de la servante Marie Miniels; l'affaire de Julia Weiss, condamnée vers 1850 pour le même crime, sur la dénonciation du prêtre Alexandre Bartos qui avoua, depuis, lu fausseté de son accusation ; sont encore présents à toutes les mémoires. En Allemagne, c'est au nom de la science, de l'eLtinographic notamment, qu'on a commencé et qu'on poursuit avec acharnement la campagne. Un congrès antisémilique(ee siècle pourra décidément être appelé le siècle des congrès) a été tenu, en septembre 1886, k Bucharesl. C'était, bien entendu, un congrès international. 11 y a été solennellement résolu que t les Juifs étaient indi|tnes de rester plus longtemps ea Europe > et qu'il fallait désormais f ne leur accorder aucune concession, aucun prêt, aucun privilège ; ne leur louer ni affermer quoi que ce soit; ne les admettre à aucun emploi public ou privé; ne les autoriser à ouvrir aucune boutique ni à tenir aucuQ h6tel; enfin ne rien leur acheter et ne rien leur vendre >.
C'est surtout dans l'Europe orientale qu'on en veut aui Juifs. Là, comme ailleurs, on leur reproche leur activité, leur résistance vitale, leur génie commercial; on se plaint de leur envahissement, on déplore leur puissance prolifique. 11 est certain qu'en Allemagne, comme ailleurs, ies Juifs savent faire fortune là où d'autres végètent et se ruinent; il est également certain qu'ils vivent trop isolés, qu'ils se marient trop exclusivement entre eux et de très bonne heure. On ne saui'ait non plus mettre en doute leur remarquable souplesse, leur étonnante faculté d'assimilation : il suffit de jeter les yeux sur les Israélites de l'Algérie pour s'en rendre compte : les pères sont à demi-sauvages (si ce mol n'est pas excessif), les fils sont déjà presque complètement francisés. Le remède à la situation est peut-être dans les