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LES ÉTUDES JUIVES

i^iaterdit el ce fut seulement sous Anlonin qu'on recommença à en tolérer l'exercice. Le sanhédrin^ qui s'était établi àTibériade, devint le dépositaire et le conservateur des traditions; il était composé d'anciens (zakenim)^ de deux viceprésidents {y ab'bêlh'din « père de la maison de justice » et leftaAam) et d'un patriarche suprême {nasi « prince »). Le pitriarcat était héréditaire dans une famille de la maison de Oafid; ilfut aboli par Théodose II, l'an 425 de notre ère : le sanhédrin n'existait déjà plus depuis longtemps.

Pendant ces quatre siècles, les docteurs juifs furent surtout occupés à rédiger la loi traditionnelle, le talmudy complément de la loi écrite et primitivement révélée, lôrâh. Suivant un ancien rabbin, le talmud est un véritable <e océan > (jfajN ha talmud) : il développe six cent treize lois dont deux cent quarante-huit prescriptives et trois cent soixante-cinq prohibitives. Cette compilation se préparait depuis l'époque des Macchabées. Le lalrnud (du verbe lâmad « enseigner ») comprend la micltndh « la tradition » (de chdnah « répéteri)etson commentaire lagemara (de gâmar a achever »). biMichnâh consiste en prescriptions législatives désignées 80US le nom générique de hdlakha (rac. hàlakh (( marcher ») : ^treniêlées de digressions historiques et scientifiques; de r Kgendes, de contes £t de proverbes populaires; d'allégories Wiriques ; d'ordonnances médicales ; de dissertations philosophiques, distinguées par l'appel hition de haggada a causerie > (rac. hâgad c partager » ou ndgad a raconter >). Les docteurs qui ont travaillé à recueillir les traditions ont reçu knom de tanaim a les maîtres » (rac. tdnah t prodiguer ») ; b plus célèbre des tanaim est Juda le Saint (lehûda-hafiddch) qui vivait à la (in du second siècle après Jésus- Cbrist. C'est sa rédaction qui a été adoptée et qui forme la miehnâh autorisée et authentique, divisée en six livres {sedarim • ordres »); chaque livre se subdivise en traités (mâse-

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khôth a lissus j^), en chapitres (peraktm), et en paragraphes {halakliôth). Les six livres ont pour objet principaux les loi5 agraires, les fêtes, le mariage et les successions, la propriété et l'honnêteté, les rites sacrés, les purifications.

Les docteurs qui vinrent ensuite ne touchèrent pas à la rédaction de Juda le Saint; mais ils y ajoutèrent leurs oonunentaires. Ils se rattachaient à deux écoles principales dontles . interprétations ont formé ce qu'on a appelé le lalmtÊi éi Jérusalem qui parait remonter au iv' siècle et le talmnd de Babyloney œuvre plus savante et plus précise, qui date de la fin du v* siècle.

Dès lors, on ne toucha plus au lalmudj mais des ouvn^ analogues à ce qui constituait la haggada furent compoiés par les savants et les dévots; c'est ce qu'on a appelé lesmt* drachîm c analyses, explications, recherches » (de dirtid^ « fouler, fréquenter, chercher >).

Malgré la dispersion de plus en plus grande des Juibf malgré les persécutions et les vexations des chrétiens d'abord et des mahométans ensuite, les études religieuses ne fureot pas abandonnées. Babylone en demeura le foyer permanent. Vers la moitié du vir siècle, il se produisit, au sein dujO' daïsme, une réaction contre le talmud. Anan-ben-David fonda la secte des karaltes (de mikra « récriture ») qui rcj^ lait toute la tradition orale, le talmud, les prières rituclte^ et l'usage des Tephillîny et qui avaient en horreur les parti' sans du talmud appelés Rabbanites (de Habbi « le maître * (par excellence), Juda le Saint). Le karaîsme domina surtout en Palestine; il subsiste encore dans quelques communautés de Crimée et de Lilhuanie. C'est aux karaïtes qu'on doit la Massora, c'est-à-dire la fixation définitive du texte de la Bible : les docteurs massorètes déterminèrent exactement à l'aide de points-voyelles, de signes diacritiq[ue8 ot d'accents, la prononciaiion du lexto sacré dont on

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la rigoureusement les versets^ les mots et les lettres. I éludes, ces discussions et la connaissance des œuvres lires et scientifiques de l'Occident, amenèrent, au sein Tthodoxie Israélite, le goût de la philosophie. 11 y eut, siècle, l'école égyptienne de Saadia, qui enseignait la iorité de la raison sur la foi, qui considérait la loi le ayant simplement pour but d'aider au travail nadela raison et qui interprélait très hardiment leslégenliraculeuses de la Bible.

is c'est surtout en Espagne, après la conquête musul- , que la renaissance judaïque s'affirma. Les écoles de la, de Grenade, et surtout de Cordoue devinrent le foyer ludes talmudiques en Occident. Plus tard, pendant la quête, la suprématie doctrinale passa aux commus des pays chrétiens, aux rabbins et aux docteurs de e, de Barcelone, de Gerone et de Tudela. C'est alors recul le Maïmonidey proprement Hoïse-ben-Haïmon -1304); exilé de Cordoue par le fanatisme musulman, ablit en Egypte. Sa doctrine philosophique dérive surles théories péripatéticiennes; il a largement recours terprétation allégorique; il combat avec acharnement perstitions, la sorcellerie, la magie ;.il croyait à l'imilité de Tàme et à la résurrection corporelle. C'est >nide qui a rédigé les treize articles de foi qui constiaujourd'hui le Credo israélile.

•es l'Espagne, vinrent la France et l'Allemagne. En e, il y eut les TossafisteSy disciples de Rachi, à Troyes lamerupt en Champagne, qui prennent leur nom du fsâ/ôlh « commentaires d. Il y eut, dans le Languedoc is la Provence, à Narbonne, ^ Montpellier, à Lunel, à on, des partisans célèbres et des adversaires fameux )ctrines de Maïmonide. Bientôt les discussions les plus 5'élevèrent et il se produisit comme un schisme entre

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les Juifs de la Champagne, de rAllemagne, de rOrient, d( TEspagne d'une pari, el ceux du midi de la FFance de Tau tre; les premiers tenaient pour les croyances et les obser vances traditionnelles, les seconds étaient hautement ra tionalistes et dédaignaient le vieux culte traditionnel. \a synode de Barcelone (26 juillet 1305) prononça Tanathèmc (hêrém) contre les novateurs et consacra la victoire des orthodoxes.

Mais déjà grandissait une doctrine nouvelle, redoutabh par ses conséquences, puissante par son caractère mystique et spéculatif, la Cabbale. Elle remonte aux deux premien siècles avant Tère chrétienne et fut résumée au moyen âg( principalement dans un livre chaldéen, qui date probablement du XII' siècle, le Zohar. La Cabbale est un mélange de con' ceptiohs alexandrines, échos du mysticisme post-mazdéen, et de rêveries mathématiques. Les cabbalistes croyaient l un être suprême {encôph) illimité, infini, substance universelle, s'ignorant lui-même, mais d'où émanent dix degrés (séphirôth), manifestations immuables de son être : le diadème qui a produit la sagesse^ principe mâle, et Vinlelli' gencBy principe femelle (ces trois séphirôths forment une indivisible Irinité); la sagesse et rintelligence ont un ùh inmiatériel et idéal, la science, mais de rintelligence sortent la justice et la grâce qui se réunissent dans la beauté poui former une trinilé secondaire, d'où émane une troisième trinité, le principe numérique, le principe actif, le principe générateur. A ces trois irinités, s'ajoute l'harmonie suprême, la royaiilé. La réunion des trois trinités forme la trinité suprême par qui Dieu prend conscience de lui-même et devient le prototype, l'homme id|fil, Adam-Kadmon. Dieu engendre alors l'univers par une progression décroissante de séphirôths variables : la parole ou le verbe, Y air, Yeau (et la terre] le feu, les quatre points cardinaux et les deux pôles. Ave(

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tout OU partie de ces éléments primordiaux se sont formés tons les êtres : les dix myriades d*anges dont le chef, Meta' tf6n, est le régulateur universel; les anges déchus et leur prince, Satan, dont l'empire sera éphémère; les hommes enfin, composés d'esprit (Verbe), d'âme (beauté) et de sentiment (royauté, harmonie matérielle). Chaque homme est double : il a un corps matériel, fini et imparfait, et un corps idéal, libre et parfait, destiné à venir se refondre en Dieu, ([oand il se sera purifié de Tobscurcissement qu'amène la vie matérielle, ce qui n'est possible qu'après des épreuves plus ou moins longues dans des renaissances successives; Satan lui-même reviendra à Dieu et son enfer sera un lieu de délices» La venue du Messie marquera la fm du monde matériel.

Aces doctrines philosophiques se joignaient des pratiques et des conceptions bizarres fondées sur les formes géométriques et sur les propriétés des nombres appliquées aux caractères de Talpliabet hébraïque, et appelées « les trentedeux voies de la sagesse n. Les combinaisons fortuites des lettres dans les mots prêtèrent à des théories fantastiques d'où provint tout un systèmes de conjurations, d'invocations, d'évocations, de formules magiques commençant presque toujours par le mot agla, acrostiche de la prière athâh 9ihôrlé'ôlam adùnâï « tu es puissant et éternel, Seigneur i. Les études religieuses et philosophiques souffrirent des persécutions qui marquèrent la fin du moyen âge et le comniencement de la Renaissance; il y eut pourtant, au \\v siècle, en Hollande, en Italie, en Turquie, quelques travailleurs renommés.

Les persécutions amenèrent un autre résultat; en mettant en contact des Juifs venus de divers pays, elles firent ressortir les différences rituelles et cérémonielles des communautés anciennes qui se classèrent peu à peu en deux grandes

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