PREMIÈRES PRÉDICATIONS
ns, émeutes sur émeutes, rébellions sur rébellions daient sans relâche et partout apparaissaient à nstant voyants et prophètes. Jésus, naturellement
de son père, déserta souvent sans doute la bourétabli paternels pour écouter et suivre peut-être t ces prédicateurs enthousiastes. Peu à peu, la t la foi le gagnent lui-même ; il s'enhardit à parler es compagnons de son enfance; plusieurs d'entre )laudissent et Tencouragent tandis que d'autres se : de lui. Rendu plus libre par la mort de son )ar la faiblesse de sa mère, il ne travaille plus, il prêche; comme tous les gens faibles, il passe d'une é à Tautre, de la timidité ridicule à l'assurance ire: un beau matin, secouant la poussière de ses
sur sa ville natale où il n'est pas pris au sérieux, il pour n'y plus revenir, avec quelques amis dévoués, paraît s'être établi d'abord à Capharnahum, au nord de Génésareth ou de Tibériade, à une dizaine de i Nazareth. Dès les premiers temps de sa mission, si t s'exprimer ainsi, il se rendit, avec les quelques disa'il avait déjà réunis, auprès de Jean-Baptiste qui le solennellement et le consacra pour ainsi dire prouis, il revint en fialilée annoncer avec plus d'éclat torité le prochain avènement du t royaume de [1 parcourait le pays et prêchait d'ordinaire le jour »at, soit dans les synagogues (le premier venu se lever et prendre la direction du culte), soit sur la iblique ou dans les champs et les campagnes ; mais lit toujours se reposer à Capharnahum où il compnombreux auditeurs dévoués qui lui offraient une ité simple, discrète et respectueuse ; partout d'ail- Lisage était que les prophètes logeassent ainsi chez rtisans ou chez des admirateurs improvisés, chez
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des converlis pour ainsi dire (Cf. Luc, x»38; xiT, i; xn,
5; XXII, 9-12; etc.).
C'est à cette époque que se place le célèbre senaon surb montagne; c'est alors aussi qu'il reçut de Jean prisonnier un message qui ne put que le flatter et rencoanger et qui lui donna peut^^ètre l'idée d'étendre son activité jusqul Jérusalem. Il commença par faire régulièrement le voyage de Jérusalem, à l'époque de la fête de Pflques; il 8*y monUi, d'année en année, de plus en plus entreprenant et aadicieux. Il fut ainsi de plus en plus connu dans la capitale; fl y eut des partisans et des ennemis. Les prêtres en arrivèreit à craindre de sa part une concurrence redoutable; ilsréassirent à corrompre un de ses disciples et, le dénonçant ao bras séculier, trompèrent la surveillance de ses amis et le firent arrêter au jardin des Oliviers, le soir de la troisièiae journée avant Pâques, le jeudi 13 nissan (2 avril 33?).0i sait le reste et comment Jésus mourut d'une mort ignoninieuse, sur la croix, entre deux voleurs de grand chemin.
Aux tortures de ce supplice se joignit sans doute la doo* leur, plus poignante encore, deTabandon. Dès son arrestation en effet, tous ses disciples s'étaient dispersés et plusieurs avaient lâchement déclaré ne pas le connaître, quitte à sortir ensuite, pour pleurer « amèrement ». Seules quelques pauvres femmes venues avec lui de la Galilée osèrent assister, de loin, à la longue agonie du c maître i; tant il est vrai que les femmes ont toujours plus de fldélité et de dévouement à leurs affections que les hommes. Jésus paraît avoir été beaucoup aimé des femmes, mais, s'il se plaisait dans leur compagnie, il les redoutait en quelque sorte plus qu'il ne les aimait lui-même. Il dut conserver toute sa vie une chasteté absolue et par là s'explique un peu ce caractère inégal, doux et faible, inquiet et timoré, avec ses réactions de violences et ses ardeurs subites, avec ses alte^
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atives rapides d*âudaces et de découragements. Aimable et on aux faibles, inconsciemment jaloux des puissants et des iches» dur à ses parents et à ses amis, entraîné plutôt que lonvaincu, Jésus nous apparaît, à travers les légendes invraisemblables et contradicloires des divers âges, comme une sorte de grand enfant maladif, nerveux et impressionnable, mécontent de sa vie, porté à un rôle actif trop lourd pour sa nonchalance native, ennuyé de ne pouvoir rêver à son aise an milieu des sollicitations de son entourage, s'exallant peu à peu et pour ainsi dire se grisant de sa chimère pour se précipiter, à la fois fier et blasé, dans le gouffre où il devait trouver la mort, le repos et la gloire.
Il n'avait jamais songé à fonder une nouvelle religion; tOQt au plus voulut-il réformer le vieux culte d'Israël. Aussi est-ce surtout comme insurgé politique qu'il a été condamné; si les prêtres juifs l'accusaient entre eux de blasphème et d'impiété, ils ne l'ont dénoncé aux autorités romaines que comme aspirant à la royauté temporelle. Celte accusation était assurément basée sur quelques paroles imprudentes de Jésus qui, à force de prêcher l'avènement du Messie, avait été regardé par les simples qui l'entouraient comme étant lui-même le Messie, et qui peut-être avait fini par se croire vraiment le fils de Dieu, conception mazdéenne ^i avait fait son chemin dans toute l'Asie occidentale.
Ses doctrines étaient essentiellement métaphysiques et ne s'étendaient pas bien loin au delà de cette terre, c'est-à-dire *u delà de la Judée. Il rêvait un « royaume de Dieu > où Dieu, le Père suprême, absorberait tout et présiderait à tout; où les hommes, insouciants des vulgarités pratiques, seraient toot amour, tout fraternité, tout confiance; où le riche partagerait avec le pauvre, où Tinjure ne rencontrerait que le pardon, où l'hypocrisie n'aurait plus à cacher de vices ni de convoitises, où le serment deviendrait inutile, où le talion
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serait la suprême injuslice et le divorce une insulte à b nature, où la prière ne serait qu'un acte de foi, d*espéranee et d'amour. Partant point de prêtres, point de cërémonies, point de temples ; Dieu le père, et rhomme» son fil^, toujours et partout face h face. Les mortificalioDS et les sacrifices ne servent de rien, et toute morale doit être basée sur la fraternité en Dieu. Malheureusement h société idéale n'existe point encore, le monde appartienl à Tennemi de Dieu (ici encore se retrouvent les vieilles théories zoroastriennes) ; il faut le renouveler. De U ces attaques incessantes contre les riches, contre les prêtres, contre les pharisiens hypocrites ; de là ces annonces de la fm prochaine du monde que suivra Tère de la rénontion universelle où Dieu régnera véritablement et siég^ sur son trône de gloire, avec ses prophètes à sa droite, m milieu de ses élus.
Pour commencer, Jésus établit la communauté absolae dans la petite troupe qui l'entourait : « Vendez vos biens et distribuez-en le prix aux pauvres, disait-il à ses recrues (Luc, XIV, 33; Mathieu, xix, 21), puis abandonnez vos familles et suivez-moi; nous vivrons des aumônes des auditeurs, delà charité publique, et nous nous entretiendrons dans nos espérances par des conversations incessantes où nous nous éclairerons les uns les autres. Associés ainsi, nous ne sommes vraiment plus qu'un; je suis en vous, vous êtes en moi; allez, prêchez, prophétisez, faites des miracles : c'est comme si nous étions tous et toujours là où est chacun de nous >. Et le royaume de Dieu arrivera, qui sera la réparation, qui sera l'avènement des pauvres; cartons les disciples de Jésus sont des petits et des pauvres. Son cortège habituel se composait de six à huit femmes, dont une ou deux avaient mené une vie assez désordonnée, de quelques artisans de village, et surtout, à la fin, de ceux qu'on a nommés les