NAISSANCE DS JÉSUS-GHBI8T
reux mysticisme : Virgile lui-même n*annonçait-il pas ravenemeni d'un âge nouveau? Mais c'était en Orient et chez les Sémites, par réaction contre les persécutions des rois de Perse, sous Tiafluence plus ou moins inconsciente des vieilles doctrines éraniennes, que Fezaltation ou la folie, comme on le voudra, avait pris le caractère d'une sorte d'épidémie dangereuse.
Parmi cette foule de prophètes et de prophétesses, de voyants, de saints (Jean-Baptiste, Juda, Mathias, SimioD, Anne et tant d'autres), on comprend que les gouvemenn et les commandants romains aient fait peu d'attention à Jésus- Christ; c'était un perturbateur, un anarchiste vulgaire, qu'on fit bien de punir, parce qu'il encourageait à la ribellion ces incorrigibles séditieux : Avidor nominis ^ ÇhristuSy dit Tacite, Tiberio imperitante per procuraUfrm Pontium Pilatumsuppiicio affectus erat {Ann. XV^ 44).
Jésus naquit à Nazareth, en Galilée, où sa famille occupait une situation des plus modestes. La légende le fait naître i Bethléhem, où son père cl sa mère auraient dû se rendre pour se faire inscrire, lors du recensement de Quirinius; mais outre que le recensement de Quirinius, qui avait un but purement administratif et budgétaire et qui ne devait s'opérer que dans les pays réduits en provinces romaines, est certainement postérieur à la naissance de Jésus, il est touti fait invraisemblable que les autorités romaines aient imposa des déplacements aussi vexatoires et aussi inutiles aux habitants du pays. 11 est tout aussi peu certain que Jésus fût de k race de David. Mais, suivant les traditions et les prophéties, le Messie devait descendre de David et devait naître à Bethléhem.
On croit généralement que Jésus vil le jour vers l'année 749 de la fondation de Rome , quatre ans environ avant le commencement de l'ère dite chrétienne. Le nom
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isus était une forme populaire, une altération, un dimiulif de Josué (hébreu IchtVa^ Yehôchû'a c lahvéh est secouaWe >).
Son ipèrey Joseph (proprement Yôçêp € le multiplicateur »), fclait un simple charpentier; pauvre et veuf, chargé d'une assez nombreuse famille, il s'était remarié, à un âge assez avancé, avec une jeune (ille de sa condition, nommée Marie (plus exactement Miryâm « la grosse, la forte »), qui parait ne lui avoir donné aucun autre enfant que Jésus. Celui-ci, choyé sans doute par son vieux père et par sa mère, peut-être aimé, peut-être secrètement jalousé par ses frères Jacques, Jude, Joseph, Simon, et par ses sœurs dont nous ignorons les noms, eut sans doute une enfance relativement heureuse. Ses sœurs et ses frères se marièrent i Nazareth que ses parents ne quittaient guère, car il faut sans doute mettre au rang des fables le fameux voyage à Jérusalem où Jésus, âgé de douze ans, fut perdu par sa mère et retrouvé trois jours après discourant au milieu des docteurs émerveillés de sa science (Luc, ii, 42-51).
Comme tous les enfants gâtés, Jésus fut assez ingrat et assez dur envers sa famille; qu'on se rappelle les paroles cruelles qui lui sont attribuées par ses historiens (Luc, ii, 49 ; Mathieu, xii, AS; Marc, m, 33; Jean, ii, 4). Il ne faut pas d'ailleurs lui en faire un crime; les Orientaux n'ont vrai- Oient pas ce que nous appelons le sentiment de la famille : ils craignent plus qu'ils ne respectent leur père, et quant à leur mère, c'est malgré tout une femme, c'est-à-dire un ^Ire inférieur. Puis il faut faire la part de l'exaltation relipeuse; ce n'est pas seulement dans les opéras que les Jean deLeyde s'attribuent un rôle providentiel et se mettent audessus de l'humanité.
En Orient, et surtout chez le bas peuple, il n'y a pas ce que les Anglais appellent le home. On vit beaucoup en
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plein air, dans la rue, et ce n'est guère que pour travailler (le moins possible), pour manger et pour dormir, que les hommes et les enfants rentrent à la maison. Comme les autres, Jésus dut passer son enfance sur la voie publique, au milieu des gamins de son âge, jouant, courant, maraudant, plus souvent battu que battant, attentif au moindre événement public, poursuivant de ses sollicitations et de sa curiosité indiscrète les voyageurs et les étrangers. AUa-t-ilà l'école? ce n'est pas probable; savait-il lire et écrire? il n'est pas possible de le croire, car si on le représente écrivant sur le sable lors de l'aventure de la femme adultère (Jean, viii, 6), rien ne dit qu'il écrivait au sens propre du mot : il dessinait peut-être, absorbé dans sespensées ou sans penser à rien, des arabesques fantaisistes, et Yrain-Lucas seul a osé produire un autographe du rabbi de Nazareth. Quant à l'épisode de la pièce de monnaie à l'effigie de César (Luc, XX, 24), il n'était pas nécessaire d'être grand clerc pour reconnaître une tête souveraine.
Les nombreuses citations des anciens textes religieux que les biographes prêtent à Jésus ne prouvent pas davantage, lorsqu'elles ne sont pas supposées, qu'il savait lire. Les Orientaux lisent peu et d'ailleurs les livres étaient fort rares à celte époque reculée ; il n'y en avait peut-être pas un seul dans tout Nazareth. L'enseignement est surtout oral et mnémotechnique en Orient; chacun sait combien la mémoire est vive chez les illettrés : il n'est pas rare de rencontrer, en France même, de vieux paysans qui n'ont jamais rien lu de leur vie et qui savent par cœur, en latin, lamess^ et les vêpres. C'est par la fréquentation des nabiim, des prophètes, des exaltés religieux, que Jésus dut acquérir so^ modeste bagage de connaissances littéraires et scientifique^*
Nous avons rappelé plus haut quel était, il y a dix-n^^^ cents ans, l'état moral de la Judée. Insurrections sur i ^^'