APRÈS LA MORT DU MAITRE
des intérêts et du péril tes avaient vite réunis. On raconte qu'ils repartirent pour la Galilée où ils reprirent bientôt courage, où rimpression des événements auxquels ils avaienl assisté à Jérusalem ne tarda pas à s'affaiblir. Ils reWreot les lieux chers au maître, les ombrages où sa parole avait re* tenti, le lac et les montagnes témoins de ses miracles et pour ainsi dire pleins de son esprit. Là leur foi s'affermit; ib m décidèrent à aller prêcher la bonne doctrine» à atlaqver Tennemi dans son propre foyer et à s'installer définitivement à Jérusalem. Ce fut probablement un an après la mort de Jésus qu'ils revinrent dans la capitale religieuse 4^ leur pays, vers Pâques sans doute.
Ils vécurent d'abord tout à fait entre eux, recrutante peine de loin en loin quelque prosélyte. Ils habitaient en commun, observant très exactement les formes du judaissie, fréquentant assidûment le temple.. Ceux qui avaient ofi métier travaillaient et partageaient leur gain avec c les frères >. Tous vivaient d'ailleurs très simplement et très pauvrement, sobres et austères autant qu'on peut Tètre. ils prenaient leurs repas ensemble, priaient en commun, S6 rappelaient les discours et les actions du maître qui, dans leur imagination, revêtaient de plus en plus un caractère miraculeux. Les diverses apparitions, la descente de TEspril, Je don des langues sont les principales légendes qui datent de celte époque primitive. Personne ne s'offensait de leuf existence; on avait vu bien d'autres sectaires : les EssénieflS notamment ne menaient guère un train de vie différent. Us allaient, venaient, priaient, causaient librement dans l« parvis du temple, y discutaient même parfois avec des Juife pieux et bienveillants. Les € douze » — car Judas avait été remplacé par un nommé Mathias, un des plus anciens disciples de Jésus, — devinrent naturellement les chefs de la secte ; on aimait ce nombre douze qui rappelait celui des