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LES PREMIERS CONVERTIS

ribus d'Israël. Il s'agissait en effet de faire une nouvelle conquête de la Terre promise; c'est alors sans doute qu'on conçut les premiers projets de missions de propagande.

C'est que, plus le nombre des fidèles augmentait, moins la doctrine pouvait rester uniforme; les différences des caractères s'accusaient et des tendances opposées se manifestaient parmi les fidèles, les uns tenant pour une prudence excessive, les autres s'enhardissant jusqu'à la témérité. Il y eut des discussions, des départs volontaires, des expulsions de la communauté, des châtiments mystérieux de coupables (Cf. la mort subite d'Ananie et de Saphire, sa femme, qui avaient dissimulé une partie du prix de vente de leur terre : ActeSy v,l-11); ceux qui restèrent groupés autour des douze n'en formèrent qu'une agrégation plus puissante et plus compacte. Parmi les « douze », Pierre avait pour ainsi dire le premier rang; presque à son égal on vénérait Jacques, dit obliam « le juste >, « frère du Seigneur », qui n'est pas compté dans la liste des Apôtres; il y avait aussi, dans la communauté des cousins germains de Jésus, Jacques le Mineur, etSiméon qui paraît avoir été t évêque i* de Jérusalem.

Les premiers convertis ne furent pas seulement des Juifs, il y eut aussi parmi eux des Grecs, c'est-à-dire des Israélites hellénisants; on cite entre autres Joseph le Lévite (ha-lévi) dit Bar-nebûâ «le fils de la Prophétie » (Barnabe), Maason, Jean dit Marc, et sa mère Marie, PhiUppe, Andronic et Junie, et Stéphane ou Etienne qui est devenu célèbre comme le premier martyr du christianisme. Ces conversions d'hellénisants, ces fréquentations de gens qui parlaient Un autre langage, diminuèrent peu à peu la répugnance des frères pour les étrangers et pour les langue étrangères; déjà ils avaient sans doute perdu la mauvaise prononciation provinciale qui les faisait si bien reconnaître (Mathieu, xxvi, 73). Il n'y avait pas encore néanmoins une religion nouvelle.

376 LE DIACO.NAT.

Les disciples de Jésus et leurs nouveaux amis ne fonnaîeol qu'une secte juive : on allait prier au temple, on observait la loi mosaïque, mais on croyait que Jésus avait été un homme inspiré par Dieu, un vrai Messie qui avait révélé la voie du salut. On baptisait par l'eau les nouveaux adeptes; on leur donnait, par l'imposition des mains sur la tète, Fesprit nouveau. Les réunions étaient présidées par u c ancien » , en grec presbyteros : il n'y avait ni ritael, ai prêtres, ni culte spécial. On recommandait le partage des biens, on condamnait les hiérarchies et les distinctions sociales, on conseillait le jeûne et les privations.

Grâce au zèle des hellénisants, le nombre des convertis (et il y en avait qui étaient originaires de diverses contrées) augmenta rapidement; la vie commune, et surtout le partage des revenus, devinrent de plus en plus délicats et difficiles. Il y eut des plaintes et des réclamations (Ades, ti)i et il devint nécessaire d'organiser une véritable administration purement temporelle; on élut dans ce but sept dtoeiti' Etienne, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parmenaset Nicolas d'Anlioche. Ils eurent le soin de concilier les deux fractions, déjà dissidentes, des Hébreux et des Grecs; de visiter les malades et les veuves; de pourvoir aux affaires matérielles et extérieures de < l'Église », et devinrent ainsi les agents les plus eflîcaces d'une propagande active, consciente ou inconsciente. Telle était, à la fin du premier tiers du premier siècle, l'organisation de la nouvelle secte qui comptait déjà trois mille adeptes.

Le zèle du diacre Etienne qui annonçait la venue du Messie» Jésus, et condamnait ses juges, causa sa mort, attira l'attention des orthodoxes sur la communauté, provoqua la c persécution » à laquelle le nom de Saùl de Tarse (saint Paul) est attaché et amena la dispersion de l'Église. Les membres du pieux troupeau devinrent, par la force des choses, autant de

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