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PELAGE ET SAINT AUGUSTIN

torius en 431 ; il soutint l'archevêque de Conslantinople, pendant que Memnon d'Éphèse prenait parti pour Cyrille. Celui-ci sut gagner à sa cause Tévêque de Rome d'abord, avec lequel il se réconcilia, reconnaissant enfin la légitimité de répiscopat de Jean Chrysostome, puis Tempereur qu'on fit circonvenir par sa sœur Pulchérie, sa femme Eudoxieet par les autres dames de la cour. Théodose ratifia les décisions des Cyrilliens et leur prêta l'appui de l'autorité impériale, sans donner suite à une conférence contradictoire entre seize évêques, huit des deux partis, qu'il avait provoquée à Chalcédoine.

Le troisième concile condamna de plus définitivement le pélagianisme déjà condamné par plusieurs synodes, par plusieurs papes (bien que l'un d'eux, Zosime, ait commencé à le soutenir) et par la majorité des évêques. Pelage, savant moine écossais, contemporain de saint Augustin qui fut son principal adversaire, soutenait que la bonté de Dieu ne saurait faire retomber sur quelqu'un la faute d'un autre, que le péché d'Adam n'a par conséquent nui qu'à lui seul, que l'homme est soumis aux impuretés de la matière et aux causes de mal qu'elle produit, qu'il est en naissant également propre au bien et au mal, qu'il se détermine uniquement par son libre arbitre qui est absolu, et que la grâce actuelle n'est pas nécessaire car la vraie grâce consiste dans le don du libre arbitre et dans le pouvoir conféré à l'Église de remettre les péchés; aussi, le supplice et la mort de Jésus n'ont-ils point procuré à l'homme le salut qu'il pouvait obtenir par son seul effort, mais sont seulement une figure et un exemple. Augustin prêchait au contraire la perversion originelle de l'homme par le péché d'Adam et la nécessité de la grâce pour le ramener des voies du mal à celles du bien.

C'est à Chalcédoine que fut assemblé le quatrième con-

ECTYCHÈS. ill

cile, en 451. Il y avail eu, deux ans auparavant, à Éphèse, une réunion d*évâques qu'on a qualifiée de bngamkige: sous la direction de Dioscore, successeur de Cvrille à Alexandrie ; on y avait donné raison à Eutycbès précédemment condamné dans un synode tenu à Constanlinople; les deux partis en présence s'étaient d'ailleurs querellés, battus et même assassinés, car le patriarche deConstantinople Fiavien mourut des coups qu'il y avait reçus; la populace d'Éphèse aida puissamment au triomphe d'Eutychès. Euty« shès, archimandrite, c'est-à-dire supérieur, d'un couvent situé jans la banlieue de Constantinople, soutenait, par opposition aux doctrines de Nestorius, non seulement qu'il n'y ivait qu'une personne en Dieu, mais encore qu'il n'y avait în lui qu'une seule nature. Le Verbe divin, hypostase de la Trinité, avait bien pris une seconde génération dans le sein le Marie, mais les éléments de celle seconde génération étaient divins et n'appartenaient à l'humanité qu'en appa- *ence; Jésus était consubstantiel à son père et non à sa nère; le corps matériel de Jésus était ou formé d'une substance divine éternelle ou créée par le Verbe lui-même; Marie l'avait été en quelque sorte que dépositaire d'un être lîvin; cette théorie supprimait Id Rédemption, puisqu'elle upprimait le médiateur entre Dieu et rhomme. Cette nouvelle lérésie fit couler des flots de sang. L'empereur confirma les lécisions prises à Éphèse; mais il mourut peu après et le mouvoir passa aux mains de sa sœur Pulchérie qu'il avait hassée. Celle-ci, qui associa à l'empire son mari Marcien, ^rit naturellement parti contre Eutychès. Elle appuya ses dversaires, soutenus par Léon (saint Léon le Grand), vêque de Rome, et convoqua le concile de Chalcédoine ou il ut déclaré que Jésus-Christ, Dieu et homme, c'est-à-dire ime et corps, était un, mais en deux natures distinctes fortiant par leur union une seule hypostase.

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