LE BAPTÊME
Teau et la purification spirituelle pour qu'elle ne fût pas mise en pratique par beaucoup de religions ou même de sectes philosophiques. Ovide, comme le rappelle si bien Yoltaire, se plaignait déjà que, dans le préjugé populaire, la forme de cette cérémonie emportât le fond :
Ah ! oimium faciles, qui tristia crimina cœdis Fluminea toUi posse putetis aqua !
{Fastes, II, 45-46).
Jésus-Christ avait été baptisé par Jean dans le Jourdain; on adopta donc le baptême pour cérémonie d*initiation.
A l'origine, il se donnait en plein air, dans les rivières, dans les fontaines, aux sources naturelles, aux puits, et toujours par immersion complète (Cf. AdeSj viii, 36-39); dans les pays froids, la rigueur de la température obligea bientôt de remplacer l'immersion par une infusion ou par une simple aspersion, c'est-à-dire qu'on versait de l'eau sur le catéchumène ou qu'on lui en jetait sur la tête. On construisit de bonne heure des édifices spécialement aifectés aux baptêmes, des baptistères, hors des églises ou des lieux de réunion, dédiés à saint Jean-Baptiste, décorés de cerfs, de poissons et de colombes, allusions faciles à saisir. On y trouvait une salle plus ou moins vaste, avec une grande cuve ou piscine au milieu, dans laquelle on descendait, du côté droit, par trois marches et d'où l'on remontait, du coté gaucho, par trois autres marches; les piscines avaient primitivement une forme rectangulaire qui rappelait celle du tombeau de Jésus-Christ. Il n'y avait de baptistères que dans les villes épiscopales, car l'évêque seul pouvait conférer le baptême; plus tard, il délégua ce pouvoir aux prêtres et aux diacres, puis aux laïques non bigames ayant reçu le sacrement de la confirmation. On no baptisait qu'une ou deux fois par an, la veille de Pâques et la veille do la Pentecôte, chez les Latins.
456 LES CAT£CfllIMfi»ES.
En Orient et en Afrique, on qouta le jour de rÉpiphanie; en France» on choisissait de préférence le jour de Noël.
Les catéchumènes j c*est-à-dire les élèves, les disciples oa les auditeurs (çrâvakas indiens), étaient, préalablement an baptême, graduellement instruits. Quand ils avaient déclaré leur intention de se faire chrétiens^ on leur imposait las mains et on les admettait dans les assemblées pendant b lecture de l'Écriture sainte et des lettres pastorales ; on leor enseignait ce que nous appellerions aujourd'hui lliistoire sainte ; ils étaient désignés sous le simple nom d'atedifenn. Quand leur instruction paraissait suffisante, on les qualifiait de prosternés et on leur permettait de rester dans TÉglise pendant les prières et de recevoir la bénédiction deTévèque. Puis, ils passaient à Tétat de compétents : on leur apprenait alors les principaux points de la doctrine; quand ils avaient subi avec succès Texamen qui terminait leurs études, on inscrivait leurs noms sur la liste des admissibles au prochain baptême ; ils étaient désormais élus : de là sans doute vient l'usage de donner un nom au néophyte lors du baptême. Puis on les faisait passer par une série de scrutin^^ cérémonies emblématoires de purification et d'exorcismes, pendant lesquelles on leur enseignait le symbole et les principales prières. Le jour venu, les élus étaient interrogés solennellement, récitaient le symbole, se déshabillaient entièrement, étaient présentés à Tévêque par les diacres (les femmes par les diaconesses), étaient plongés successivement trois fois dans Teau (chaque fois, au nom d'une des personnes de la trinité), et prenaient le vêtement blanc qu'ils devaient garder jusqu'au dimanche après Pâques. Ils avaient désormais la permission de porter le titre de fidèles. Beaucoup de chrétiens ne se faisaient baptiser qu'à un âge très avancé. — Tels paraissent avoir été les usages de l'Église, vers le iv* ou 1^ v* siècle de notre ère.