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LA RÉFORME EN FRANCE, CALVIN

nais ordinairement ils se heurtent à une indifférence polie îl railleuse.

En France la réforme commença véritablement avec lacques Lefèvre d'Ktaples, professeur au collège du Cardinal- ^moine, qui publiait dès 1512 un commentaire sur les épîtres lesaintPaul, où il exposait la théorie de la justification parla oi. Devenu vicaire général de Meaux, Lefèvre groupa autour le lui les partisans de ses doctrines; aussi, les premiers proestants français ont-ils été appelés a les hérétiques de deaux > ; on les appela ensuite huguenolSy nom dont Torigine l'est pas bien établie, et plus généralement « ceux de la religion prétendue réformée (enabrégéR. P. R.) ». Aujourd'hui, 'appellation qui leur est ordinairement appliquée est celle le calvinistes.

Jean Calvin (Cauvin ou Chauvin), fils d'un notaire deNoyon, lé le 10 juillet 1500, avait fait ses éludes à Orléans; pourvu Pun bénéfice à l'âge de douze ans, curé à dix-huit, il embrassa les idées nouvelles et fut l'objet de telles menaces qu'il e réfugia en 15â4à Bàle, où il publiaen 1535 son hisUiulion hrètienne. Pasteur de 1536 à 1538 à Genève dont le réformé 'arci avait pris la direction spirituelle après l'expulsion de 'évêque, il en fut renvoyé en 1538 et devint professeur le' théologie à Strasbourg. Rappelé à Genève, il y rentra e 13 septembre 1541 et il en fut le maître absolu, tant au pirituel qu'au temporel, jusqu'à sa mort (27 mai 1564). )n sait qu'il y fit régner un despotisme farouche, qu'il ' fit révoquer un magistral dont la vie était déréglée, qu'il y it décapiter Jacques Gruel, coupable d'avoir écrit des vers inpies et libertins, qu'il fit expulser Gaslellion et Boizec îoiiime entachés d'hérésie, qu'il y fit condamner plusieurs lutres comme « ennemis de la sainte doctrine », et qu'il ' fit brûler, le 27 octobre 1553, Michel Servet. Servet fut rrêté comme il traversait Genève pour fuir les poursuites

ordonnées contre lui par l'archevêque de Lyon : ilavait ^t 1 (;ontre le dogme de la Trinité.

Cependant, la réforme progressait en France et déjà plusieurs do ses adeptes avaient été mis à mort pour leur foi, en 1524 et en 152!). On connaît la lamentable histoire des perséoutions qui assaillirent la religion naissante : les massacres deCabrières rtMérindol.deMarseille.d'AixetdcSalon en 15i5, de Caliors cnlSfil, deVassy, de Tours etdeîjensen 1563, l'exéculion d'Anne Dubour^en 1559, la Saint-BarihÉleniy (24 août 1572 à Paris, 27 août à Lyon, 13 seplembrfi i Rouen, 3 octobre à Bordeatis), ([iii eut pour conséquence k siège infnictueux de La Rorbelle (du 5 décembre 1572 an 1 1 jui)lel1573), l'emprisonnement k la Baslille, où il mourut de misère et de vieillesse, de Bernard Palissy; on sait d'siilleurs les incidents des guerres de religion, le colloqiiede l'oissy (5 septembre 15fi1), lesédils de tolérance et de paciticaLion, la ligue, l'avènement de Henri IV, l'édil de Nantes (15 avril 1508) et sa révocation (17 octobre lf»85), les dragonnades et ta révolte des Camisards (1702-1705). Gequi est moins connu, c'est qu'après la révocation de l'édit de Nantes, les protestants du Vivarais et du Languedoc organisèrent ce qu'on a appelé les Églises du désert : les fidèles se réunissaient dans la montagne, au fond des bois, à l'entrée des cavernes, en rase campagne ; les ministres se cachaienl avec soin et changeaient constamment de domicile. Vers 1745, on se mit à rechercher ces assemblées et à fusiller les protestants qu'on réussissait à surprendre réunis.

Celait en 1555 qu'avait été établie à Paris la première communauté protestante de France. Elle compta parmi ses membres Clément Marot, Théodore de Bèze, Coligny, Anne Dubourg. C'est à Paris qu'eut lieu, en 1558, le premier synode général ; c'est alors que furent rédigés les Uvres de prières et les formulaires, que furent arrêtées les règles àf

CONFESSION DK LA ROCHELLE. TiO?

la discipline et que fut écrit (le ^b mai 1559) le document connu sous le nom de confession de La Rochelle j parce qu'il V fut révisé et définitivement arrêté le 2 avril 1551 et le 1"" mars 1607. Ce symbole comprend quarante articles. Le premier reconnaît un seul et unique Dieu, le second et les trois suivants traitent de la parole de Dieu, c'est-à-dire de TËcriture sainte; les articles 6, 7 et 8 sont relatifs aux trois personnes de la Trinité, distinctes mais d'une même substance, le Saint-Esprit procédant des deux autres, à la création, aux animes fidèles, aux anges déchus; les trois suivants à la chute d'Adam et au péché originel ; l'article 12 reconnaît que Jésus-Christ est venu sauver ceux que Dieu a élus c en son conseil éternel et immuable », sans considération de leurs œuvres; l'article 13, qu'en Jésus-Christ a été offert toutce qui était nécessaire au salut des hommes ; les articles \i et 15 contiennent la biographie de Jésus et Talfirmation de sa double nature inséparable ; l'article 10 reconnaît la bonté de Dieu qui a envoyé son fils mourir sur la terre pour racheter les hommes à la vie céleste ; Tarlicle 17 déclare que le seul sacrifice de Jésus a suffi et l'article 18 ajoute que c'est le seul moyen que nous ayons d'obtenir la rémission de nos péchés; l'article 19 nous recommande par suite d'invoquer la justice de Dieu par l'intermédiaire de son Fils et l'article 20 nous assure que nous participerons à cette justice par la seule foi que Jésus-Christ a souffert afin d'obtenir le salut pour nous; les articles 21 et 22 disent que la foi est un don du Saint-Esprit et qu'elle seule nous régénère ; l'article 23 affirme la fin des figures de la loi à la venue de Jésus-Christ, mais la vérité de sa substance; l'article 24 rejette tout ce qui est en dehors de la médiation de Jésus, c'est-à-dire Tintercession des saints, le purgatoire, les vœux monastiques, les pèlerinages, les abstinences, les indulgences, etc. Les articles 25 à 33 sontrelatifs à l'Église, qui est l'union des fidèles

fin LES i>>iiiTKsTA>'Ts v.y mxsrx.

inslruiU et dirigés d;ins la parole de Dieu [lai' dee iiaslcurs, des surveillants et dc!i diacres élus, et qui ne saurait ètie « let assemblées do la {>a|)aulé, d'où la vérité nsl lunnie i>. La articles 8i A 38 imitent des sacrements : L-onlirniatioii et gages de la [niioltr du Dieu, il n'y en a proprement qtiedeti\, le baptême et la cène ; ce dernier nousnonrritet nous vivifi; par UD mysttVt; spirituel de la substance du sau}; et du coips de Jésus-Chrisl. L'article 30 et l'article -iOrccounai&seitt la soumission aux autorités civiles établies pur Dieu pour le gouvernement matériel du monde. Lu première Bible protestante françjiise {traduction de Lel'i'^vred'Étaples, revue par Robert Olive tan et lialvin) a é\^- imprimée à Neufeliâtel en 1535. Le Noureav Teslamenl de Lefèvre d'Ktaples avait i»ani à Paris en \r>'iil. Une traduction prolestanle du Noutuau Testament en basque a été publiée un 1571 à La Rocbclle; elle est devenue infiniment rare; il y avait en effet, du temps de Jeanne d'Albret, dcnombreux protestants dans laNavarn Française ; il n'y en a pas un seul aujourd'hui.

Le culte protestant, reconnu en France par TÉt^t el salarié par le budget des culte», Ibiim' deux grandes divisions: l'Lglise réfoiinée el celle de la confession d'Augsboui^. La première comprend cent trois consistoires groupés en vingtet une circonscriptions synodales administrées chacune par un synode régional elsul>divi.sées en bglises ayant chacun<: leur conseil presbytéral formé pour moitié de laîijues el pour niuilié de pasteurs fon compte i-n France et en Algérie cinq lenlsoixanli- |iasl<'uis lituiairi's); cliaquc Kglisf peiil d'ailleurs comprendie plusieurs paroisses. Il n'y a pas de liiérarchtc parmi les |)asleurs, qui sont dans toute la France au nombre de 6liO; mais âcôté d'eux, il peut y avoir des diacn"* i-liui'gés de recueillirel de distribuer les aumônes. On sait que h- i:ultc se fail en français ;on aconscrvé nolammenl en grande partie la puissante traduction des psaumes faite en 156i pai

SEl.TKS DIVKRSKS. :m

Clément Marot et Théodore de Bèze et les beaux airs sur lesquels les martyrs du xvi*' siècle les chanlaienl. Le culte réformé recrute ses pasteurs parmi les élèvesde la faculté de théologie de Montauban. Lors des élections pour le synode de 4872*, on comptait en France 572 749 « calvinistes ». L'Église luthérienne, elle, avait sa Faculté à Strasbourg; on l'a transportée à Paris après 1871. Elle compte environ 400000 fidèles, 69 pasteurs et 6 consistoires (Paris, Monlbéliard, Audincourt, Blamont, Saint-Julien et Héricourt), et deux inspections ecclésiastiques (Paris et Montbéliard). A côté de ces églises officielles, il y a un certain nombre de communautés indépendantes : les proleslanls libéraux qui se sont séparés en 4864 de l'Église réformée et dont les principaux pasteurs sont ou ont été MM. A. Coquerel, A. Kéville, Clamageran, Dide, Buisson, Pécaul, Steeg, Colani, etc. :

ils n'admettent pas l'autorité absolue de rKcriturc et ne croient pas à la divinité de Jésus-Christ : ils ont une église à Paris, la salle Saint-André, 29, cité d'Antin; — V Église évangélique de Neuilly établie en 1864; — VUnion des églises évangéliques rf^ France, association de quarante-oinq églises indépendantes dont la foi est d'ailleurs celle de TÉglise réformée, qui date de 4849; parmi elles on peut citer: Téglisc

1. En 187:2 a eu lieu, du 6 juin au 10 juillet, à Paris, un synode général des Églises réformées : il n*y en avait eu aucun en France depuis celui i\o Loudun terminé le 10 janvier 1660. En autorisant le synode, le gouvernement parait avoir eu pour but d*amener un rapprochement entre les orthodoxes et les libéraux : c'est le contraire qui s'est produit. Les orthodoxes, qui formaient la majorité, ont profité de l'occasion pour alfirmerle caractère absolu et obligatoire de la doctrine résumée dans la confession de La Rochelle. Les libéraux ou rationalistes revendiquent au contraire le droit de discuter et d'intcrprêter librement récriture et les faits traditionnels. Parmi les orthodoxes mêmes, il y a d'ailleurs des divisions : un groupe, qn'on pourrait appeler austère, proscrit l'emblème de la croix comme idolâtre et entaché de paganisme ; on a en effet, depuis quelque temp«*, représenté des croix sur les chaire* et an fronton des temples.

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