IU SECTES PROTESTANTES EN FRANCE
de la rue Tailbout qui remonte à 1830, fort orthodoxe au point de vue de la doctrine et dont le pasteur le plus connu a été M. de Pressensé; l'église réformée évangélique de MM. Fréd. Monod et Agénor de Gasparin ; — les églises bajh listes: celle de Paris (48, rue de Lille), fondée en 1851, compte environ une centaine de membres; il y a d'autres baptistes à Angers, dans FAisne, dans le Nord, en Bretagne, à Lyon, à Saint-Etienne et dans le Midi; leur point particulier de doctrine est qu'ils proclament la nécessité d*êlre instruit pour être baptisé (on ne saurait donc baptiser valablement les enfants) et qu'ils n'admettent comme utile que le baptême par immersion; — Véglise méthodiste qui date de 1790 et se rattache à la secte anglicane du même nom; elle compte des membres à Paris, à Nancy, en Normandie, dans le Nord, dans les Gévennes, dans les Alpes et en Suisse; — les darbystes, du nom de M. Darby leur principal écrivain, qui, depuis 1830, se réunissent au nombre d'une centaine environ pour prier en commun; ils n'ont* ni président, ni pasteur et chacun des assistants peut prendre la parole : ils affirment l'apostasie de l'Église universelle, ils attendent le retour prochain de Jésus-Christ t qui sera suivi de l'enlèvement de l'Église à la rencontre de son divin époux >; ils attachent une importance particulière îiux types et aux prophéties de l'Ancien et du Nouveau Testament et insistent sur l'action souveraine de la grâce dans la conversion.
On peut ranger parmi les sectes protestantes les vaudois, qui existent encore en France, en petit nombre, dans quelques vallées occidentales des Alpes. Ils sont gouvernés par un c; modérateur » élu, qui remplit en quelque sorte le rôle d'un évêque et qui préside le synode formé du pasteur et de délégués laïques, un par paroisse. Le synode choisit les pasteurs, qui sont ordonnés par l'imposition des mains faite par le modérateur, sur une liste de deux ou trois noms présen-
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lée parles paroisses. Leur nom a élé expliqué de différentes façons; Tétymologie la plus probable est le nom même du fondateur de leur secte, Pierre Yaud, marchand lyonnais du XII» siècle. Vers H60, éclairé par une inspiration divine, il vendit ses biens, en distribua le profit aux pauvres, fit traduire la sainte Ecriture en langue vulgaire par de pauvres écoliers, et forma -des disciples qui allaient prêchant et enseignant. Ils furent excommuniés et anathématisés en même temps que les Albigeois, mais on ne leur adressait pas les mêmes reproches qu'à ceux-ci; on les condamnait pour leur refus de reconnaître l'autorité spirituelle du pape et des évêques, pour leur affirmation du droit de tout laïque à prêcher, pour leur refus de faire l'offrande et de payer les taxes casuelles; déplus, ils n'admettaient la transsubstantiation que dans la bouche du communiant plein de foi, ils repoussaient les dispenses, les indulgences, le culte des saints, Textrême-onction, le purgatoire, les images et les figures, les pèlerinages, les bénédictions, etc. Ils avaient au commencement un clergé hiérarchisé en évêques, prêtres et diacres; et les laïques qui faisaient partie de leur confession étaient distingués en imparfaits qui menaient la vie ordinaire et en parfaits qui avaient renoncé à toute propriété. Poursuivis et persécutés parles prêtres et par les seigneurs, objets d'une croisade en 1477, attaqués de nouveau sous Louis XIV, ils comptent de nombreux martyrs parmi leurs ancêtres.
Depuis la réforme, le catholicisme, a lui aussi marché, a subi de nouveaux assauts, connu des schismes et des hérésies, inventé des dogmes et des pratiques nouvelles. Je parlerai d'abord du jansénisme. Durant tout le moyen âge, l'Église avait été troublée par les discussions Ihéologiques entre les défenseurs des théories de Pelage et leurs adversaires qui invoquaient l'autorité de saint Augustin. Les pélagiens