L*(£UVRË DE LA MISÉRICORDE
à Caen, dans le passage Belliart. GeotTroy^ homme pieux et légitimiste acharné, partisan du faux Louis XVIl, Naundorf, avait eu des relations d'affaires avec M. de Razac, sousgouverneur des pages de Charles X; il le décida à venir s'établir en Normandie et à lui confier la gestion de ses intérêts; il amena de même un médecin de Caen,le docteur Liégeard, à acheter le moulin à papier de Tilly-sur-Seule (Calvados). Vintras en fut nommé dii-ecteur et Geoffroy fils lui fut associé.
Un matin, il parait que Vintras reçut la visite de saint Joseph en personne, sous la forme d'un vieillard; saint Joseph revint le voir à plusieurs reprises et le mit en rapports avec saint Michel, avec la vierge Marie et avec Jésus-ChrisI : on lui annonçait la régénération prochaine du genre humain et le futur avènement de Naundorf. M. de Razac, enthousiasmé, offrit son château à Vœuvre de la Miséricorde. On organisa sous le nom de septaines des centres d'action régionaux (à Paris, au Mans, h Tours, etc.) et on mit, au sommet, une septaine sacrée dont les membres prirent des « noms d'anges » que saint Joseph avait révélés à Vintras : Geoffroy père était le frère Jean; M. Liégeard, Ashmanaraèl; Lemeneur, ancien magistrat, Slridoël; etc. Il y avait, parmi les chefs de l'association, les trois Marie (Salomé, Madeleine, Marthe); c'étaient trois vieilles visionnaires, Mme Bouche de Paris, Mme Mauduit et la comtesse de Sérionnes. Plusieurs prêtres s'y joignirent, et entre autres l'abbé Maréchal, de Versailles (Rulhmaël) et l'abbé Charvoz (Aménéraèl)f ancien curé de Mont-Louis (Indre-et-I^ire), qui avait donné sa démission pour aller à Londres convertir à la foi catholique Naundorf qui était luthérien.
Vintras se mit à écrire, au mois de novembre 1839, les communications qu'il recevait de sainl Joseph. Beaucoup de recrues des septaines provinciales vinrent le voir, en pèle-
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rinage, et il leur apprit desclioses merveilleuses; curé, dcsenviroDs de Montpellier, riUainsiiarormv des aomt (iectiuxde sespari?Dls qui étaient iillés dans le ciel et deceiu qui avaient eu le niallienr d'être damnés. Li^s pèlerins et lu correspondants npporlaif>nt ou envoyaient des oltrandes en argent plus ou moins fortes, qui servaient à entretenir toute une pieuse colonie au moulin et h la tente (c'est à dire au château de H. de Razac, Sainte-Foix). Vinlras daigna même se déplacer et colporter chez les âmes dévotes ses visiouitt ses miracles : il Taisait sentir aux naïr^i la bonne odearqite saint Joseph avait laissée à ses doif^ls après lui avoir pressé la main. Il répondait, lorsqu'il « était en extase », à loulo I les questions qui lui étaient transmises par Geoffroy fib {Altaraël); il lut un jour mystifié par un sceptique qui lui demanda si son frère était au ciel : VinlraB répondit que l« frère en question expiait * une faute commise contre l'a* mour !• ; or, il était mort à trois ans et demi.
Les affaires temporelles de l'œuvre allant de mieux ea mieux, on putarlielLT, à Caen, pour :2i)0{>0 fi-.incs, «ne maison où < le cénacle i alla s'établir. Le centre des opérations restait toujours, à Tilly, dans la chambre de Vintras où il y avait entre deux lits un autel consacré au Sacré-Cœur de Jésus; sur cet autel se trouvait dans un reliquaire doré une hostie ensanglantée dont < le prophète > faisait couler du sangi son commandement ; celte hostie avait été apportée d'Agea, où une adepte convaincue de Vinlras, la comtesse de Cassioi, était allée la voler chez une Mme Belloc dans la famille de laquelle était conservé depuis la Révolution un fort lot d'hosties f profanées» en 1793.VinlrasrutcondamnécODinie coupable d'escroquerie et d'abus de confiance, à cinq ans de prison et 100 francs d'amende, par le tribunal de Caeo, en septembre 1842.
Le 8 novembre iSM, l'évêque deBayeux avait officielle-