VOYANTS, MÉDIUMS
fier sa conduite, un Appendice aux Chrysanihênies de Marie (Royan, 27 p. in-12). D'autres fanatiques ont publié des œuvres nouvelles de vieux auteurs morts depuis des siècles, par eiemple des tragédies de Racine retouchées par son esprit.
C'est que, dans la vie fluidique, on travaille et même on grandit, on se marie, on procrée; il y a des écoles, on y fait des conférences : cela m*a été dit le plus sérieusement du monde ; on ajoutait que les esprits renaissent sur la terre, au bout d'un temps plus ou moins long : telle dame est restée trois cents ans dans la vie des esprils; tel homme seulement soixante-quinze. Des c voyants j» peuvent même con? naître toute la vie passée d'une âme : l'un d'eux m'a appris un jour que j'avais été maquignon en Alsace au dernier siècle. J'ai eu en effet le plaisir de frayer avec des spiriles, j'ai assisté à des séances, j'ai écrit de ma main des « communications » d'esprits supérieurs, j'ai pu même saisir dans l'obscurité le bras de la médium (il parait que ce féminin est admis) qui remplaçait celui de l'esprit*, mais je n'ai pu voir de matérialisations; je n'ai pas pu davantage voir opérer gratis le fameux Slade : il fallait absolument payer vingt francs, et je trouvais la somme trop élevée pour une mystification amusante sans doute, mais enfantine. On m'a seulement montré plusieurs ardoises venant de chez lui ; les « communications > qui y sont tracées, signées de différents noms, sont toutes de la même écriture, droite ou penchée, une écriture nettement anglaise ou américaine; J'ai pu étudier une de ces ardoiges, polyglotte : le malheureux, en y copiant quelques lignes de grec, s'est oublié jusqu'à laisser dans le texte les
1. La médium en question, Mme Bablaiu, avait fait obtenir à une de nos plus célèbres actrices des « communications » d'une de ses fllles, morte très jeune et ardemment regrettée.
âl SUPERCHERIKS DES NÉDIIJNS.
chiffres renvoyant à des notes ; je conservé précieusement cet autographe sptrite.
Slade est en elïel un des plus célèbres médiums du jour; il s'est fait connaître par son tour des ardoises. Le tnicUtt démasqué d'ahord dans le Times du 16 septembre 1876, puis devant la justice anglaise les 90, 91, 27, 28 et 31 octobre de la même année par M. Ray Lankesler, professeur de zoologie à Londres, le D' Donkïn el le prestidigaleur Maske- Ifne. qui a refait le tour en plein tribunal. Souvent la communication annoncée se trouvait écrite h l'avance à l'aide d'une encre qui n'apparaissait qu'an bout d'un certain temps; d'antre fois le médium l'écrivait séance lenanle sons la table à l'aide d'un crayon fixé sur un dé retenu dans sa manche par un fil de caontdiouc. Avant Slade, on antre médinm célèbre avait été Home, mort l'année dernière, qni écrivait aux plafonds en lettres phosphoreficentes grice i u système très ingénieux de porte-plame artiealé rentrant, et qui, aux Tuileries, fut surpris par un aide de camp sceptique donnant k la duchesse d'Albe son pied nu pour la main d'un esprit. Je ne rappelle pas la mésaventure des frères Davenport surpris en flagrant délit de fraude dans leur armoire qu'ils croyaient fermée. D'autres médiums ont fait dire à des esprits supérieurs des niaiseries', ont pri* des noms de lieux pour des noms d'hommes, ont fait apparaître les esprits de gens encore en vie. Une enquSte, qui a duré trois ans, vient d'avoir lieu en Amérique par les soins de l'Université de Pennsylvanie; la commission avait convoqué les seize médiums les plus célèbres, y compris
1. Le 16 mai 1883 par exemple, l'et prit de Gtinbetts eil venu dire diDinat Itble : « J'avaii Irup d'ambition >; une autre Tait, un uvanl profeucnr ** venu pirler du latin de cuitine cl un homme du meilleur monde t'etl eiprinK tinsi : • Mei salulalions «jmpalhiqueB au cercle (de gens?) qui entcnreU Ubie. >