PROCÈS DES SPIRITES
Mme Fox-Kane, Tune des filles de M. Fox de Hydesville. Les résultats de Tenquête ont démontré l'ignorance et la mauvaise foi des médiums : o^ a par exemple saisi des ardoises dont n'avait pas pu se servir Slade et où la dépèche spirite était déjà tracée; on trouva les mains d'un médium tachées de l'encre dont on avait enduit les baguettes d'un tambour dont venaient battre les esprits; à l'aide ^d'un miroir habilement dissimulé, on vit sous la table les mains d'un médium occupées à écrire.
Malgré l'évidence, il y a pourtant encore des croyants. Tout récemment, h la suite d'une c évocation », un M. Garbery, de Clicby, a été frappé d'aliénation mentale : il voyait partout autour de lui des esprits malins. La septième chambre du tribunal de la Seine a jugé, les 16 et 17 juin 1875, un trio d'exploiteurs spirites : un ancien tailleur, devenu journaliste, libraire et gérant du cercle spirite, nommé Leymarie, un photographe nommé Buguet, et un médium américain, Firmann. Leur industrie consistait à évoquer, moyennant finances, telle ombre désirée dont ils donnaient au client crédule une photographie qu'ils obtenaient à l'aide de poupées, de draps et de têtes variées en carton. Us firent même apparaître un jour l'infortuné Maximilien, la victime de Napoléon 111 et de Bazaine, et un autre jour un Inca. Us donnèrent à la veuve d'AIlan-Kardec un portrait de l'esprit de son mari, avec une phrase que la jeune caissière de Buguet déclara avoir écrite sous la dictée de celuici. Le plus curieux de l'affaire c'est que les dupes, malgré les aveux de Buguet, et quoiqu'on leur expliquât les trucs employés, affirmèrent en plein tribunal la sécurité de leur foi et la réalité des apparitions; parmi ces convaincus, il faut citer les noms du comte de Bullet (quarante-six ans), de M. de Yeh (soixante-six ans), de M. Dessenon (cinquante-cinq ans), de M. le colonel Carré, de M. Couillaud, horloger à Madrid
57i MATÉRIALISATIONS.
(cinquante-huil ans). Buguel et Leymarie furent condamnés à un an de prison et 500 francs d'amende; Firmann, à six mois de prison et 300 francs d'amende.
Toute la théorie du spiritisme repose sur une conception de pure fantaisie : l'homme serait formé d'un corps périssable», d'un esprit éternel et d'un périsprit, enveloppe impondérable, faite «d'une matière très subtile mais ayant la forme humaine. Lorsqu'un esprit veut manifester sa présence à nos sens, il emprunte une partie de sa force et de sa substance à ixnmédium, c'est-à-dire à une personne donée de facultés spéciales, qui est endormie d'un sommeil cataleptique et qui, dit-on, perd de son poids pendant qu'elle dorl. C'est ainsi que les matérialisations sont rendues possibles. Les adeptes distinguent plusieurs sortes de médiums : le médium typtologue, le médium écrivain mécanique qui écrit en prenant part à la conversation générale et sans se rendre compte de ce qu'il écrit, le médium voyant, le médium à incarnations, c'est-à-dire dont l'esprit cède pour un moment la place à celui d'un mort, et le médium à matérialisations.
Des hommes de science eux-mêmes ont donné dans ces absurdités; on nomme en effet, parmi les spirites les plus convaincus, Alfred Wallace, l'émule de Darwin, et William Grookes. M. Crookes a même publié une vrai roman, le récit de toute une série d'apparitions, obtenues grâce à la medmmnité de la jeune Florence Cook, d'une ravissante enfant de l'autre monde, Katie King, qu'il a pu tenir dans ses
1. Les journaux ont publié, il y a quatre ans, une très curieuse lettre de faire part annonçant le décès d'un enfant de six mois, datée du Havre, 4 juin 1883; elle était ainsi conçue : « MM. B... ont Thonneur de vous faire part de la désincarnation de Charles-Antoine B..., leur fils, etc. » , et portait cette épigra» phe : (( Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse; telle est la loi y.