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ÉCRITS THÉOSOPHIQUES

La conversation qu'il eut avec ce personnage mystérieux lui fit sentir la nécessité d'en savoir davantage; et il partit pour rinde où se rendit aussi Mme Biavatsky. Là, ils furent, en partie, initiés aux doctrines et à la science du bouddhisme ésotériqtiey conservées dans les vallées reculées de l'Himalaya, par un petit nombre de sages éminents, les Mahâtmâs (c grandes âmes > en sanscrit). Ils revinrent alors en Occident et fondèrent un peu partout des sociétés de théosophie. H y en a même à Bombay et à Madras ; il y en a une à Paris, qui date du 28 j uin 1 883 : lady Caithness, duchesse de Pomar, en est la présidente honoraire à vie. Un journal, le Loius^ paraît à Paris sous ses auspices depuis le mois de mars dernier : en tête est le monogramme brahmanique ôm et, au-dessous, celte épigraphe, qui est, nous dit-on, la devise des maliarajahs (sic) de Bénarès : satyân nâsti parô dharmmah, qu'on traduit : « Il n'y a pas de religion plus élevée que la vérité », mais qui signifle proprement : t Le devoir n'est pas plus fort que la vérité > ; on y trouve de très beaux vers de M. Jean Rameau, des faits divers, des articles de doctrine assez obscurs et entremêlés, comme toutes les publications de la secte, de mots sanscrits et pâlis plus ou moins altérés et traduits parfois à l'aventure. Les livres dont la lecture est recommandée aux profanes sont le Monde occulte de M. A. -P. Sinnelt (Londres, 1881, in-8"); le Bouddhisme ésoiérique du même (Londres 1883, in-8*); VIsis sans voile de Mme H. -P. Biavatsky (Londres, 1877, 2 vol. in-8*'); la Lumière sur le sentier (ouvrage publié en Amérique); le Bouddhisme selon le canon de l'Église du sud, sous forme de catéchisme, par Henri S. Olcott (trad. fr. par D. A. G., Paris, 1883, in-8' de 105 pages); les Fragments glanés dans la théosophie occulte d'Orient j par lady Caithness, duchesse de Pomar (Nice, 1884, in-8% de 81 pages), et deux autres ouvrages de Mme de Pomar, Théosophie boud-

c/^iste (Paris, 1886, 120 pages in-8*) et Théosophie chrétienne (Paris, 1886, 174 pages in-8*). Le caléchismede M. Olcott, < approuvé par H. Sumangaia, grand-prètre de Sripada, principal de l'École de théologie bouddhiste de Ceylan >, n'est guère relatif qu'au bouddhisme « exotérique » ; mais le traducteur y a joint quelques aperçus sur la doctrine secrète que les mahâtmâs révèlent à leurs chêlas « disciples^ >. M. Olcott et ses amis ont fait des conférences pour exposer cette doctrine; ils ont même amené en Europe un savant chéla indien, Mohini.

D'après ces théosophesy que j'ai proposé d'appeler, pour plus de commodité, les néo-bouddhisles , la religion du Bouddha est la plus sublime de toutes, mais à la condition de ne pas être comprise comme la comprend le vulgaire. Le bouddhisme n'est ni athée, ni matérialiste; c'est au contraire le culte le plus métaphysique qu'il y ait au monde. D'abord, le nirvana n'est pas du tout l'anéantissement, la destruction de l'individu; c'est ^ l'exclusion des trois feux passionnels, l'empire complet de l'esprit sur la matière ». L'homme est triple : il est formé d'un corps physique animé, d'une âme intellectuelle et d'un esprit divin. L'homme physique se compose des trois premiers principes : corps matériel rupay vitalité djiva ou prana, corps astral mayavi* rupa ou linga-sharira ; — l'homme intellectuel comprend les quatrième et cinquième principes : l'âme animale kama rupa et l'âme humaine manas; — Thomme spirituel comprend les deux derniers principes, l'âme spirituelle buddhi et l'esprit aima ' : c'est le corps astral, double éthéré et

1. 11 faut sans doute corriger tchélukOi « apprenti mendiant, novice bouddhiste »; tchéla est proprement c vêtement ■ et f vêtement strictement nécessaire pour la pudeur ».

S. Proprement : rupa c forme j», djivâ « vie Hyprdna c respiration », miydvirupa c forme illusoire, magique t, linga^çarira c corps emblématique »| viNSOH. — llcligions actuelles. 37

SI» TRAShMIftT l>E LA MATIEHE.

protolypc du corps physique, qui peut se trausporter iastuk tanément à distance et, séparé de l'être vivant, le dédouUf^ pour ainsi dire; c'est le corps astral d'un MaliÂtmà qui aUi^ rendre visite à M. Olcott à New-York, tandis que le Uahâiml, charnel demeurait dans sa lamaserie. Les néo-bouddhtstes^ croient aussi qu'il y a sept états de la matière : TéLat solid^ l'état liquide, Tétai gazeux, l'état radiant (découvert par. M. Crookes) et trois autres ignorés des Occideuiaux; c'est ] grâce à la coonaissance de ces sept états que les MahâlmAs pourraient transmuter les corps — il y a encore d'heureui joui"» pour les chercheurs de la pierre philosophale — et qu'en attendant ils savent les décomposer, les t projeter » au loin, les > précipiter > el les recomposer; psr exemple, vous êtes à votre taLle du travail : vous voyez soudain un nuage blanchâtre se lormerau plafond, au-dessus de voire tète, descendre vers vous et se déposer sur votre table en forme de lettre ; c'est un message qu'un de vos amis théosophes vient de vous écrire de Lahore ou de San-Fraocisco il n'y a pas cinq minutes. Et ne croyez pas que les théosophes aient besoin d'ouvrir une lettre pour la lire, fi donc ! il leur suftit de la palper et de se l'appliquer sur le front non seulement pour en prendre connaissance mais encore pour y répondre sur le même papier, par écrit : ce n'esl pas plus difficile que cela, passez muscade!,.. Ces divagations sont entremêlées d'étymologies bizarres, de sentences mystiques el de dissertations extravagantes sur le Christ, la Vierge, les Apôtres, les Égyptiens, les Mexicains, etc. Mais ce qui m'aurait rendu sceptique, si j'avais pu me laisser entraîner à de pareilles rêveries, c'aurait été des notes comme cet appel que j'ai trouvé un matin dans un journal

kôma-r«j)a > forme paiBionoelle *, monuï i perceplion >, buddhi ■ inltUtgence », aima ■ Ame ». L'inexaclilude det traductioni montre la frociii giaiial.

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