‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 238 sur 261 · SAINT-SIMON · texte numérisé non relu

SAINT-SIMON

la société actuelle n'est que désordre et division ; ne convientil donc pas de chercher le moyen de relier entre eux tous les hommes? On peut le découvrir en étudiant, par la méthode de classification propre aux sciences naturelles, Thisloire de l'espèce humaine. Celte étude révélera la loi générale du progrès qui est triple, c'est à dire moral, intellectuel et physique, et en même temps la tendance de la société à devenir une association pacifique universelle, où chacun prendra part, selon sa capacité et selon ses œuvres; où par conséquent le travail individuel sera la loi obligatoire, mais où l'éducation sera due à tous; où le législateur, c'est à dire le régulateur, sera naturellement le plus capable ; où renaîtra le sentiment religieux fondé sur l'amour de l'humanité; la vraie vie étemelle, le vrai but de l'existence, c'est le développement du bien-être général. La religion do. l'avenir sera la synthèse de toutes les conceptions du passé : Dieu est un, Dieu est tout ce qui est, tout est en lui, tout est par lui ; Dieu, l'être infini, c'est l'amour universel qui se manifeste sous deux aspects principaux, esprit et matière, intelligence et force, sagesse et beauté. — Après la mort de Saint-Simon, parut le Producteur^ journal qui avait été longtemps son rêve, dont il avait laissé le plan et qui fut publié par 0. Rodrîgues, Ba- •zard, Enfantin, Auguste Comte, Bûchez, Armand Carrel, etc. (de 1825 à 1826, 5 vol., in-8*) avec cette épigraphe : « L'âge d'or, qu'une aveugle tradition a placé jusqu'ici dans le passé, est devant nous ».

Bazard et Enfantin devinrent les chefs de l'école : le premier s'attachait surtout au point de vue politique, le second au point de vue moral et religieux. Bazard, ancien capitaine de la garde nationale, employé à la préfecture de la Seine, puis carbonaro, mourut à l'âge de quarante ans, en 1832; Enfantin, polytechnicien exclu de l'École en 1814 comme bonapartiste, commis-banquier, entra plus tard dans l'admi-

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