‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 3 sur 261 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

d'hui sur la surface du globe. C'est pour ainsi dire une compilation de notes, où la couleur personnelle se montre le moins possible, et à laquelle les sources les plus diverses ont contribué: aussi n'ai-je généralement pas nommé les auteurs que j'ai consultés et sur le témoignage desquels je m'appuie *. Je n'ai pas voulu non plus faire un ouvrage de propagande, car je n'ai rien de commun avec ces spéculateurs ignorants, ces exploiteurs de bas étage ou ces naïfs qui font autour de la libre pensée des réclames grotesques et des manifestations tapageuses. Je ne veux point employer vis-à-vis de nos adversaires les procédés dont ils se servent contre nous; le véritable remède du mal religieux, c'est l'instruction, et c'est l'école qui tuera la religion; nous n'attendons l'émancipation des individus que de l'efTort libre et spontané de leur esprit et nous pensons, comme Littré, que « rindifférence de la science doit être absolue; car cela rend d'autant plus sensibles les coups qu'elle porte sans le vouloir et sans y songer, et son influence sur les modifications de l'état social s'en accroît d.

Je ne m'attends pas aux éloges des croyants et des dévots ; et je dédaignerais les injures de certains d'entre eux si elles arrivaient jusqu'à moi. Ceux à qui cet ouvrage est destiné appartiennent à ce grand diocèse

i. J'ai la prétention, toutefois, qu*on n'aura point à me reprocher de plagiats véritables, comme il arrive trop souvent à notre époque d*à peu près et d*élucubrations hâtives : c Scito cnim, — disait déjà Pline TAncien dans la préface do son Histoire naturclley — conferentem auctores me deprehcndisse a juratissimis et proximis vetcres trauscriptos aii vcrbuni neque nominatos... Obnoxii profccto animi et infelicis ingenii est deprebendi in furto malle quam mutuum reddere, cum pnesertim sors fiat ex usura >.

INTRODUCTION. m

laïque, dont Sainte-Beuve, du haut de la tribune cléricale du Sénat de l'empire, proclamait hautement les droits sacrés. Je serai suffisamment récompensé de la peine que j'ai prise, si, malgré les erreurs inévitables qui se rencontreront dans les pages ci-après, — homines enim sumus et occupati officiis, comme dit Pline, — j'atteins le but que je me suis proposé : rappeler des détails oubliés, révéler des faits peu connus et provoquer des réflexions capables d'inspirer le culte de l'indépendance et de la vérité. Je reporte d'ailleurs la plus grande partie de ces mérites, s'ils existent, à tous ceux qui ont bien voulu me prêter leur concours : à l'ami dévoué qui a consenti, avec son savoir si étendu et si précis, à relire toutes les épreuves; aux spécialistes qui m'ont aidé de leurs conseils et m'ont adressé des notes précieuses; et surtout à celui qui m'a suivi, retenu, encouragé, depuis ma naissance, avec cette incommensurable affection que rien ne remplace et où l'indulgence et la sévérité se confondent, celui à qui je dois tout ce que je sais, tout ce que je vaux, tout ce que je suis,

Tu duca, tu signore, e lu maestro 1

(Dante, Eiïfer, 1, 48.)

Certaines parties de ce livre paraîtront peut-être trop longues, trop remplies de détails accessoires, trop hors de proportion avec le reste de l'ouvrage; j'invoquerais la même excuse que Velleius Paterculus : < Cum hœc particula operis velut formam propositi excesserit, quanquam intelligo mihi in hac tam proecipiti festinatione, quae me, rotoe pronive gurgRis ac ver-

Page 1