‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 4 sur 261 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

ticis modo, nusquam patitur consistere, pêne magis necessaria praetereunda quam supervacua amplectenda ; nequeo tamen temperare mihi, quin rem saepe agitatam anime meo, neque ad liquidum ratione perductam, signem stilo » {Hist. rom., I, xvi). En relisant les neuf chapitres ci-après, j'y trouve toujours des omissions et des lacunes; et je me vois forcé de solliciter l'indulgence des lecteurs, s'ils ont à me reprocher quelque grave oubli.

Ces neuf chapitres m'ont paru suffisanls pour résumer toute rhistoire religieuse de l'humanité. Je devais en consacrer un à chacune des grandes religions : le brahmanisme, le bouddhisme, la doctrine de Zoroastre et des mages, le judaïsme, le mahométisme et le christianisme; j'en ai ajouté un pour les croyances originales de l'extrême Orient, c'est-à-dire de la Chine et du Japon, et un autre pour les manifestations dernières et extrêmes du sentiment religieux et pour les fantaisies contemporaines, les associations excentriques, les naïvetés du spiritisme, les rêveries desspiritualistes de toute espèce. Un premier chapitre s'occupera de l'origine des religions; on y trouvera des indications sur les peuples, plus nombreux qu'on ne le pense, qui n'ont ni culte, ni dieu, ni morale *; sur ceux qui par les fétiches espèrent

1. J'ai indiqué (p. 153) les Kirghis comme devenus récemmenl bouddhistes; mais, auparavant, quelle religion avaient-ils? aucune évidemment, car beaucoup d'entre eux n'en ont encore aujourd'hui aucune : c Quelle est votre religion? disais-je un jour à deux Kirghiz-Kazaks. — Je ne sais pas, me répondit chacun d'eux. C'est la réponse qu'on doit attendre de la plupart de leurs compatriotes » {Description des hordes des steppes des Kirghiz-Kazaks, par Alexis de Levehine, trad. du russe, par Ferry de Pigny et E. Charri(*re. Paris, 1840, in-8, p. 330).

L'HOMME PRIMITIF. v

se préserver des accidents et des infirmités de la nature; et sur ceux qui, victimes de la crainte et des illusions du rêve, ont animé tout le monde matériel et lui ont prêté des forces surhumaines, des haines tenaces et des affections ardentes :

0 genus infelix humanuro, talia Diyis Gum triboit facta, atque iras adjunxit acerbas ! Qoantos tam gemitas ipsi sibi, quantaque nobis Volnera, quas lacrymas peperére minoribas nostris !

(Lucrèce, V, 1193-1196.)

Les découvertes de la paléontologie ont porté un coup fatal aux théories théologiques qui faisaient de Thomme un être dégénéré; elles ont montré l'exactitude des tableaux qu'ont tracés les vieux poètes :

Credo padicitiam Satamo rege moratam In terris yisamque diu, quum frigida parvas Prœberet spelunca domos, ignemque Laremque Et pecus et dominos communi clauderet umbra ; SilTOstrem montana torum quum stemeret uxor Frondibus et culmo, vicinarumque ferarum Pellibus : haud similis tibi, Cynthia, nec tibi, cujus Turbayit nitidos cxstinctus passer ocelk)s; Sed potanda ferens infantibus ubera magnis Et sœpe horridior glandem ructante marilo. Quippe aliter tune orbe novo, cœloque recenti Viyebant homines, qui, rupto robore nati Compositove luto, nulles habuere parentes.

(Juvénal, Sat. VI, v. 1-13.)

Quum prorepserunt primis animalia terris, Mutum et turpe pecus, glandem atque cubilia propter, Unguibus et pugnis, dein fustibus, atque ita porrô Pugnabant armis quœ post fabricaverat usus; Donec vcrba, quibus voces sensusquc notarent, Nominaque invcnérc : dehinc absistere belle,

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