‹ Les religions d'autorité et la religion de l'esprit;Chapitre 39 sur 124 · PONT · texte numérisé non relu

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$ Christ. aux tes de Apoirée a aux évêques, oi suc- : | cesseurs légitimes. Telle est la simplification éminemment | pratique que subit la théorie épiscopale dès le milieu du. on second siècle ( et Que un retrouve dans les écrits d’ Irénée, :

< on de Mouse De la crise du gnosticisme, led sort déjà tout puissant, comme dépositaire etgardien de la règle de foi dite apostolique. Il est le. principe de l'unité catholique; il juge souverainement de la valeur des doctrines et des docteurs, comme les apôtres eux-mêmes.

: GLS lutte contre le montanisme lui procure de nouveaux | triomphes et de nouvelles conquêtes. Les nouveaux pro- É phètes représentaient la liberté primitive de l'inspiration * divine. Jls annonçaient le règne du Paraclet et du Sainte Esprit. Is disaient que l'Esprit de Dieu souffle toujours où il veut et ne saurait être lié aux choses officielles dans . FÉglise. Le réveil religieux qu'ils préchaient ne pouvait cacher aux yeux des évêques, hommes d'ordre et de tra- ne dition, le danger d’un tel mouvement. Leur autorité ren- de contrait une limite et-un obstacle dans ces libres i inspirations. Les nouveaux prophètes ne se génaient pas pour

attaquer vivement l'administration des évêques, leur con- __nivence aux péchés etaux mauvaises mœurs des chrétiens

du jour, Je absolutions trop faciles, leurs relations

(4) IRÉNÉE, adv. hær III, 2 et 3. Hirporvrg, Philosophumena Præf. 4, 52et ss. TERTULLIEN, de Præscript. hæret, 20, 32, etc.

‘complaisantes avec un monde corrompu que le feu de la colère divine allait consumer. Le montanisme est un regain de la piété et de l'esprit de la première génération chrétienne; mais il venait trop tard. Il se heurtait à une discipline établie et à une hiérarchie organisée. Les évèques avaient d’abord soumis à leur contrôle les, docteurs également libres jusque-là ; ils y ployérent aussi les prophètes. Au monopole de la tradition authentique, ils joignirent celui de l'inspiration véritable. Comme les ‘apôtres, dont ils continuent le ministère, les évêques seront désormais les organes supérieurs de l'Esprit. Pour qu'il ne soit plus mi licite n1 possible d’opposer l'inspiration à l'autorité établie, l'inspiration fut mise dans la dépendance de l'autorité et canalisée dans la hiérarchie. De même, pour le droit d’absoudre ou de condamner, le jus solvendi el ligandi que les rigoristes leur déniaient, ne faisait-il pas partie. des attributions les plus expresses de l’apostolat? N'est-ce pas aux apôtres que le Christ l'a donné, et, dès lors, ne revient-il pas à leurs successeurs, les évêques, aussi bien que tout le reste de leur héritage? En vain, Tertullien, Hippolyte, Novatien, élèveront des protestations indignées contre la pratique trop complaisante d’un Zéphyrin, d'un Calliste ou d’un Corneille; ils devront fatalement céder aux conséquences du principe qu'au fort de la bataille contre les gnostiques ils avaient eux-mêmes posé.

Les docteurs de la gnose vaincus, les prophètes du montanisme excommuniés ou soumis, ce fut le tour des martyrs.

Eux aussi se servaient de l'autorité morale que leur donnaient leur foi, leurs souffrances, et du prestige dont la vénération populaire les entourait, pour empiéter sur les attributions épiscopales, pardonner les péchés, réinté-

srer les renégats dans l'Eglise, dicter leur. volonté aux prêtres et aux fidèles (1)..41 y avait là encore une limite posée par l'autorité morale individuelle au monopole officiel de l’épiscopat. Maïs cette dernière limite devait aussi disparaître.

Tout reste d'opposition acheva de s’évanouir dans les controverses qui agitèrent surtout l’église de Rome et celle d'Afrique durant la première moitié du troisième siècle et dont les divers points de la discipline ecclésiastiques furent tour à tour l'objet. Il y eut des excommunications réciproques, des schismes persistants. La vie de Cyprien est pleme de ces difficultés au sujet des rénégats (lapsi), du baptême des hérétiques, de la pénitence pour les péchés graves.

Encore une fois, comme en face du montanisme, l’épiscopat finit par céder au poids de la masse chrétienne; il se prononça pour une discipline tolérante et large contre les excès rigoristes de Novatien et de ses partisans, et, grace à cette accommodation, resta seul maître souverain dans l'Eglise.

Ainsi par un lent et laborieux progrès à travers des luttes et des protestations nombreuses, sont venus s’'accumuler et se concentrer les droits et les grâces qui, à l'origine, formaient l'apanage inaliénable de la commu-

(4) TerruLuIEN, ad martyras, Î; de pudic. 22. Eusège, H.E. V., 1,4 et 20: V, 2. Cyrrien epist. XIV, #4; XIX, 2; XXXIV, 4; XXI, 3; XXXVII, 4; LXXVI, 7. OriGène, Hom. in Fum. XXIV, I, de exhort. ad martyr., 30 et 50. Les martyrs étaient considérés comme des chrétiens ou des saints exceptionnels en qui le Christ continuait à souffrir ses souffrances expiatoires (Eusère, H. E: V, I, 23), où il est dit d’un martyr à © mäsywv Xototéc. De là leur privilège etleur pouvoir de remettre les péchés à qui vient implorer dans leur prison un billet d’absolution : litteræ pacis.

& don de l'Esprit Sant) le pouvoir d'admettre ou d'expulser de la communion des frères. Le bien commun du corps | entier des fidèles est devenu le monopole exclusif d'un

clergé. L'épiscopat, selon le mot d'Hippolyte, n’est pas : Peau la suite de l’Apostolat; il en a recueilli tout. l'héritage surnaturel; il le continue et en fait revivre l'autorité souveraine dans l'Église à travers les généra- è tions (1). L'édifice est construit, la clef de voüte est. el scellée. Les grandes lignes n’en bougeront plus. Cest le. génie romain qui en a été le puissant architecte et l'on sait qu'il bâtit pour un long à avenir. NE

(A) Hwe. Phil. præf., k, 52ets. ee DT

Littérature générale. — Outre les documents discutés ou cités dans le cours du chapitre, les décisions synodales contenues dans les grandes collections des actes des -conciles dont la plus complète so est celle de Maxsr, Concil. coll. nova et amplissima, 31 vol. infolio : 4759. Rourx, Reliquiæ sacræ Ill et IV. De LAGARDE, Reliquiæ juris ecclesiast. antiquis., 1856. Prrra, Juris ecclesiast. monum., 1868. At Apostolicæ constitutiones ed. Cotelier et toute l’histoire de leur formation progressive. R. Rorue, Die Anfænge der christ. Kirche, Le 1837. BeyscuLac, Die Kirch. Verfassung im Zeitalter d. n. T. 1874. Wersæcrer, Das apost. Zeitalter.

F. C. Baur, Der Ursprung d. Episcopats, 1838. A. RirsouL, ‘Dier Entstehung d. alt. kathol. Kirche, 2e &d., 1857. Hi A. Harnack, O. Gegnarpr, T. Zanx, Patrum apostol. Opera, avec. textes, critiques et commentaires à partir de 1876. Harcu, The organisation of the early Christ. Churches, 488 nl . E. Renan, Hist. d. orig. du Christian., surtout les volumes sur les évangiles 1877 et sur Marc Aurèle 1882. PE Je Révirce, Les origines de l'Episcopat, I. 4893

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