TN IS PEN OR
retenir les péchés. La religion restait donc idéale encore
en son essence et transcendante par rapport à la hiérarchie, mais c'étaient là des scrupules que seuls nourris- “4 saient les hommes assez instruits pour avoir quelque sou- venir des choses d’un passé disparu. La logique des faits devait emporter ces dernières barrières. te Cinquante ans plus tard elles disparaissent, en effet, dans la théorie définitive de Cyprien.
Les évêques ne sont plus seulement les témoins histo- riques de là tradition des apôtres, ils sont cette tradition vivante et en continuel exercice dans l’Église de Dieu.
(1) De l'an 248 à 258.
Dans le corps des évêques, c’est en réalité le collège apostolique lui-même qui se propage, se perpétue et apparait toujours armé de la même autorité, muni de la même inspiration surnaturelle, jouissant des mêmes privilèges, distribuant souverainement les mêmes grâces de Dieu (1). L'épiscopat est ce qu'il est par la vertu de l'Esprit de Dieu, qui habite pleinement en lui et qui, par lui, se manifeste et agit dans l’Église universelle. L'unité de l'Église a sa source dans l'unité des évêques et celle-ci a son principe dans l'unité même de l'Esprit. C’est le même Esprit qui s’individualise dans chaque évêque et se manifeste identique dans leur pluralité numérale. L'Épiscopat est un organisme surnaturel dont chaque membre reproduit en soi l'unité et la totalité du corps entier (2).
Dés lors, aucun évêque n’est supérieur ou inférieur à un autre évêque. Aucun ne peut donner ni recevoir des ordres de la part de son égal. Dans le système de Cyprien, il ny à point de place pour un évêque universel, pour un episcopus episcoporum. L'autorité suprême de l'Église ne saurait être que dans la réunion, dans le conseil délibérant de tous les évêques, dans ce Sénat chrétien et catholique que l’on appelle un Concile (3).
(1) Cyprien, Epist, XXXIIL, I: Ecclesia super episcopos constituatur et omnis actus ecclesiæ per eosdem præpositos qubernatur. Epist. LXVI, 8, Unde scire debes episcopum in ecclesia esse et ecclesiam in episcopo el si quis cum episcopo non sit, in ecclesia non esse. Epist. II, 3 : apostolos id est episcopos et præpositos Dominus elegit.
(2) 1bid., 13, Tet9; 48, 3; 66, 9, ete. Epist. LV, 20 : Cum sit a Chrisito una ecclesia per totum mundum in multa membra divisa, item episcopatus mullorum concordi numerositate diffusus. De unil., eccl., 5 : Episcopatus unus est cujus a singulis in solidum pars tenelur. ;
(3) Idem. Epist, LV, 17: Actum suum disponit et dirigit unusquisque episcopus rationem propositi sui Domino redditurus.
Telle est cependant la logique intérieure du système qu'au moment même où Cyprien.s’efforce de l'arrêter et de le elore, lui-même y dépose le germe d’une évolution nouvelle qui fera sortir du:corps des évêques ce chef de l’épiscopat, cet évêque des évêques, contre lequel il essaie de se mettre en défense. Cyprien, en effet, donne à ce corps une tête. L'unité de l’épiscopat à un point central, un foyer d'où partent les rayons. Il en était ainsi dans le collège apostolique. Sans doute, tous les apôtres étaient, chacun en soi, ce qu'était Pierre. Les privilèges sont les mêmes, l'autorité égale. Mais pour que l'unité se manifeste, il faut qu'elle ait un centre d’où elle rayonne. Pierre fut ce commencement de l'unité de l’Église et comme sa chaire fut, dès l’origine, fixée à Rome, l'Église romaine est l'Église principale d’où part l'unité du sacerdoce catholique. Cyprien, il est vrai, entend cette primauté de l’'évèque de.Rome au sens purement honorifique et symbolique. C'est un primus inter pares. On sait avec quelle vigueur il a refréné les prétentions de l’évêque Étienne, qui s’arrogeait le droit de donner, au nom de Pierre, des lois aux autres évêques et à toute l’Église. — Mais que pouvaient ces réserves tardives? — C'était de simples brins de paille jetés à travers un courant que rien désormais ne pouvait arrêter (1).
(4) Epist. LXXIIT, 7 : Petro primum Dominus, super quem ædificavit ecclesiam et unde unitatis originem instituit et ostendit, potestatem istam dedit. -Epist. XLVIIL, 2 : Ecclesia romana ecclesiæ catholicæ radix et matrix. LIX, 19 : Ecclesia principalis unde unitlas sacerdotalis exorta est. De unit eccl. IV: Dominus ut unitatem manifestaret, unilatis ejusdem originem ab uno (PErro) incipientem sua auctoritute disposuit. Hoc erant utique cæteri apostoli quod fuit Petrus, pari consortio præditi et honoris ef potestatis, sed exordium ab unitate proficiscitur ut ecclesia Christi una monstretur.
EE ae à l'école: Hbérié et de ue de Montalem bert et des Lacordaire, en présence du dogme de l'in . faillibilité personnelle du pape. Les uns et les autres ont été emportés, malgré leur résistance, par la logique irrésisüble du mouvement qu'ils avaient eux-mêmes créé et : qu'ils étaient incapables de diriger et de contenir. LS