NOTION HISTORIQUE DE LA BIBLE
Au point de vue historique, la Bible représente un fait littéraire ou plutôt un ensemble de faits littéraires qui doivent et peuvent être observés et notés, d'après une méthode’ analogue à celle qui depuis un siècle où deux a renouvelé l’histoire de la nature. La méthode historique moderne n’est qu'une forme et une application particulière de la méthode d'observation impartiale 4 et rigoureuse. Dès qu'on n’a plus été aveuglé par le parti pris dogmatique et qu'on s'est accoutumé à distinguer entre les faits objectifs et les impressions subjectives du moi, les entités abstraites et les fictions mytholo- giques de l'ancienne théologie ont laissé apparaître, à tra- : vers leurs voiles chaque jour plus largement déchirés, la réalité matérielle des faits.
Ainsi d’abord pour le texte même de la Bible. L'étude et la comparaison des manuscrits ont suffi pour montrer qu'il ne s’est conservé dans sa pureté originale dans aucun 7 ‘d'eux; que la pauvreté des premiers moyens de transmission a eu pour effet d'amener dans sa constitution intime
des altérations à peu près aussi graves que celles dont ont souffert tous les textes antiques, et qu'il n’y a pas d'autre méthode pour les corriger que celle dont la paléographie scientifique use partout ailleurs. Dès lors, chacun a pu se convaincre sur quelle chimère discutaient les théologiens et légiféraient les synodes catholiques et protestants du xvre siècle, à propos de l'inspiration verbale usque ad litteras des Ecritures, puisque le texte original en est
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. Dans cette même voie, l'observation a fait constater ds phénomènes littéraires plus singuliers et plus graves. En quel état se présente à nous aujourd’hui le texte des livres | | de l'Ancien Testament? Au lieu de l'homogénéité qu'on supposait autrefois, nous avons, dans les livres historiques, un tissu de documents plus anciens dont les fils nuancés se font aisément reconnaître et dénoncent, dans le Pentateuque, dans les livres de Josué, des Juges, de Samuel et des Rois, des œuvres d'une rédaction fort tar dive. Quel désordre d'autre part et quel mélange dans les recueils des prophéties d'Esaïe, de Zacharie, de Jérémie, pour ne parler que de ceux où lincohérence est visible
4 à l'œil nu! Qu'est le livre des Psaumes, sinon le Psau-
tier de la synagogue juive, formé de cantiques d'époques très diverses, déjà réunis dans des recueils antérieurs? Que dire également du livre des Proverbes et de toute la littérature salomonique, dont on voit des rejetons jusqu’au second siècle avant notre ère? | R Ce n’est pas dans l'Ancien Testament seul que à tels phénomènes apparaissent. Nous en rencontrons d’ana- logues dans le Nouveau, en particulier dans les évangiles, dans le livre des Actes, dans l'Apoealypse de saint Jean et jusque dans les épîtres pauliniennes. Le prologue de Luc et l'analyse littéraire de l'Evangile de Matthieu et du livre des Actes démontrent, avec une irréfragable
évidence, que ces œuvres de seconde main se sont constituées avec les éléments d'une littérature antérieure qu’elles ont absorbés. Certains faits particuliers viennent encore élargir les perspectives toutes nouvelles ouvertes ainsi sur les origines et le mode*de composition des livres bibliques. Nous ne citerons que la date aujourd'hui fixée
science et . ue I ae Mn de Sa prédication. Puis, l’affinité de la mythologie assyrienne récemment découverte avec les premières traditions | ethniques d'Israël, qui fournit le point de départ de son 5 ; évolution religieuse, Enfin, la connaissance plus précise de la théologie rabbinique qui forme l'arrière-fond de celle de Paul, et de la théosophie judéo-alexandrine dont la méthode, les tendances et les idées cardinales se pro= longent dans lépître aux Hébreux, dans le quatrième Evangile et, par delà, sans interruption dans les écrits de ., Justim Martyr, de Clément d'Alexandrie, d'Origène et dans k ‘la christologie des. grands conciles. Il ne s’agit pas ici de | F quelques résultats de détail plus ou moins contestables;
. il s'agit d'une méthode d'investigation historique et positive, qui renouvelle tout l'horizon de l’ancienne dogmaa tique et accomplit cette révolution, profonde bien plus E encore par sa manière de poser les problèmes littéraires 2 que par sa manière de les résoudre. Quel est aujourd'hui l'historien de la Bible qui ne se voie obligé, non seulement 7: dy céder, mais encore d'y concourir ? ne L'idée du Canon biblique n’a pas subi une modification moins profonde. Le miracle à disparu de l'histoire de sa formation comme de celle du texte. Le recueil de l'Ancien Testament s'est formé de trois collections successives d’une autorité inégale, reconnaissables encore dans les bibles hébraiques, mais confondues et mêlées dans les traductions. Tout ce classement fut fait à une date inconnue, par des rabbins qui le sont encore davantage. Y a-t-il jamais eu clôture officielle et définitive du recueil
par la synagogue ? ne ne peut. 1 1 très bien, c’est l'intention pédagogique qui dirigea CE qui tout d’abord l’entreprirent. |
Le Canon du Nouveau Testament ne se dessine avec des contours distincts et un peu fixes que du temps K d'Irénée. Auparavant, sans doute, on avait eu le souei pieux de recueillir et de garder les livres des hommes apostoliques. On les lisait aux réunions de culte ou bien aux grands anniversaires. Mais ces recueils variaient d’une province à l’autre, et ces différences ont persisté # durant des siècles. Cependant l'Eglise catholique, en se Ko constituant autour de Rome comme capitale, tendait à réaliser l'unité de la règle de foi et celle du catalogue des Ecritures chrétiennes. Mais les incertitudes ne ces- sérent pas; elles amenèrent dans le recueil lui-même la distinction, que la dogmatique a depuis effacée, entre les | homologoumènes, livres acceptés partout, et les antilégo- mènes, ou livres contestés et d’origine douteuse.
L'Eglise usait d’un double critère pour trancher les cas litigieux. Le livre était-il conforme à la foi tradition- nellement établie? Etait-il d’origine apostolique ?. Naturellement la raison dogmatique l'emportait sur l'autre. Ce qui était orthodoxe venait certainement des apôtres, quelque obscure où incertaine qu'en fût l'origine véritable. De la vérité ou de l'utilité religieuse on concluait à l’apostolicité. C'est ainsi que la seconde épitre de Pierre, qui est un pseudépigraphe évident, fut attribuée positive ment à cet auteur; que l’épitre aux Hébreux finit par prendre rang parmi les épitres de Paul, bien que son stylé, ses idées, sa méthode, son génie, tout rende cette: hypothèse impossible.
Comme on voulait partout avoir la marque d'une garantie officielle, on justifiait de la même manière la pré-
Sn n est pas difficile d’ apercevoir le- ne vicieux qui. est au fond de tous les raisonnements de cette nature. Du moins l'Eglise, en les suivant, obéissait à l'instinct Acta la conscience chrétienne générale. Et c'est pour cette raison sans doute que le choix auquel elle à fini par - s'arrêter s’est trouvé relativement très heureux et a. mérité, sinon la soumission de la critique, du moins le respect religieux de la chrétienté tout entière. : Rien ne prouve mieux que cette histoire que le Canon biblique est l'œuvre de lEglise, au lieu d'en être le fondement; que chaque Eglise reste maitresse de ‘son | Canon; que Luther n’a pas été présomptueux quand il à écarté du sien, au nom de l'Evangile, ou du moins placé. en seconde ligne, trois ou quatre des livres reçus, et que: l'Eglise réformée n’a fait qu'user de son droit en dressant | dans la confession de foi de la Rochelle, sa liste de livres ER canoniques, dont l'autorité se fonde pour elle, moins sur le Es témoignage d’une tradition humaine que sur celui du Saint-Esprit. Mais en même temps on voit en quelle insoluble contradiction tombe toute Eglise protestante qui, s’avouant faillible, espère corriger cette faillibilité humaine: en proclamant comme son dogme fondamental l’infaillibi- lité extérieure du canon biblique qu’elle-même a constitué. A la lumière de l’histoire, les livres à leur tour prennent une signification nouvelle. La méthode historique leur applique le genre et les règles d'interprétation qu’elle à fait triompher partout ailleurs. Son prin- + cipe et son point de départ, c’est que toute production littéraire appartient à son temps et à son milieu et ne
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intellectuel et social, le cercle d'idées, la série de circon- -stances: diverses qui: en: ont. conditionné l 'épanouissement | el, par conséquent, em expliquent le caractère particulier etla portée réelle. Considérée à ce point de vue, l'ancienne littérature hébraïque ne reste plus en l'air, comme une série d'oracles coulés dans un moule surnaturel. Les livres deviennent eux-mêmes des faits et s’insérent dans le tissu: même de l'histoire. Ils en témoignent parce qu'ils en sont les fruits religieux. La loi générale qui veut qu'une littérature soit l'expression de la société, qu'elle sorte de l'âme d'un peuple et du drame même de son histoire, st ‘est trouvée, vraie pour la littérature des Hébreux comme pour celle des premiers: âges chrétiens. Il à suffi | É d'établir aussi exactement, que possible la chronologie relative de ces. livres pour reconstituer la marche géné- rale de l’évolution religieuse dont ils témoignent. . Ce qu'écrit aujourd'hui la critique biblique, ce n'est plus seulement une introduction à la Bible, c'est un … double chapitre d'histoire littéraire qui va naturellement + se relier à l'histoire de la littérature religieuse générale ou, pour mieux dire, à l’histoire universelle de la religion dans. l'humanité. Fig sc La conclusion de toutes ces études est simple et nette : pour l'histoire, la Bible est une collection de documents historiques, servant à reconstituer d'une façon: positive Févolution religieuse particulière d’où ils sont sortis.
” ÉRON EN E
AC DA re RBLIGIBUSE DE LA BIBLE,
SE “Les questions tite et littéraires qui se posent à à
propos de Ja Bible n’ont été et ne sont encore si longue- ment et si vivement discutées que parce qu'il y a, derrière elles, des questions infiniment plus graves, auxquelles se à - trouvent liées les destinées de la vie morale et religieuse au sein de l'humanité. La critique et l’ exégèse peuvent recon< struire avec plus ou moins de:succès l’enchainement et le: tissu des phénomènes religieux que: renferme l’histoire. Mais quelle est la valeur morale de ces phénomènes, quelle est Vimportance de cette histoire pour la con- a science humaine, comment faut-il juger cette religion | ee de la Bible? Ce sont là de: nouvelles questions qui dépassent infiniment l'horizon et la compétence de la méthode: : historique. Elles s'adressent à ce qu'il y à de plus pro | fond et de plus sérieux dans l’homme, à sa conscience.
religieuse et morale. C'est le témoignage de celle-ci qu’ al | . faut maintenant recueillir.
= Ce témoignage est d’un ordre autre que l’ordre scienti- fique. Cest l’ordre de la sainteté. La sainteté à ses intuitions, ses jugements et ses expériences. Mais il y à du ÿ danger à les formuler, parce qu’en les: traduisant en pro- 4 positions intellectuelles on court le risque d'en altérer ou tout au moins d'en masquer la véritable nature: On donne liew à l'intellectualisme d'en disputer, et, comme dit Pascal, c’est le cœur qui en juge. Jentends: qu’au lieu de raisonner, il faut ici vivre, expérimenter et goûter. La foi que la vie humaine est chose sérieuse, qu'ellene l’est que par la consécration de l'être entier au devoir,
: tion norale, qu’elle à un 1 but et, par conséquent, des
morale, il est impossible de n’être pas saisi par le caractère et la puissance de l'esprit de sainteté qui a créé l’histoire d'Israël, la vie et l'œuvre du Christ et qui s’y révèle. Il y
a là, à travers les ombres et les misères des temps et de. la race, une lignée d'hommes de Dieu s’engendrant les. uns les autres et créant tous ensemble, au sein de lhu-
manité, la religion supérieure de l'Esprit. Cette histoire, c'est l’histoire même de Dieu prenant possession de l’âme humaine, devenant intérieur à la conscience jusqu'à s'unir
pleinement à elle dans la conscience du Christ. Christ est la fin de cette divine histoire, parce qu'en lui cette histoire
trouve son accomplissement. Qui voudra, depuis lors,
analyser le fond essentiel et permanent, je ne dis pas de
la conscience de l'Eglise, mais de la conscience moderne
telle que l’ont faite dix-huit siècles de civilisation chré-
tienne, y découvrira, comme traits distinctifs et éléments essentiels, les traits et les éléments de celle du Christ. Non, le Christ n’est pas impunément venu dans le monde. Toute âme arrivée à une vie morale et religieuse supérieure porte sa marque. Le monde moral dans lequel nous vivons est son œuyre, et nul ne peut se révolter contre les sentiments, les lois, les aspirations, les souffrances de ce monde nouveau, nul ne peut s'en échapper et sy soustraire sans avoir le sentiment de déchoir.
Telle est la raison profonde de l’action religieuse et
morale de la Bible sur la conscience chrétienne. C’est cette action constamment créatrice et excitatrice de la
n’est l'effet d'aucune démonstration scientifique, mais un acte d'énergie morale qu’il faut faire, sous peine de se résigner à la vanité de tout ét à la mort de l'âme. Quand on est dansce sentiment qui est, à proprement parler, la piété
Ecriture et s 0 à Ho et au cœur. lle stlibre- . ment acceptée, parce qu'elle n ’existe qu autant qu'elle se Er confond avec l'expérience ou l'aspiration actuelles de la 4 piété. Elle n’a pas plus besoin d’une titulature officielle, d’une attestation extérieure que la lumière qui éclaire l'œil, ou le devoir qui oblige la conscience, ou la beauté qui ravit l'imagination. L'efficacité de la parole divine est . tout ensemble le signe intérieur, la mesure et le fonde- # ment de son autorité. F2 - Il n'est ni permis ni possible d'identifier la Bible avec la révélation de Dieu dans la vie de l'humanité, car cette révélation, dans son développement progressif à travers l’histoire, est universelle et permanente ; ellene peut être __ enfermée dans aucun document ni dans aucune institu- tion particulière. Mais si cette révélation a été plus éclatante et plus haute en Israël, dans la prédication des prophètes, dans celle du Christ et de ses apôtres, la Bible ne saurait non plus en être séparée ; car elle en fait partie, puisque c'est cette prédication même qui la constitue. On peut donc dire que la Bible continue et entretient perpétuellement la révélation de Dieu dans les âmes, en la maintenant fraiche et forte en sa simplicité première. Cest ainsi que la Bible, tirant son autorité de sa pro- ds ; pre vertu, a, par elle-même, de quoi se faire reconnaître immédiatement à l’âme altérée de justice et de vérité. Au contact secret de la conscience et de la sainteté, il se fait une évidence morale qui est proprement le témoignage de l'Esprit divin dans l'esprit humain. Les Réformateurs eurent le tort d'appliquer ce témoignage intérieur du | Saint-Esprit à une foule de questions littéraires et historiques où il n’a rien à faire, et c’est pour cela qu'ils
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n’ont pas échappé, dans leur dogmatique, au reproche de fanatisme ou d'illuminisme ; mais, réservé à l’action sanctifiante de la Bible, je veux dire de ‘son esprit essentiel, il n’est rien derplus fondé. Cela est aussi légitime et n’est pas plus mystique que l'action de l'impératif moral sur la conscience de l’honnête homme.
Les chrétiens se peuvent tromper et se trompent souvent quand ils raisonnent sur leurs expériences intimes, sur les causes qui les produisent ou les conclusions doctrinales qui en découlent. Maïs ces expériences n’en subsistent pas moins comme des faits moraux qui témoignent éloquemment de la puissance de la Bible. Quel autre livre est capable comme celui-là de réveiller les consciences endormies et muettes, de nous révéler les misères secrètes de notre âme, d’aiguiser l’aiguillon du péché et de nous en faire sentir la pointe cruelle, de déchirer nos illusions, d'humilier notre orgueil et de troubler notre fausse sécurité ? Quels éclairs jetés soudain dans les ‘abimes de notre cœur! Quel examen de conscience vaut celui que nous faisons à cette lumière? Et quand nous avons pris ainsi le juste sentiment de nos défaillances et de notre pauvreté spirituelle, quand le besoin du pardon, la faim de la justice et la soif de la vie brûlent notre âme et la désespèrent, quelle autre voix, comme celle du Fils de l’homme, a le don de nous relever, de nous faire croire à l'amour du Père, à cet amour qui dépasse toute intelligence et dans lequel s’ensevelissent toutes nos hontes avec tous nos remords et s'allume pour nous la flamme d'une vie sainte? La parole qui nous perçait comme un glaive, s'étend maintenant comme un baume sur toutes nos blessures, comme une consolation sur toutes nos tristesses. Elle devient une source intime de joie et de force dans la vie et une espérance qui ibrille par delà Ja
mort même. Ces expériences, encore une fois, «sont des
faits. Cest un fait que ce jour jeté dans les ténébres (de notre vie intérieure; ce repentir et cette confusion, cette
renaissance spirituelle, ces aspirations vers le bien et vers Dieu, cette honte du mal caché, cette soif de vie éternelle sont des faits. La puissance qui produit de tels effets ‘est un fait aussi. La parole qui nous amène si irrésistiblement à Dieu et nous attache si invinciblement à lui me peut venir que de lui. Et cela ne dépend pas d’une dogmatique particulière. Ceux qui ont fait ces expériences morales ont bien pu suivre jusqu'au bout les résultatsret les conséquences de la critique historique, renoncer àla notion surnaturelle de la Bible, ils n’en ‘ont pas moins conservé pour élle un sentiment indestructible de tendre respect et de religieuse vénération.
Telle est l'inspiration que la piété trouve et sent dans Ecriture sainte. Elle n’a rien de :commun ‘avec l'infaillibilité de la lettre. C'est une puissance de vie qui se fait reconnaître comme telle, parce qu'elle donne :la vie. Elle n'exige ou n'implique n1ilda perfection de la forme, nila magie du miracle, ni je me sais quelle investiture officielle de ses organes. La piété n’a pas le moindre souci de ce qui préoccupe les théologiens constructeurs d’autorités humaines. Elle ne se scandalise ni de Tlinfirmité du langage du prophète ou de lapôtre, ni du caractère légendaire de certains récits, ni des vices de tel ou tel raisonnement. Au contraire, l'excellence du trésor éclate d'autant mieux à ses yeux que l’écrin est plus ordinaire ; elle savoure la liqueur divine sans se soucier de l'argile où elle est renfermée. N'a-t-elle pas en ellemême la pierre de touche qui lui fait reconnaitre le prix du trésor, et la saveur vivifiante de la liqueur ne luien révèle-t-elle pas l’origine ?