Manu IV, 205; Gautama XV
6. A. Cunningham, Archœological Suroey^l, p. 67; 74; et Corpus Inscnpt. Indicarum, p 40, 41,
162 LES RELIGIONS DE LlNDE
n'admet point d'ordinaire de victimes animales*, et ensuite, de se passer presque toujours de l'intervention des brahmanes. C'est seulement quand l'endroit, pour une raison ou pour une autre, est devenu un centre de pèlerinage, que des membres de la caste sainte, parfois aussi de simples sannyâsins, viennent s'y établir pour v vivre des aumônes des fidèles 2.
Plus pompeux et plus conipliqués que ces rites, sont ceux qui s'accomplissent dans les temples proprement dits. En règle générale, un temple hindou est desservi par des brahmanes, dont l'entretien est prélevé d'une part sur les offrandes des fidèles, d'autre part sur le revenu des terres qui sont la propriété du temple. Il y a cependant à ceci des exceptions : dans beaucoup de sanctuaires çivaïtes du Dékhan, notamment dans tous ceux des lingâyits (et non, comme on l'a cru, dans tous les temples du linga), lespûjâris appartiennent très souvent à d'autres castes 3. Autrefois, semble-t-il, ces fonctions étaient exercées aussi par des femmes, du moins dans le culte de certaines formes de Durgâ*. Ces prêtres, du reste, sont de simples desservants. Ils sont en général fort ignorants : hors la science du cérémonial, parfois très compliquée, il est vrai, et qu'ils se transmettent de père en fils, leur savoir est borné d'ordinaire aux légendes qui composent le Mâhâtmya, la chronique du temple. Ce n*'est pas à eux qu'appartiennent l'autorité spirituelle de la secte, ni ce qu'on pourrait appeler les fonctions pastorales, mais aux membres de l'ordre religieux, qui résident parfois à côté du sanctuaire dans un matha ou collège, et qui eux-mêmes ne sont pas toujours fort lettrés. Il y a cinquante ans, quand H. H. Wilson écrivait son mémoire sur les sectes, un des principaux chefs des vallabhâcâryas l'était juste assez pour pouvoir signer son nom s. En général, les temples ne sont plus comme autrefois des centres de vie intellectuelle. On n'y vient plus, comme au moyen âge, entendre en brillante compagnie la récitation duMahâbhârata^, et, même à Bénarès, chaque jour voit diminuer le nombre de ces pandits qui, accroupis à l'ombre de quelque portique, passent leur vie à expliquer gratuitement les arcanes du Vêdânta et de l'ancienne théologie. Le culte qu'on y célèbre s'adresse peu à l'intelligence; mais, au témoignage de tous ceux qui ont pu l'observer, surtout dans les grands sanctuaires, il impressionne vivement les sens et l'imagination. La partie essentielle en est le service de lidole et du temple qui est sa demeure. Il" s'agit journellement de
1. Par exemple, à Baragaon dans le Bihâr, les villageois immolent des boucs à une ancienne image du Buddha transformée par eux eu une figure de Rukminî, Pépouse de Krishna, dont le culte oflBciel n'est jamais sanglant. A. Cunningham, Archœological Survey 1, p. 29. On trouvera la description d^une de ces solennités villageoises, Ind. Antiq., III, 6.
2. Cf. par exemple A. Cunningham, Corpus Inscript, Indicartim^ p. 24.