I, 25, 10; VIII, 88, 5; I
8. V, 62, 8; I, 25, 13; IX, 73, 4 ; VII, 49, 3;. AthV. IV, 16, 1-5. .
9. De là ses surnoms de Ritasya gopâ, gardien de Tordre, Dliritavrala^ Satyadharman^ dont les décrets sont inébranlables efficaces.
10. Ce sont ses /'«ns, RV, I, 24, 15, etc. Il est souvent question de son courroux, I, 24, 11, 14; VII, 62, 4 ; IV, 1, 4;. VII, 84, 2. L'hydropisie surtout était considérée comme une punition infligée par Varuna : VII, 89: AthV IV, 16, 7. > . 1 .
justice distingue entre la faute et le péché, et il est mi3éricordieux à l'homme qui se repent. Aussi c'est vers lui que s'élève le cri d'angoisse du remords; c'est devant sa face que le pécheur vient se décharger du poids de sa faute par la confession*. Ailleurs la religion védique est ritualiste, parfois hautement spéculative ; avec Varuna elle descend dans les profondeurs de la conscience et réalise la notion de la sainteté.
On a prétendu, parfois que Varuna est dans les Hymnes un dieu en décadence^. Nous ne saurions partager, cette manière de voir. Qu'à l'époque où ces vieux chants ont été réunis, sa place dans le culte était fort restreinte, cela ressort déjà du petit nombre d'hymnes à Varuna cotfservés dans la collection. Mais, outre que la fréquence des invocations n'est pas toujours la mesure exacte de l'importance d'un dieu, il suffît de se reporter à ces quelques hymnes pour se convaincre que, dans la conscience de leurs auteurs, la divinité de Varuna était intacte. Nulle part ailleurs le sentiment de la majesté divine et de l'absolue dépendance de la créature n'est exprimé avec la môme force, et il faut aller jusqu'aux Psaumes pour trouver de pareils accents d'adoration et de supplication. Il y a d'ailleurs deux hymnes 3 dans lesquels est établi un parallèle formel entre Varuna et le dieu qui doit l'avoir détrôné, Indra, et, dans l'un et dans l'autre morceau, c'est à Varuna somme toute que demeure la suprême majesté. Il est un troisième hymne*, il est vrai, où les choses paraissent se présenter autrement. Agni y déclare qu'il quitte le service de Varuna pour celui d'Indra, le seul vrai maître et seigneur, et on a voulu voir là un témoignage authentique de la substitution du culte d'Indra au culte de Varuna. Ce serait là un morceau bien étrange, s'il contenait en effet un chapitre d'histoire religieuse, d'autant plus étrange qu'il parait être extrêmementancien.Maiscen'estpas une page d'histoire qu'il y faut chercher, c'est une page de mythologie. L(B ciel n'est pas toujours clément, et il fut un temps où Varuna n'était pas uniquement juste et bon, où, à côté de mythes se rapportant à sa nature divine, il y en avait d'autres exprimant sa nature démoniaque. Dans ceux-ci le ciel ou Varuna était vaincu. Le sentiment religieux à beaucoup d'égards si élevé qui se fait jour dans les Hymnes, a écarté la plupart de ces mythes-là, ainsi que beaucoup d'autres qui le choquaient ; mais il ne les a pas écartés tous, il n'a surtout pas pu faire qu'ils n'aient survécu en quelque sorte à l'état latent. Dans le morceau en question, qui est un de ceux qui ont passé en dépit de la consigne, Varuna est, non pas un dieu qui s'en va, mais un dieu méchant, et c'est là un côté ^e sa nature dont on se souvient encore fort bien dans les Brâhmanas. Varuna est le premier d'un groupe de divinités à noms abstraits,.
1. RV. I, 25, 1-2; II, 28, 5-9; V, 85, 7-8; VII, 86; 87, 7; 88, 6; 89.
2. Voir les opinions réunies ap. J. Muir, Original Sanskrit Texts, t. V,. p. 116, cf. Hillebrandt, Varuna utid Mitra^ p. 107.