‹ Les religions de l'IndeChapitre 15 sur 109 · IV,42; VII · texte numérisé non relu

IV,42; VII

RELIGIONS VEDIQUES 15

Mitra TArai, Aryaman le Fidèle, Blioga le Libéral, Daksha le Fort, Ança le Répartiteur, qui ne sont qu'un dédoublement et en quelque sorte le reflet de soi> propre être. Ils n'ont pas d'existence bien distincte et, à une exception près en faveur de Mitra î, ils ne sont jamais invoqués seuls. On remarque déjà chez eux une certaine tendance au rôle de divinités solaires, particulièrement chez Mitra, le plus éminent d'entre eux etqui^ de même que son frère le Mithra des livres zends, est devenu plus tard directement le Soleil. Aussi Savitri, lin dieu décidément solaire, leur est-il souvent associé et, dans un mythe certainement ancien, le soleil est leur frère, né d'un œuf avorté que leur mère rejette et envoie rouler dans l'espace^. Cette mère est Aditi^ l'Immensité^, d'où leur nom d'Aditya ou fils d'Aditi, appliqué parfois aussi à Indra et à Agni^. Quand les Hymnes essaient de définir Aditi, ils se consument en laborieux efforts et se perdent dans le vague. En elle semble avoir trouvé une de ses premières expressions la notion confuse et grandissante d'une sorte de matrice eomniune, de mbstratum de tous les êtres: dans un passage elle est « ce qui est né et ce qui naîtra^ ». — Dans un autre ordre d'idées un rôle tout semblable est parfois dévolu aux Eaux, qui ne sont pas seulement les diverses manifestations de l'élément liiquide, sources, rivières, pluies, nuées, libations, mais qui sont conçues aussi comme le milieu primordial au sein duquel s'est formé tout ce qui existe^.

Des dieux Adytias aux dieux solaires, le passage, comme on vient de voir, est insensible^ De ceux-ci les plus importants sont : Sûrya, le Soleil conçu directement comme un être divin ; il surveille les hommes et dénonce leurs fautes à Mitra et à Varuna ^ ; Savitri, le Vivificateur, qui, soir et matin, élevarft ses longs bras d'or, éveille les êtres et les replonge dans le sommeil 8; Vishnu, TActif, qui fera plus tard une si grande fortune, le camarade d'Indra, le marcheur aux grandes enjambées, qui, en trois pas, parcourt les espaces célestes^. Pûshan, le Nourricier, qui, de son aiguillon d'or, dirige le tracé du sillon,- le bon pasteur qui ne perd pas une tête de son bétail. Il connaît tous les chemins, qu'il parcourt sans cesse sur son char attelé de boucs; il est le guide des hommes et des troupeaux dans leurs pérégrinations; il est aussi celui des trépassés sur les routes qui mènent au séjour des heureux*<>. Il est inutile* d'insister sur les caractères de clairvoyance, de sagesse, de puissance ordonnatrice naturellement

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