‹ Les religions de l'IndeChapitre 20 sur 109 · Avec une légère variante, V, 3, 1. > r · texte numérisé non relu

Avec une légère variante, V, 3, 1. > r

du divin ne se trouve pas à un égal degré chez tous les poètes védiques ; po\ir plusieurs, tout revient à dire à leurs dieux :« Voici du beurre, donnez-nous des vaches. » Mais elle existe chez beaucoup d'entre eux, et quelques-uns ont su l'exprimer en un langage admirable.

Dans ces conditions, le mythe n'est plus qu'un élément secondaire, le simple support d'une réalité plus haute. Il tend à redevenir ce qu'il était à l'origine, un pur symbole. Ses traits les plus précis s'émoussent ou ne persistent plus que dans des allusions isolées, dans des locutions toutes faites. Sous une forme développée et concrète il devient embarrassant, soit qu'il offre des dieux une conception qui paraît mesquine, matérielle ou même odieuse, soit que simplement il les représente sous un aspect trop humain, trop épique et en quelque sorte trop rapproché pour la conscience religieuse devenue plus exigeante. Les auteurs des Hymnes ont ainsi écarté ou du moins laissé dans l'ombre une grande quantité de légendes qui existaient bien avant eux, celles par exemple qui se rapportaient à l'identification de Somaavec la lune^ ce qu'on se racontait des familles divines, de la naissance d'Indra, de son parricide 2, etc. On ferait ainsi une longue liste de ce qu'on pourrait appeler les réticences du Vêda. Sous ce rapport, il est particulièrement intéressant de voir comment ils ont traité les mythes qui relatent l'hymen multiple qui fait le fond de toutes les mythologies, l'union d'un dieu mâle et d'un être femelle conçue presque toujours comme irrégulière, très souvent comme incestueuse. Cette union est également au fond d'une infinité de représentations du Vêda. Tous ces dieux sont des engendreurs, des mâles, des taureaux ; ils sont les amants des Eaux, des MèreSy des Gnâs (genetrices), de VApsaras l'Ondine, de VApyd Yoshî la Femme des eaux, capricieuse et lascive, et ils sont à la fois leurs fils et leurs époux. 11 serait cependant difficile de tirer des Hymnes un chapitre intitulé les Amours des dieux. A bien peu d'exceptions près, tout s'y réduit à des indications rapides, à des traits isolés, à de purs symboles. A part l'Aurore, les déesses n'y ont qu'une physionomie effacée, et les dieux les plus' en évidence y sont à peine effleurés par ces histoires. Une seule fois, Indrâni, la femme d'Indra, est la Vénus impudique 3; une seule fois il est fait mention des rapports de Varuna avec l'Apsaras*, dont il est pourtant, par son origine, le véritable amant. En cette qualité, il a cédé la place au Gandharva, être purement mythique s. Il y a là certainement un trait de délicatesse morale qu'il serait injuste de ne pas reconnaître : dans le dialogue de Yama et de sa sœur Yamî^, par exemple,

1. Le mythe qui place Tambroisie dans la lune paraît être indo-européen. Soma est identifié avec la Lune, X, 85, 2-5.

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