‹ Les religions de l'IndeChapitre 38 sur 109 · Taitt. Samh. VI · texte numérisé non relu

Taitt. Samh. VI

4. Cf. la légende de Mâthava Videgha traduite du Çatap. Br. par M. A. Weber, ap. Ind. Studien, t. I, p. 170 ss. ; Ait Br. II, 19.

part, « consacrée par la parole sainte, la terre entière est un autel*. « Il y a donc un certain caractère d'universalité qu'il importe de ne pas naéconnaître dans cette religion à d'autres égards si odieusement étroite. Elle n'est ni locale, ni même nationale au sens où l'ont été certaines religions helléniques et italiques. Aussi,' bien que ses tendances soient tout le contraire du prosélytisme, bien que, en principe, elle regarde comme impur et qu'elle repousse de ses mystères, à l'égal de l'esclave, le mleccha, l'allophone, le barbare, elle n'en fera pas moins son chemin parmi ces races maudites. En réalité, elle est la propriété des brahmanes, et partout où le brahmane mettra les pieds, soit comme anachorète, soit comme l'auxiliaire et le protégé de princes de sa race, soit comme simple colon, jamais comme missionnaire, elle pénétrera à sa suite. Elle s'établira peu à peu le long des côtes et sur le plateau du Dékhan, avec ses livres sacrés peu et mal compris mais pieusement conservés, et l'appareil imposant de ses prescriptions en apparence si rigoureuses et si flexibles en réalité. Le temps ainsi viendra où le Vêda sera plus récité et plus commenté en pays tamoul, sur les bords de la Kâverî, que sur ceux du Gange. Il sera même porté plus loin, jusque dans les mers de la Sonde, à Java, particulièrement à Bali, où il existe encore, dit-on, en une rédaction probablement altérée ^ et dont l'étude ne manquera pas de fournir un jour de curieuses révélations.

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