Celles des Mâdhyandinas et des Kânvas (publiées
5. Les deux derniers- livres de TAitarêya Aranyaka par exemple, sont attribués par la tradition à Gaunaka et à son disciple Açvalâyana ; Golebrooke,
térature védique devra être reporté au delà et réparti, en une succession impossible à déterminer d'une manière précise, sur une durée dont le premier terme nous échappe absolument. D'une façon générale, il faut admettre sans doute que les mantras sont plus vieux que les prescriptions qui en règlent l'usage ; mais il faut admettre aussi que toute la masse de ces livres s'est accrue plus ou moins simultanément et se représenter chacun d'eux, dans sa rédaction actuelle, comme le dernier terme d'une longue progression dont l'époque initiale aura été .sensiblement la même pour tous. Une exception devra être faite cependant pour la très grande majorité des hymnes du Rig-Vêda. Cette Samhitâ se compose, en effet, de plusieurs collections distinctes provenant parfois de familles rivales et ayant appartenu à des clans souvent hostiles les uns aux autres. Or, dans la liturgie qui nous est présentée dans les parties les plus anciennes des autres livres, non seulement ces différences d'origine se sont effacées, non seulement on y puise indistinctement dans la mas$e des Hymnes, mais on le fait §ans égard pour l'intégrité des anciennes prières, prenant un vers de ci, un tercet de là, et formant ainsi de toutes pièces .des invocations d'un caractère nouveau. La liturgie de ces livres n'est donc plus la même que celle qui est représentée par les Hymnes, et le passage de l'une à l'autre a dû exiger un intervalle de tçmps. assez long. D'une façon générale, on peut dire que ces livres supposent non seulement l'existence des chants du Rig-Vêda, mais celle d'un recueil de ces chants plus ou moins semblable à celui qui nous est parvenu.
On a essayé d'évaluer la durée nécessaire à la formation graduelle de cette littérature, et on a proposé le onzième siècle avant notre ère comme limite inférieure de l'époque à laquelle a dû fleurir cette poésie des Hymnes*: En tenant compte de toutes les circonstances, nous estimons que ce terme est encore trop rapproché et que la moyenne des chants du Rig-Vêda doit être reportée bien au delà. Contrairement à une opinion souvent émise, nous croyons aussi que bon nombre d'hymnes de l'Atharva-Vêda ne sont pas beaucoup plus jeunes?. Quelques formules du Yajur-Vêda sont probablement tout aussi anciennes. Quant aux autres textes liturgiques, quand ils ne
Miscellaneous Essays, t. 'I, p. 42 et 333, éd. Cowell; Max Mûller, Ancient Sanskrit Literaiure, p. 235-239. Yâjnavalkya, qui dans le Gatapatha Br. appartient déjà au passé, n'est guère plus ancien, cf. Westergaard, Ueber den àltesten Zeitraum der Indischen Geschichte, p. 77. Dans le roi Ajâtaçatru de Brihadâranyaka-Up, II, 1 et de Kaushîtaki-Up , IV, 1, on a cru reconnaître le prince de ce nom contemporain du Buddha : Burnouf, Lotus de la Bonne Loi, p. 485; cf, cependant, Kern, Over de Jaartelling der zuidelijkeBuddhisten^ p. 119. Plusieurs des petits Brâhmanas du Sâma-Vêda, TAdbhutabrâhmana du Shadvinça, une grande partie du Taittirîya âranyaka sont probablement bien plus modernes encore.
1. Max Mûller, Ancient Sanskrit Li^erature, p. 572. cf. A. Weber, Indische Literaturgeschiclite, p. 2, 2« éd.
2. L'existence d'une collection du genre de notre Atharva-Vêda est impliquée dans des formules telles que Taittir, Samh, VII, 5, 11,2, et probablement aussi dans Rig-V. X; 90, 9. *
sont pas empruntés aux Hymnes, ils appartiennent à un âge plus récent, ils forment avec les Brâhmanas la deuxième couche de la littérature védique. • . .
Voici maintenant, dans ses traits principaux, la religion qui nous est transmise dans les Hymnes*. La nature entière est divine. Tout ce qui impressionne par sa grandeur, ou est . supposé capable de nuire ou d'être utile, peut devenir un objet direct d'adoration. Les montagnes, les fleuves,, les sources, les arbres, les plantes sont invoqués comme autant de puissances 2. Les animaux qui entourent l'homme, le.cjieval qui le traîne au combat, la vache qui le nourrit, le chien qui garde sa demeure, l'oiseau* dont le cri lui révèle l'avenir, ceux, en plus grand nombre, qui menacent son existence, reçoivent un culte d'hommages ou de dépfécations^. Dans l'appareil qui sert aux sacrifices, quelques pièces sont plus que des objets consacrés, ce sont des divinités*; et le char de guerre, les armes offensives et défensives, la charrue, le sillon qui vient d'être tracé, sont l'objet non seulement de bénédictions, mais de prières^. Dès le berceau, l'IndQ' est foncièrement panthéiste. Cependant, ce n'est ni l'adoration directe des objets, même des plus grands, ni celle des personnifications par trop transparentes des phénomènes de la nature qui dominent dans les Hymnes. Ainsi, l'Aurore est certainement une grande déesse : ses chantres n'ont pas de couleurs assez hrillahtes, ni de paroles assez émues pour salueç cette fille du Ciel, révélatrice et dispensatrice de tous les biens, qui amène les jours aux mortels et lès leur prolonge. On célèbre et on implore ses bienfaits,
1. Cf. J. Muir, Original sanskrit teœts, t. IV, 2« éd. 1873, et t. V, ISW. Nous renvoyons une fois pour toutes à cet exposé, le plus complet et le plus sûr que nous ayons des religions védiqpes. — Max Mùller, Ancient Sanskrit LiterMure^ p. 525 ss. Le même. Lectures on the origin àndgrawth of religion as Ulmtràted hy the religions of India^ ^^^% P* 1^^ ^^-^ ^^^ ^^-t ^^^ ^^- — A. Ludwig, Die phitosophischen und religiôsen Anschauungen des Veda in ihrer
'Entwicklung^ 1875. Le même, Die Mantralitteratur und das Alte Indien (t. III de sa traduction du Rig-Vêda) 1878, p. 257-415. — M. A. Bergaigne soumet les conceptions mythiques et religieuses du Rig-Vêda à une pénétrante analyse dans un ouvrage en cours de publication : La Religion védique d'après les Hymnes du Rig-Veda^ t. I (Bibliothèque de l'Ecole des Hautes Etudes, fascic. XXXVI), '1878.
2. RV. VII, 35, 8; VIII, 54, 4; X, 35, 2; 64, 8. II, 41, 16-18; III, 33; VII, 47 ; 95; 96; VIII, 74, 15; X, 64, 9; 75; VII, 49; I, 90, 8; VII, 34, 23-25; VI, 49, 14; X, 17, 14; 97; 145. '
3. RV. I, 162; 163; IV, 38; 1, 164, 26-28 ; III, 53, 14; IV, 57, 4; VI, 28:
VIII, 101, 15; X, 19; 169; AthV. X, 10; XII, 4; 5; RV. VII, 55; II, 42; 43; X, 165 ; I, 116, 16; 191, 6; VII, 404, 17-22.; Ath.V. Vill, 8, 15; 10, 29;