‹ Les religions de l'IndeChapitre 6 sur 109 · RV. III, 53, 17-20 ; VI, 47, 26-31 ; VI, 75; IV · texte numérisé non relu

RV. III, 53, 17-20 ; VI, 47, 26-31 ; VI, 75; IV

mais sa part dans le culte est relativement petite, et ce n'est pas à elle que vont les offrandes. Il faut en dire presque autant du Ciel et de la Terre, bien qu'on révère encore en eux le couple primordial qui a engendré les dieux. Dans le culte, ils s'effacent devant des dieux plus personnels ; dans la spéculation, ils sont remplacés peu à peu par des conceptions plus abstraites ou par des symboles plus enveloppés. Des étoiles, il est à peine question. La lune n'a qu'un rôle subordonné*. Le soleil lui-môme, si prépondérant dans lé mythe, ne l'est plus au même degré dans la conscience religieuse, ou du moins on l'adore de préférence en ses doublets d'une personnalité plus complexe et d'une signification plus voilée. Les deux seules divinités de premier ordre qui aient conservé franchement leur caractère physique, Sont Agni et Soma. Ici, les objets visibles .et tangibles étaient trop rapprochés, trop saints surtout, -pdur s'effacer plus ou moins derrière dès personnifications. On n'en arriva pas moins par d'autres voies à atténuer ce qu'auraient eu dé trop cru un dieu flamme ou un dieu breuvage ; on les entoura d'un symbolisme subtil et compliqué, on les pénétra pour ainsi dire de toutes les énergies mystiques du Sacrifice, on étendit leur empire bien au delà du monde sensible et on les conçut comme des agents cosmiques, des principes universels.

Ai^ni, en effet, n'est pas seulement le feu terrestre et le feu de réclair et du soleil 2; sa véritable patrie est le ciel invisible, mystique, séjour de l'éternelle lumière et des premiers principes de toutes choses 3. Ses naissances sont infinies, soit que, germe impérissable et renaissant sans cesse de lui-même, il jaillisse chaque jour sur l'autel d'un morceau de bois d'où on l'extrait par friction (l'arani), et dans lecjuel il dort comme l'embryon dans la matrice*, soit que, « Fils des Ondes, » il s'élance avec le bruit du tonnerre du sein des Rivières célestes où l'ont découvert les Bhrigus (personnifications de l'éclair), où les Açvins l'ont engendré avec des aranis d'or*. En réalité, il est toujours et partout le même, depuis les jours antiques où, l'aîné des dieux, il naquit dans sa plus haute demeure, au sein des Eaux primordiales et que naquirent avec lui les premiers rites et le premier sacrifice^. Car de naissance il est pontife, au ciel comme sur terre^, et il officia dans la demeure de Vivasvat^ (le ciel ou le soleil), bien avant que Mâtariçvan (un autre symbole de l'éclair) l'eût apporté aux mortels^^ et que Atharvan et les Angiras, les anciens sacrificateurs, l'eussent institua ici-bas comme le protecteur, l'hôte et l'ami des

1. RV. I, 24, 10; 105, 1, 10 ; X, 64, 3; 85, 1-5, 9, 13, 18, 19, 40.

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