‹ Les religions de l'IndeChapitre 7 sur 109 · III,9, 5;.YI · texte numérisé non relu

III,9, 5;.YI

hommes*. Les légendes postérieures, dans lesquelles la naissance de réclair ou la première génération du feu sacré sont représentées directement comme un sacrifice, ne sont à cet égard que le développement légitime de ces vieilles conceptions. Maître et générateur du sacrifice, Agni devient le porteur de toutes les spéculations mystiques dont le sacrifice est l'objet. Il engendre les dieux, il organise le monde, il produit et conserve la vie universelle ; en un mot, il est puissancecosmogonique"^. En même temps, l'observation sans doute aidant, il est une sorte d'anima mundi, de principe subtil répandu par toute la nature ; c'est lui qui rend fécond le sein des femmes, qui fait naître et croître les plantes et tous les germes de la terre^. Mais, au sein de toutes ces magnificences, il ne cesse pas un instant d'être le feu, la flamme matérielle qui dévore le bois sur l'autel, et, de tant d'hymnes qui le célèbrent, il n'est pas un seul où ce côté de sa nature soit mis en oubli.

Soma est à cet égard l'exact pendant d'Agni. Au propre, c'est un breuvage fermenté, extrait de la tige macérée et pressurée d'une plante; c'est aussi la plante elle-même. Le breuvage est enivrant^ et on le verse en libation aux dieux, surtout à Indra, dont il exalte les forces dans le combat que ce dieu soutient contre les démons. Mais ce n'est pas seulement sur terre que coule le soma: il s'épanche partout où. se célèbre le sacrifice. C'est dire que, comme Agni,, il a, outre ses existences 'terrestre et atmosphérique, une existence mystique. Comme lui, il a beaucoup de demeures^, mais sa résidence suprême est dans les profondeurs du troisième ciel, où Sûryâ, la fille du Soleil, l'a filtré, où les femmes de Trita, un doublet ou du moins unirès proche parent d'Agni, l'ont broyé sous la pierre, où Ta trouvé Pûshan, le dieu nourricijcr^. C'est de là que le Faucon,, un symbole de l'ëclair, ou Agni lui-même ont été le ravir à l'archer céleste, au Gandharva, son gardien, et l'ont apporté aux hommes 7. Les dieux l'ont bu et sont devenus immortels ; les hommes le deviendront à leur tour quand ils le boiront chez Yama, dans le séjour des heureux^. En attendant, il leur donne ici-bas la vigueur et la plénitude des jours; il est l'ambroisie ef l'eau de jouvence. C'est lui qui

1. RV. 1,83, 4-5; 71,2-3; VI, 15, 17; 16, 13; X,92, 10; VII, 5, 6; If, 1. 9; 2, 3, 8; 4, 3-4; X, 7, 3; 91, 1-2. Il est appelé lui-même le premier des Angiras.

2. V, 3, 1; X, 8. 4; I, 69, 1 ; cf. Tailt. Samh. I, 5, 10, 2; RV. VI, 7, 7; 8, 3; X, 156,4.

3. 111,3,10; X, 51,3; I, 66, 8; III,26,.9; 27,9; VIII, 44, 16; X, 21,8; 80, J ; 183, 3. Dans TAtharva-Vêda il est identifié" avec Kûma, le Désir, l'Amour; AthV. ill, 21, 4. Dans le rituel il porte les surnoms de Patnîvat, de Kûma, de Putravat : Taitt. Samh. I, 4, 27 ; II, 2, 3, 1 ; II, 2, 4, 4 ; cf. VI, 5, 8, 4.

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