‹ Les religions de l'IndeChapitre 63 sur 109 · IV · texte numérisé non relu

IV

l'Etre suprême dans un individu humain qui esta la fois vraiment dieu et vraiment homme, et cette union intime des deux natures est conçue comme survivant à la mort de l'individu en qui elle s'est réalisée. Bref, c'est un mystère, dans la contemplation duquel les esprits spéculatifs pourront s'abîmer à leur aise, tandis que le vulgaire se contentera d'y troijvçr les satisfactions commodes qu'offrent ï'anthropomorphfgnâ^ çrÇiAêJnele zoomorphisme unis à l'idolâtrie la plus grossière. — *Ûg Ces *Atkt4ras, un seul est fondé sur un mythe originairement •

A : : *: •' f^^'^I'H ^ î^iH^î^î ^^^^^ ^^ brahmane Nain qui reconquit pour les .••.: :• . .• Sîeux*lfeS*ti'o'i5 îliondes usurpés par les Asuras, en se faisant accorder par leur chef l'espace mesuré par trois de ses pas, et qui aussitôt, en ses trois fameuses enjambées, franchit la terre, le ciel et les enfers. Les autres sont d'origine diverse. A côté de légendes védiques, mais qui, dans le Vêda (et ailleurs aussi), sont rapportées à d'autres dieux, notamment à Prajâpati, celles par exemple de la Tortue qui supporte la terre, du Sanglier qui la retire du fond des eaux, du Poisson qui dirige l'arche dans laquelle Manu échappe au déluge*, il y en a d'autres dont le développement appartient plus particulièrement à la poésie épique et aux Upanishâds sectaires, telles que la légende de Nrisinha, de « l'Homme-lion, » forme sous laquelle Vishnu mit en pièces un démon contempteur des dieux, ou celle de Paraçurâma, de « Râma à la Hache, » un terrible brahmane de la race de Bhrigu qui extermina à trok fois sept reprises la race impie des Kshattriyas. Cette théorie fournit ainsi un cadre commode qui servit à rattacher à Vishnu une bonne partie de l'ancienne fable, et dans lequel même on fît rentrer plus tard un grand nombre de figures plus ou moins . historiques. C'est ainsi qu'il s'ouvrit pour le Buddha, en la personne duquel le Seigneur apparut ici-bas pour consommer la ruine des méchants en les séduisant par de fausses doctrines 2. C'est ainsi encore que l'espoir d'une revanche nationale trouva son expression en Kalkin, un vengeur futur qui devait mettre fin à la domination des Mlecchas, des barbares, et que la plupart des Gurus ou des fondateurs de sectes, soit après leur mort, soit même de leur vivant, furent . regardés par les fidèles comme des Avatâras du Très-Haut. Aussi le nombre de ces « Descentes » est -il diversement indiqué ^ : on en compte 10, 12, 22, 24, 28, et de bonne heure on les déclare innom-. brables*. Réduites ainsi en système, ces apparitions sériaires de restaurateurs de la Loi présentent une analogie incontestable avec la succession des divers Buddhas. On les distingue en incarnations complètes, où le dieu est présent tout entier, et en incarnations partielles

i. La légende védique du déluge^ diaprés le Çatapatha-Brâhmana, a été publiée et commentée pour la première fois par M. A. Weber, Ind. Stud. I, p. 161.

2. Agni-Pur. XVI, 1-5; Bhâgavata-Pur. I, 3, 24. Gîtagovinda, I, 13; dans le Vishnu-Pur. III, ch. xvii et xviii, il s'agit peut-être des jainas.

3. Mahâbhârata XIL 341 ; 12941; Bhâgavata-Pur. I, 3, 5-26; Agni-Pur. I-XVI; Gîtagovinda I, 5-17; le nombre officiel est 10.

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