LK TEMOIGNAGE DE L ETHNOGRAPHIE
caprice qui a conduit les arlisles quaternaires à étaler par terre ces figures d'animaux, qui font songer aux images sacrées des Emous, autour desquelles les Arunlas célèbrent Vintichiuma. FA i)our (jue la ressemblance soit plus parfaite encore, voici
Fig. it6-ii8. — Spécimens des galets l'KiNTS DU MAS d'Azil (Ariège). Les bandes sont en couleur rouge. (D'après
l'album de Piette, Les galets coloriés du Mas cfAzil, pi. xiii, n° 4 ; pi. XV, n° 4 ; pi. XII, n° 7, -]"■ et 8, 8").
qu'à Niaux, comme au Tuc-d'Audoubert on distingue, après tant de millénaires, les traces de pas humains, laissées par les
porte au liane deux pointes de tlèches ; un second Bison en porte quatre (ibid., pp. 28-29). A Pindal. un cheval soigneusement gravé, iH.rtp, au défaut de Tépaule, un trait et une sorte de chevron, et en
Paléolithiques qui sont venus s'agenouiller là, pour exécuter leurs rites mystérieux ^'^.
Autre détail.* Les Zufiis, tribu de Peaux-Rouges, très primitive, et qui a conservé tout un fonds d'idées archaïques, choisissent pour confectionner leurs objets sacrés (amulettes, figurines, ■etc.), des concrétions naturelles qui offrent quelque vague ressemblance avec les animaux dont ils se proposent de reproduire les traits *^. Cela, paraît, de prime abord, bien insignifiant. En réalité, cette coutume bizarre ouvre un nouvel horizon sur la valeur religieuse des images murales de l'époque quaternaire. Il est arrivé très fréquemment aux artistes paléolithiques d'utiliser, volontairement, des accidents de la paroi rocheuse pour accuser le relief de leurs peintures. Ici, une brusque saillie destine le garrot et les reins d'un bison. Le corps d'un sanglier épouse une bosse de la paroi *^ Ailleurs, un autre bison semble inachevé : on ne discerne que les jambes et la tête. A regarder -de plus près, on s'aperçoit que la ligne du dos est indiquée par une fissure et un ressaut du roc'*^ Hig. 145, p. 293). Ailleurs,
avant du poitrail, une ligne rouge oblique a qui fait songer à un javelot qui s'y trouverait enfoncé ». (Grottes Caniab., op. cit., p. 72) ; dans la même grotte, un Bison gravé et partiellement peint en rouge, porte une grande flèche au flanc droit (ibid., p. 76) ; pointes de flèche sur le flanc gauche d'un cheval en tracé linéaire rouge, à Caslillo (ibid., p. 132); pointe de flèche sur le flanc droit d'un bœuf gravé (même grotte, ibid., p. 177), etc.. Evidemment, sur ces figures, il n'y a pas trace de cupules : leur absence serait suffisamment expliquée par la position verticale des dessins. Mais il ne paraît pas douteux que la représentation des flèches isolées corresponde au rite que suggèrent les flèches associées aux cupules. Peut-être serait-il permis d'interpréter dans le même sens ces miains stylisées (pectiformes) qui accompagnent certaines peintures polychromes d'Altamira (cf. Altamira, op. cit., planches vu, xvi, xvii), et certaines images de Marsoulas (cf. Anthropologie, t. XVI, p. 33 et suiv.): si en effet la flèche exprime la main-mise de l'homme sur l'animal blessé, la main qui décoche la flèche rend également l'idée de possession (anticipée par les rites magico-religieux).