‹ Les religions de la préhistoire, l'age paleolithiqueChapitre 105 sur 194 · Altamira, op. cit., p · texte numérisé non relu

Altamira, op. cit., p

48. Ces deux exemples isont empruntés à la grotte d'Altamira (planches XIV et xvi). D'autres cas similaires ont été signalés par l'abbé Breuil (cf. planches vu, xxiii, xxv, xxvi, xxvii, xxviii). Tous ces dessins appartiennent à la période des polychromes.

49. Grotte de Castillo (p. 154, fig. 145 et planches i.xxxv et lxxxvi). Dans la même grotte, un pendentif calcaire simule assez bien le mufle d'une tête d'herbivore de profil ; la ressemblance aperçue par l'artiste paléo-

LE TÉMOIGNAGE DE l'eTHNOGRAPIIIE 235

deux lignes barbelées intriguent l'observateur. Elles surmontent une cavité grande comme la tète d'un animal vu de face. On s'approche et tout s'explique. Les deux lignes barbelées sont les ramures d'un cerf ; pour l'artiste, la cavité figurait vraiment la tête de l'animal et l'adjonction des ramures a complété l'image '" Ailleurs, les rugosités de la pierre ont fourni les yeux d'un cheval. Plus loin, deux pendentifs stalagmitiques simulaient assez bien les pattes d'un animal, tandis que, entre les deux, un relief naturel horizontal donnait l'impression d'un corps : à l'aide de quelques traits noirs, cet ensemble s'est changé en un cheval ^' (fig. 146, p. 296).

On peut admirer l'a propos et l'ingéniosité du peintre. La coutume du Zuni, qui cherche dans les jeux de la nature l'image de son fétiche, nous autorise à pousser plus avant. Ce n'est point pour faire preuve de virtuosité que l'artiste quaternaire s'applique à utiliser les trous, les bosses ou les fissures des rochers. A ses yeux, l'animal jouit, à l'intérieur des grottes, d'une sorte de préexistence mystérieuse. Il manifeste sa présence par de vagues contours que quelques coups de pinceau, habilement distribués, achèvent de révéler. Ici encore l'art est au service de la religion °^.

lithique, a été accentuée par l'adjonction d'un œil et d'une narine tracés en noir, (ibid., p. 150).

50. Grotte de Niaux (Aathropologie, t. XIX, p. 29). D'autres exemples appartenant à la même caverne sont signalés, ibid., pp. 28, 35.

51. Exemples empruntés à la caverne de Font-de-Gaume (op. cit.. p. 107 et suiv.). La liste de ces cas d'utilisation d'accidents rocheux pourrait être allongée indéfiniment. Signalons encore, à cause de son antiquité, le cas de Covalanas (Gr. cantab. op. cit., p. 20) : le dos et l'arrière-train d'un Bœuf (trait rouge, baveux et ponctué, 2" phase), sont formés par un rebord de rocher : « l'accident rocheux a été vu par l'œil de l'artiste, et, une fois discerné, habilement complété : la saillie rocheuse se prêtait à représenter un Bœuf, avec son dos renflé, ses hanches anguleuses, et c'est cet animal qui a été fait ». Voir aussi plusieurs cas relevés à Marsouins (Anthropologie, t. XVI, pp. 435-436).

52. En dehors des Zunis, on trouve un usage qui, à notre estime, met en bon relief le caractère sacré que les primitifs attribuent aux cavernes et par suite, la signification religieuse de l'art pariétal et des Bisons du Tue d'Audoubert. Il .s'agit des Indiens Cora. L'Indien a souhaite-t-il d'augmenter le rendement de son bétail ou de ses troupeaux, il fabrique alors en argile ou en cire une image de l'animal désiré et la dépose dans une caverne au sein des montagnes, persuadé que cellesc'\ <nr)\ détenfrires fie toutes les richesses, y compris les bœufs, les

Signalons en terminant, un dernier rapprochement. Nous savons que l'image de la main apparaît très souvent sur les parois des cavernes ^". Elle est représentée tantôt au naturel et tantôt sous une forme stylisée. Plusieurs polychromes d'Altamira sont en rapport incontestable avec des mains de ce second type ^^. Or partout, chez les peuples primitifs, les mains figures ont une signification religieuse qui se comunique aux autres images en contact avec elles : Cette simple observation prou-

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Fig. 119-121. — Churinga australiens que l'on rapproche des galets peints du Mas d'Azil. Les n*"^ 2-3, 4 5 présentent la face et le revers de la même pièce. (D'après Spencer et Gillen, Northern tribes, p. 725).

verait à elle seule que les peintures quaternaires ont été exécutées sous l'influence d'idées religieuses.

Ainsi l'Ethnographie confirme les inductions de l'Archéologie. Les deux pôles de l'histoire humaine se raccordent. Le présent et le passé s'unissent pour aboutir à la même conclusion. L'art

moutons et le reste ; en foi de quoi, pour chaque bête souhaitée, ou vache, ou biche, ou chien, ou poule, l'Indien devra faire le sacrifice d'une image correspondante » (Cité par J. G. Frazer, Origines magiques de la Royauté, trad. P. -H. Loysois (Paris, 1920), pp. 39-40. La source originale est C. Lumholz, Unknown Mexico, Londres, 1913, pp. 485 et suiv.).

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