‹ Les religions de la préhistoire, l'age paleolithiqueChapitre 12 sur 194 · Cf. Id. ibid., t. XXVI. pp · texte numérisé non relu

Cf. Id. ibid., t. XXVI. pp

43. L'âge de celte mâchoire a été fort discuté et demeure incertain. Tout ce qu'on en peut dire, c'est qu'elle appartient à un paléolithique très ancien. L'opinion de Schoiensack fDer Unlerkiefer des « Homo fleidelbergensis » aus den Sandcn von Mauer hei Heidelberg. Leipzig, 1908), qui l'assigne au pliocène ( « âge pliocène incontestable » ) n'a pas été suivie. Sauer (Exkursion in die Mauer Sande. Heidelberg, 1909), tient pour le début du quaternaire. Paul Sarasin 'Uber die Fehlerqueîlen m dcr Beurlheiling der Eolithen. Bâle 1911) reporte la date au milieu du quaternaire. Enfin M. H. Orermaier (Der Mensch

LJ.» KACKS OUATEIJNAIHKS

Au Paléolithique moyen nous devenons un peu plus riches : Neuf squ(3k'ltes entiers : deux de Spy, près Namur (188G), un de la ('hapel!e-au\-Saints, Corrèze (1908), un du Mouslier, Dordogne (1908), quatre de la Ferrassie, Dordogne (1909), un de la Onina, Charente (1911) ; — plusieurs fragments d'un squelette découvert à Clichy, Paris (1808) : voûte du crâne, un fi'niur, un tihia, un péroné ; — deux crAnes plus ou moins complets : Marcilly, Eure (1883), et Bréchamp, Eure-et-Loir (1892) ; — cinq mâchoires : Malarnaud, Ariège (1888), Isturitz, Basses-

Fig. i6.— Industrie chelléenne. Coup-de poing amygdaloïde de Chei.les. (D'après Piette, V Art pendant Vâge du Renne, p. 37.)

Pyrénées (1895), pièce disparue dont on ne possède que la photographie, et les trois mâchoires du Petit-Puymoyen, Charente (1907) ; — fragments divers de la caverne de Schipka, Moravie (1882 et su/:j;J.

Avec le Paléolithique supérieur, les documents se multiplient : L'époque nuriqnacienne nous a légué, jusqu'à ce jour: les cinq squelettes de Cro-Magnon, Dordogne, dont un seul, celui

(1er Vorzeif, Berlin, Munich, Vienne, 1912) propose, comme vraisemblable, rinterglaciaire Mindeï-Riss'. Cette détermination aurait pour résultat, de vieillir à nouveau l'homme préhistorique en Europe. Mais la preuve n'est pas faite, et M. Obermaier ne propose pas son opinion comme irréfvocable.

36 l'habitat et les races

d'un vieillard, a pu être sauvé (1868)^^ ; les quatorze squelettes des Grottes de Grimaldi. près Menton (1872 à 1902) *^ ; le squelette de Brûnn, Moravie (1891) ^® ; le squelette d'ipswich, Angleterre (1911) ^^ dont la date est douteuse ; — le crâne de Combe- Capelle-Montferrand, Dordogne (1909) ^^

Au Solutréen on a recueilli : quatorze squelettes, avec les débris de six autres, découverts à Predmost, Moravie (1882-

44. L. Lartet, Une sépulture des troglodytes du Périgord, dans Bulletin de la Société d'Anthropologie de Paris, 2« série, t. TU, 1868 ; — Broca, Sur les crânes et ossements des Eyzies, ibid. 2" série, t. Ill, 1869 ; — A. DE QuATREFAGES et E. T. Hamy, Crania ethnica, Paris, 1882.

45. Emile Rivière, De l'Antiquité de VHomme dans les Alpes-Mari'' limes, Paris, 1887 ; — Les Grottes de Grimaldi (Baoussé-Roussé), t. U, fasc. I, Anthropologie, par le d' René Verneau, Monaco, 1906.

46. Mitthéilungen^ de Vienne, t. XXII, 1892 — L'attributian de ce squelette (sépulture) à l'époque aurignacienne est hypothétique. D'après le D"" Hervé, (Revue de VEcole d'Anthropologie, Paris, 1893, pp. 20-24), le crâne indiquerait un Cro-Magnon resté néanderthaloïde par sa région antérieure. D'autre part, le mode d'ensevelissement rapproche l'homme de Brûnn des hommes de Grimaldi. Enfin, à proximité des ossements, on a découvert une petite figurine d'homme, en ivoire, comme le sont les figurines de Brassempouy. Cet ensemble d'indices pourrait suggér<©r la date aurignacienne que nous adoptons ici.

47. Découverte annoncée dans le Tim'es du 1^'" février 1912. Son auteur, M. Reid Moir, affirmait que le squelette gisait dans une couche sableuse sous-jacente au boulder-clay de la principale extension glaciaire en Angleterre. C'était attribuer à l'homme une antiquité singulièrement reculée. Depuis, M. Reid Moir a reconnu son erreur. Dans un article de Nature (12 octobre 1916), il déclare que « de nouvelles investigations lui ont montré que le gisement doit être considéré comme un vieux sol aurignacien et que le squelette humain a dû être enterré dans ce vieux sol. La masse de terrain, qui surmontait le squelette et qu'on avait considéré comme du boulder-clay en place, n'est en réalité qu'un terrain remanié ». (Cf. Anthropologie, t. XXVIII, p. 188). M. Boule, (La paléontologie humaine en Angleterre, Anthropologie, t. XXVI, pp. 37-38), avait proposé d'écarter « complètement », « de la collection des documents authentiques, ayant un état-civil en règle », le squelette d'ipswich. Plus tard (ibid., t. XXVTII, p. 189), il ne paraît nullement convaincu de l'âge aurignacien de ce document paléontologique qui « est peut-être plus récent encore ». Nous le mentionnons donc ici sous toute réserve.

48. Découvert par Hauser, dont l'autorité et même la probité scientifiques ont été l'objet de fortes suspicions. Voir néanmoins, au sujet de ce squelette. Anthropologie, t. XXI, pp. 350-351 ; t. XXII, pp. 51-55 ; t. XXIII, p. 223 ; ibid., pp. 703-705.

LKS RACES QUATERNAIRES

1894)*' ; le squelette de Laugerie-Haute dont la découverte fut simplement annoncée en 19()7 ^" ; — - une mâchoire, trouvée par Piette dans les fouilles de Gourdan, Haute-Garonne et dont l'abbé Breuil a fixé la date la plus probable **.

Fig. 17. — Industrie acheuléenne. Instrument amygdaloïde lancéolé de Saint-Acheul. (D'après PiETTEi th'd., p. 41.)

Enfin, du magdalénien, nous avons : trois squelettes : Raymonden, Dordogne (1888)", Laugerie-Basse, Dordogne (1872)", les Hoteaux, Ain (1894) =* ; — plus un certain nombre de frag-

49. Cf. Bibliographie dans Obermaier, Restes humains quaternaires, art. cit.. Anthropologie, t. XVI, p. 393. bO. Cf. Anthropologie, t. XVIII, p. 234.

51. Cf. Breuil, Revue des Sciences philosophiques et théolcgiques, art. cit., p. 719. et note 4 de la iiiérrie page.

52. Michel Hardy, La station quaternaire de Raymondcn à Chancelade (Dordogne) et la sépulture d'un chasseur de Rennes, p. 45 et suiv. Paris, 1891. — L. Testut, Recherches anthropologiques sur le squelette quaternaire de Chancelade, dans Bulletin 'îe la Société d'Anthropologie de Lyon, t. VIII, 1889.

53. Massénat, Lai.ande et Carthailhac. Découverte d'un squelette humain à Vâge du Renne, à Laugerie-Basse, dans Matériaux pour Vhistoire... de Vhomme, 1872, p. 224.

54. Abbé TouRNiER et Charles Guillon Les hommes, préhistoriques dans l'Ain, Bourg, 1895.

38 l'habitat et les races

menls, plus ou moins importants, exhumés à Freudenthal et au Kesslerloch, en Suisse, à Andernach, en Allemagne et au Gudenushôhle ^^, en Basse-Autriche.

Quant aux crânes de Néanderthal et de Gibraltar, on ne connaît pas la date de leur gisement ^^

Ce simple relevé nous suggère déjà une remarque opportune. Plus nous remontons vers les origines, et plus les pièces se rarifîent. Quelle sera la solidité d'une synthèse évolutionniste qui, parvenue au point le plus critique et le plus délicat de son argumentation, ne dispose que d'un nombre fort restreint de documents authentiques ?

Mais passons. Des innombrables hypothèses que l'étude des hommes fossiles a inspirées., on pouvait naguère dégager une sorte de vue schématique, assez impressionnante, parce quelle semblait satisfaire aux données essentielles du problème.

A part quelques divergences de détail, la morphologie de l'homme pléistocène se ramenait à deux types principaux : le type de Néanderthal ou de Spy, et le type de Cro-Magnon.

Le premier, disait-on, donnait les signes d'une incontestable infériorité intellectuelle. Taille petite, corps massif, absence de saillie mentonnière, mâchoires puissantes, projetées en avant comme un museau, dents volumineuses, nez large et court, arcades sourcilières énormes, front bas et fuyant, faible capacité crânienne (1200 centimètres cubes), membres dont la structure indiquait une attitude verticale à peine affermie : tel était l'aspect presque bestial de cet ancêtre qui avait peuplé l'Europe durant les deux premières phases du Paléolithique {fig. 0, p. 17).

Or, voici que le Paléolithique supérieur révélait un lypc humain bien différent de ce misérable sauvage. L'homme de Cro- Magnon, si l'on excepte sa musculature aussi vigoureuse que celle de son prédécesseur, semblait prendre à rebours tous les caractères somatiques de ce dernier : son front haut et bombé, ses arcades sourcilières normales, son menton bien accusé, son nez saillant et droit, sa capacité crânienne considérable et jusqu'à sa taille qui avait pu atteindre 1 mètre 94, tout dénotait un être supérieurement doué. N'était-il pas logique de supposer que l'on avait affaire à deux espèces dont la plus déshéritée, ou Homo primigenius était aussi la plus vieille, et qui représen-

56. Cf. Obermaier, art. cH., Anthropologie, t. XVII. 56. Absence de .stratigraphie et de fossiles.

f.I.S RACES QUATERNAIRKS

laieiit, l'une après l'aulrc, les étapes d'une évolution manifesle? dUj. 11, page :^1).

La découverte, déjà ancienne, d"u Pithécanthrope de Java ^^ (i801-189'J), apportait à cette théorie un argument de poids.

Fig. i8. — Industrie moustérienne. Pointes recueillies au Moustier. (D'après Piette, t'h'd., p. 44.)

Au dire du D' Dubois, auteur de la trouvaille, cette créature étrange n'était ni tout à fait un homme, ni tout à fait un singe

57. Grâce à la Revue VAnlhropoiogie on peut suivre les étapes de la longue controverse encracrée au sujet du Pithécanthrope de Java. Voiri les principales références: 1. VT, i)p. 65, 60."», 725: t. Vil, pp. 63. 220. 334; t. VIII, pp. 479, 703; t. XT, p. 238; t. XII, pp. 103, 235; t. XV, p. 37'î ; t. XIX. n. 260 ; f. \X, p. 373 : t. XXI [, pp. 4.5. 55.

40 LHAUITAT ET LES RACES

Qig. 12, page 23). Nombre de savants se ralliaient à cette opinion. Le type de Néanderthal avait donc retrouvé son propre ancêtre, la forme intermédiaire, par laquelle la descendance humaine rejoignait les anthropoïdes de l'âge tertiaire, dont l'existence devenait ainsi de plus en plus probable. Telle était, il n'y a pas bien longtemps, l'hypothèse de Schwalbe ^\ C'en est une entre vingt autres. Elle était claire et paraissait solidement appuyée.

Mais pour la rendre seulement vraisenibable, il eût fallu bien des choses. Il eût fallu que la race de Néanderthal fût homogène, et ne présentât point, çà et là, des différences qui ne permettent pas de faire rentrer, sous la description qu'on en donne, tous les exemples qui aspirent à la représenter. Il eût fallu que cette race fût la seule, et ne coexistât point, au même instant de la durée, avec une autre race qui n'avait rien de commun avec elle. Il eût fallu qu'entre le pithécanthrope de Java et son prétendu lignage, aucun intermédiaire gênant ne vînt s'interposer. Il eût fallu que ce même pithécanthrope se tînt à une distance assez respectueuse des premiers hommes connus, pour donner à ceux-ci le temps d'acquérir leurs caractères différentiels et spécifiques. Il eût fallu, enfin, que le filleul de M. Dubois consentît à déclarer son identité. Il ne suffisait pasde dire qu'il avait été un intermédiaire, un agent de liaison : car de l'homme, même le plus déshérité, au singe, même le plus achevé, il y a toute la distance qui sépare un être intelligent d'un animal.

Or, sur toute la ligne, l'hypothèse a cédé.

D'abord, il n'est pas sûr que les individus assignés à la race de Néanderthal offrent toujours des caractères nettement tranchés. Tous les anthropologistes ne s'accordent pas lorsqu'il est question d'assigner un vestige humain à l'une ou l'autre des deux races quaternaires. Et quel étonnement n'éprouve-t-on pas à lire deux affirmations du genre de celle-ci : <( La tête humaine

58. G. Schwalbe, Studien zur Vorgeschichle des Menschen, 1906. — Notons que pour ce savant, Homo primigenius et Homo Sapiens représentent deux espèces distinctes, séparé&s par un intervalle chronologique.

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