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LA PART DE LA MAGIL

davre était mélangée avec la colle qui avait servi à fabriquer l'arme. Aussitôt que le chasseur apercevait un émou, un Kangourou, un coq d'Inde ou quelque autre gibier, il levait son wommera pour le faire voir de l'animal, qui devenait alors ensorcelé et incapable de s'enfuir *^

Chez les Tlinkit, quand un honmie pensait aller chasser la loutre de mer, il se mettait, après im mois de préparation 'jeûnes, abstinences, etc.), en quête d'un aigle, en tuait un, lui

Fig. i8i. — Fresque de l'abri del Queso (Alpera, Espagne orientale). Sur la gauche un personnage gauchement dessiné semble tenir et élever en l'air une petite image très bien faite et qui paraît être celle d'une idole. (D'après Breuil, Anthropologie, t. XXIII, p. 549).

coupait la patte, et y attachait une certaine fleur. Ensuite, il faisait un canot en miniature avec des images de lui-même et peut-être d'autres aussi dedans, et il s'y représentait en train de viser une loutre de mer. Il faisait étreindre le bout du canot par la serre de l'aigle, afin de bien viser et d'atteindre l'animaP\ Cet exemple est des plus caractéristiques. Le canot en

27. Gason, Manners, Cii-sloms... of the tribes Dieri, Auminie, etc., (Journ. 0/ the Anthrop. Instii., WVI, 172). Cf. Lévy-Bruhl, op. cit., p. 270,

28. SwANTON, The Tlingit Indians, (Report of the Bur. of Ethnog., XXVII, p. 447). Cf. LévY-BRUHL, op. cit., p. 276.

miniature est aussi réel, pour le chasseur l'iiiikit, que le grand canot destiné à l'expédition. Mais il a sur ce dernier l'avantage d'être revêtu d'une force magique qu'il doit à l'adjonction de la serre de l'aigle. Et par une réversibilité naturelle, cette force magique sera communiquée à la fois au grand canot et au chasseur.

D'autre part, « il est extrêmement probable que les figures sculptées, insérées dans la poupe de la plupart des canots, dans le détroit de Torrès, avaient une signification magique... tête de l'oiseau frégate, parfois de l'aigle de mer, queue du martinpêcheur... Tous ces animaux sont de grands mangeurs de poisson. De même l'esquisse d'une tête à l'extrémité des harpons servant à chasser le dugong avait certainement un sens magique ^^ » Dans la Colombie britannique, <( presque toutes les massues que j'ai vues, dit M. Boas, représentent le lion de mer, ou la baleine meurtrière, les deux animaux marins dont les Indiens ont le plus peur, et qui tuent les animaux que les Indiens eux-mêmes frappent de leurs massues. Ceux-ci ont donc voulu donner à leurs armes une forme appropriée à leur fonction, et peut-être leur assurer, par le moyen de cette forme, une plus grande efficacité ^^ » De même, chez les habitants de Point-Barrow, M. Murdoch a vu de très vieilles figures de Baleine, utihsées sur les bateaux pour la réussite de la pêche de ce cétacé^\ Les Indiens de la côte ouest, pour assurer le succès de leur chasse, usent d'amulettes, entre autres, de cailloux naturels, rappelant la forme d'un phoque, légèrement complétée d'yeux et de narines gravés''^. Chez les Innuit, divers fétiches d'animaux ont pour mission de surveiller le gibier, de le découvrir de très loin, de l'amener vers le chasseur guidé lui-même par leur influence, et de diriger les traits des armes ^^ Enfin, car on ne peut tout dire, dans plusieurs tribus améri-

29. The Cambridge Expediion to Torres Straits, V, p. 338. Cf. Levy- Bruhl, p. 279.

30. Boas, The N. W. Tribes of Canada, (Reports of îhe British Assoc. for adv. of sciences, 1898, p. 679). Cf. Lévy-Bruhl, p. 279.

31. Murdoch, Ethnolog. résiiUs of the Point-Barrow Exped. Cf. Altamira, p. 151.

32. Balfour, Origine of Décorative Art. Cf. Altamira, pp. 159-160.| Ce cas d'utilisation d'objets naturels, simplement complétés, est à rap^ procher du cas des Zunis {sup. ch. v, p. 234).

33. Nelson, The Eskimos about Behring sirait, pp. 163, 436, 437 et] suiv. Cf. Altamira, p. 153.

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