‹ Les religions de la préhistoire, l'age paleolithiqueChapitre 143 sur 194 · Balfour, op. cit.. Cf. Altamira, p · texte numérisé non relu

Balfour, op. cit.. Cf. Altamira, p

comme le maître et le chef. Notons, toutefois, que l'efficacité magique n'est obtenue que par l'adjonction de certains rites concomitants.

Pour éclaircir, par un exemple, cet aspect du rituel sauvage, je reproduis la description d'un intichiuma australien (|z"g. 239, p. 398). (( Pour multiplier les Emous, les hommes du clan de cet oiseau font des cérémonies extrêmement curieuses. Sur une surface sableuse préalablement nivelée et nettoyée, plusieurs individus, après s'être incisé le bras, épanchent leur sang jusqu'à ce que le sol en soit imprégné ; ensuite, on le laisse sécher et on obtient ainsi une aire d'environ 3 mètres carrés, dure et imperméable sur laquelle on peut peindre. Alors, avec de la terre de pipe, de l'ocre jaune, du charbon de bois mêlé de graisse, on peint, sur le fond rouge de sang, l'image sacrée de l'Emou. Deux grandes taches noires représentent des amas de graisse, dont les indigènes sont très friands ; de petits ronds jaunes signifient des œufs en chapelet dans l'ovaire, d'autres ronds de même couleur, plus ou moins grands, indiquent des œufs prêts à être pondus, ou qui l'ont été ; l'un d'eux, déjà couvé, est censé contenir déjà un poussin ; outre ces détails, des lignes blanches, noires, rouges, figurent les intestins tandis que des points noirs marquent les excréments et des points blancs, les plumes. — Autour de ce dessin les hommes du clan de l'Emou s'accroupissent et chantent en chœur, tandis que le maître des cérémonies leur explique les détails du dessin ^^. » Mais comment cet ensemble de pratiques assure-t-il la multiplication de l'Emou? M. Durkheim suppose que c'est du sang qui a servi à faire l'image a que sont censés partir les principes vivants qui, en animant les embryons de la génération nouvelle, empêcheront l'espèce de disparaître^^ ». Peut-être. Mais à coup sûr, ce pouvoir multiplicateur, l'image le possède elle aussi,

35. Cette description abrégée est empruntée à AUnmira, op. cil., p. 218. Les cérémonies A' intichiuma sont minutieusement décrites par Spencer et Gillen dans leurs ouvrages sur les tribus australiennes. Consulter spécialement : The native Tribes of Central Australia. (Londres, 1899), pp. 169, 170, 179, 184, 185, 186, 189, 199, 202, 428; — Thel northern Tribes of Central Ausîralia, (Londres, 1904), pp. 160, 173, 227, 271, 275, 284, 288, 291, 294, 296, 297, 309, 311, 315-319 (résutaé), 322 ; — The native Tribes of the Northern Territory of Australia (Lon-: dres, 1914), pp. 19, 21, 179, 197, 199.

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