LA PAKT DE LA RELIGION
pèche, il y a ordinairement un prédicateur de poissons, qui a accoutunné de faire un sermon aux poissons... Celui que nous avions s'estimait un des premiers ; aussi faisait-il beau le voir se démener, et de la langue et des mains, quand il prêchait, comme il faisait tous les jours après souper, après avoir imposé silence, et fait ranger un chacun en sa place, couchés de leur long sur le dos... son thème était : que les Hûrons ne brûlent point les os des poissons ; puis il poursuivait avec des affections non pareilles, exhortait les poissons, les conjurait, les invitait et les suppliait de venir, de se laisser prendre et d'avoir bon courage, et de ne rien craindre, puisque c'était pour servir à de leurs amis, qui les honorentet ne brûlent point leurs os "^ ».
Durant la chasse, les mêmes pratiques se poursuivent. Chez les Huichols, pendant la chasse aux cerfs, qui a pour eux une importance capitale, les principaux de la tribu, la femme qui a officié ne doivent pas transgresser la loi du jeûne. Ils suivent les chasseurs dans leurs pensées, prient le feu, le soleil et les autres dieux de leur accorder le succès, qui signifiera le bonheur pour tous. De temps en tenrips quelques jeûneurs se lèvent, et se mettent à prier à haute voix, avec une telle ferveur que les larmes en viennent aux yeux de tous les autres *'^. En Nouvelle-Zélande, quand les pêcheurs arrivent en mer et que tous les hameçons ont été arrangés comme il faut. l'indigène spécialement désigné pour la pêche commence à prier, debout, et les bras étendus''®. En Afrique, les Cafres, tout en chassant un éléphant, le «supplient de ne pas les fouler aux pieds pour les tuer*°.
Et quand la chasse est terminée, les Primitifs ne se croient pas quittes envers leurs victimes. Ils se livrent à des cérémonies d'expiation. Les Aïnos de Yesso, après avoir tué un ours, se prosternent devant lui, puis le coupent en morceaux '^ Les Stiens du Cambodge demandent pardon à l'animal qu'ils viennent de tuer". Lp< Kariak^. qui viennent d'abattre un our< ou
47. Fr. Sagard, récollet. Le grand voyage au pays des Hurons (1632)„ pp. 257-259. Cf. ihid., p. 278.
48. LuMHOLTZ, Unknown Mexico, II, p. 43. Cf. ibid., pp. 272-273.
49. R. Taylor, Te ika a mani, pp. 197-200. Cf. ibid., p. 280-281.