Boule, Anthropologie, t. IV, pp
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uions (J'un Irail pliii? ou moins terme. L'Amérique du Nord .se |)ItUî à une délimilalioii assez probable. Vouloir pivciser davantage serait léinérité. .\ous avons le pre.ssentimenl qu'en ee temps-là, les hommes avaient déjà bien voyagé. D'où venaient -ils? Quel avait été le point de départ de leurs migrations? Laissons, pour l'in.stant ce difficile problème, et constatons (ju'un coup d'a'il jeté à l'extension de la civilisation paléoli- Ihique ne nous apprend rien, absolument rien sur l'objet immé- «lial de nos rt^cherches.
Fig. 241-243. — Silex palestiniens, (i). Hache chellécnne. mont Scopus ; (2-3), grattoirs et burins, Qseimeh (sud de la Palestine). D'après H. Vincent, Canann, pp. 387-389.
Quand bien même aurait-on rattaché aux phases de l'évolution industrielle occidentale les phases parcourues par les peuplades quaternaires du monde entiei*, nous ne «erions pas en mesure d'apprendre si la religion des troglodytes de la Vézèrc ou des Pyrénées cantabriques, des stations belges, moraves ou bavaroises était celle des indigènes de l'Algérie, de la vallée du Nil, des montagnes palestiniennes, ou des tribus campées sur les rives du Mis.sissipi. C'est qu'en elïel, h" matériel archéologique de ces primitifs africains, asiatiques, américains consiste à peu près uniquement en outils de pierre. Nulle part on n'a pu signaler des productions artistiques. Point de sta-
404 EXTENSION DES COUTUMES RELIG. DE l'aGE OUATERN.
luettes, point de gravures, point de peintures pariétales. Un impénétrable mystère enveloppe les idées religieuses de ces hommes qui, en dehors de l'Europe, n'ont pas laissé le moindre indice de leurs croyances et de leurs rites.
Mais peut-être sommes-nous trop prompts à nous décourager. Il existe en effet de très vieilles gravures ou peintures rupestres, disséminées un peu partout à travers le globe et qui n'ont sûrement pas été exécutées par les Primitifs actuels. On en trouve en Algérie, au Soudan, en Egypte sur une étendue totale de 4.500 kilomètres ; en Afrique Australe, en Australie, en Amérique (Jig. 24G à 252, p. 407 et suiv.). Oui sait si ces dessins ne sont pas, tout comme les dessins de nos grottes européennes, l'œuvre des artistes qui se servaient, dans le même temps, des instrumnts paléolithiques recueillis sur les sols environnants ?
Cet espoir nous est interdit. Sans doute les graffites foisonnent sur les rochers du Soudan. Mais d'après l'opinion généralement reçue, ils ne sauraient remonter au delà de l'âge néolithique. Ainsi une gravure de Keragda (( représente un homme tenant à la main une hache de pierre parfaitement caractérisée par son genre de monture et sa forme. C'est une hache néolithique et elle date les croquis d'animaux qui l'accompagnent^*. »
En Egypte, les graffites situés entre Edfou et Silsilis, dans le Wady Hammanat, h ont souvent des ressemblances incon-
28. Altamira, op. cit., pp. 169-171. — Sur les gravures rupestres no(rd-.\fricaines. M. E. F. Gautier a publié, dans Y Anthropologie, une suite d'études monographiques : Gravures rupestres sud-oranaises et sahariennes, t. XV, pp. 497 et suiv. ; — Etudes d'Ethnographie saharienne, t. XVIII, pp. 37 et suiv. ; -^ Nouvelles stations de gravures rupestres nord-africaines, t. XXVII, pp. 27 et suiv. — D'après M. Gsell, op. cit., pp. 186 et suiv., les gravures rupestres du sud-oranais seraient néolithiques berbères,' à cause des campements de cette civili-| sation que l'on découvre fréquemment au pied des rochers gravés. Signalons, à ce propos, la découverte de grafiti en plein Congo Belge : imitation d'empreintes de pas, figures de haches emmanchées, semblables en tout aux haches en oligiste qu'on a, trouvées dans les fouilles, et dans les gisements à proximité des dessins rupestres. (Cf. Anthrop., t. XXVII, p. 505).
LE MONDE PALEOLITHIQUE
leslables avec les ornements peints ou gravés de la céramique préhistorique locale où l'on voit des animaux ligures en gravure ou en blanc''. » Là aussi nous -sommes au néolithique.
Serons-nous plus heureux, à consulter les gravures et peintures des anciens Bushmen ? D'après Stow, les plus vieilles de ces images remonteraient à environ quatre cents ou cinq cents ans^".
En Australie, certaines gravures rupestres sont certainement très archaïques. Celles de la région des Flinders Ranges offrent une patine très accentuée. Seraient-elles âgées de plusieurs
Fig. 244-245. — Silex de Trenton. Cf. Beuchat, Manuel d'archéologie
américaine, p. 106.
milliers d'années, il ne s'en suit pas qu'elles puissent aitesler leur origine paléolithique^'. Dans la Nouvelles-Galles du Sud, Wood, vers 1803, signalait des dessins d'animaux, dégradés et plus ou moins recouverts de terre et de végétation''. En 1880, Nicholson dégageait, dans les environs de Sidney, d'autres gravures ensevelies sous une couche de terre végétale où de grands arbres avaient poussé leurs racines". C<î s(mt là d'incontesla-