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CHRONOLOGIE QUATERNAIRE

IVvolulioii de la race de Néanderihal, il demande de 500.000 à 1500.000 ans*"'!

Il est assez curieux de noter que, de ces chiffres démesurés, on passe brusquement à des supputations infiniment plus modestes. Ainsi, le professeur Waldeyer, dès 1890, assignait à l'homme une antiquité de 15 à 20.000 ans". L'abbé Boulay rabaisse ce chiffre à 10.000*^. D'après M. Sollas, les débuts du magdalénien ne remonteraient pas au delà de 16.000 ans**. D'après M. Nils Olof Holst, 6.900 ans nous séparent de cette même phase de la civilisation paléolithique *^ La moyenne de ces opinions oscille entre 16 et 12.000 ans.

Où est la vérité ? El qui peut avoir raison, entre les tenants du premier système et les partisans du second ? Toute préoccul>alion apologélique mise à part, on doit convenir que les estimations les plus modestes sont celles qui ont aussi le plus de chance d'être vraies, parce qu'elles reposent sur des faits dont la constatation est relativement plus facile. Voici quelques-uns de ces faits.

Un argument familier aux partisans des longues périodes, cesl la vitesse infinitésimale avec laquelle lés glaciers actuels se déplacent. Ainsi la Mer de glace progresse par jour en hiver de 0'°40, et en été de 0'"75. En Suisse, la vitesse moyenne des glaciers est de 110 mètres par an. Le progrès annuel du Dedvoj-ak au Caucase est de 40 mètres. Quel temps n'a-l-il donc pas fallu aux glaciers quaternaires pour recouvrir d'immenses espaces ! La comparaison est défectueuse. Car, plus un glacier est important, plus il marche vite. Ainsi an Groenland, où les masses congelées sont très considérables, certains glaciers marchent, en été, à des vitesses de 6 m. 83 et de 19 m. 77 par jour. L'argument paraît donc se retourner. Quelle ne devait pas être la vitesse de ces gigantesques glaciers quaternaires qui, sous la j)ou.ssée d'une pesanteur formidable, durent s'avan-

^.3. Cf. ibid., t. XXIII, p. 219.

84. .\u 21' congrès des Anthropologistes Allemands ; bref compterendu dans Anthropologie, t. I, p. 761.

Sh. Abbé N. Boulay, FMnciennclé de Vhomme, d^api'ès les sciences naïurelles. Lille, 1894. — Même auteur. Les origines de Vespèce humaine, dans Revue de Lille, février et mars, 1897.

86. .T. W. Sollas. Ancient Huniers, London, 1911. chapitre xiv.

87. D"" Nils Oi.of Hol.st, Jlie Icc Age in England, dan.s Geological ^fngazine, 1915.

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cer à des allures dont nos plus grands glaciers actuels ne sauraient nous donner une idée exacte ?

Un autre motif allégué par les tenants des périodes longues, c'est la lenteur avec laquelle se forment les stratifications géologiques. Or, M. l'abbé Parât, l'infatigable explorateur des grottes de la Cure, observe que les ossements d'animaux fossiles ne sauraient se conserver s'ils ne sont rapidement recouverts par les couches alluviales. Dans les grottes de la Cure, l'épaisseur moyenne de ces couches est de 5 m. 50. D'après le système de M. de Mortillet, ce remplissage aurait mis à se déposer 55.000 ans, à raison de 55 millimètres par espace de 500 ans. Mais cette mince couche n'aurait pas suffi à recouvrir les ossements qui, de ce chef, n'auraient pas été conservés. Or, ils l'ont été, et l'abbé Parât insiste même sur leur état remarquable dé conservation. C'est donc que le remplissage s'est accompli beaucoup plus rapidement que ne le supposait M. de Mortillet *^

Il y a plus. D'une étude à laquelle le D"^ Topinard s'est livré sur la région des Grands Lacs Canadiens, il résulte que le creusement des gorges du Niagara ne remonte pas au delà de 10.000 ans, et la dernière extension glaciaire à 12.500 ans. D'après cette supputation, il serait téméraire d'assigner à l'homme une antiquité supérieure à 15.000 ans*®.

Enfin, dans les sépultures préhistoriques, fouillées en Egypte par M. Flinders Pétrie, on a découvert des silex taillés qui offraient avec nos silex magdaléniens de l'âge du Renne des ressemblances frappantes. Ces silex étaient associés à des harpons de facture également magdalénienne. Or l'un de ces harpons égyptiens remonte à la première partie de la seconde civilisation préhistorique, c'est-à-dire, entre 8000 et 6000 ans avant Jésus-Christ. Môme si ce harpon et ces silex ne sont que les survivances d'une civilisation plus ancienne, celle-ci ne saurait être indéfiniment éloignée d'une époque où l'on avait si fidèlement conservé les modèles industriels antérieurs®".

La convergence de ces indications puisées à des sources très diverses est suggestive. Elle nous permet d'écarter les comptes

88. Abbé Parât, Matériaux pour réiablissemeni d'une chronologie des temps quaternaires, dans Congres international d'Anthropologie et d'archéologie préhistoriques, Monaco, 1907, t. I, pp. 280 ef, suiv.

89. Paul TopiNARn, L'Anthropologie aux Etats-Unis, dans Anthropologie, t. IV, pp. 340 et suiv.

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