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Les types varient, se différencient d'après leur structure sociale, leur industrie, leurs moyens de production. Les uns sont ctiasseurs, les autres agriculteurs, les autres pasteurs. Le plus souvent ces trois types se combinent en des proportions très diverses. L'homme paléolithique, avons-nous dit, a réalisé le type chasseur dans toute sa pureté et sans aucun mélange. Si donc l'on prétend instituei-, entre le passé et le présent, des comparaisons vraiment scientifiques, on sera tenu, semble-t-il, de comparer la civilisation (juaternaire avec le type actuel, qui corresj>ond à son niveau ethnographique^*^.
borées par l'Ethnographie. Peut-être aussi |jennetlra-t-eile à cette dernière science de distribuer et d'espacer les plans de sa propre perspective, en dénonçant l'épocfue probable où tello coutume religieuse s'est introduite dans la vie religieuse des Primitifs. Mais pour que ces résultats soient passibles, il importe beaucoup de* maintenir les deux sciences en cause dans leurs cadres respectifs. Il n'y a aucun intérêt à verser pêle-mêle et sans critique les documents de lEUinographie au dossier do la Préhistoire. Et c'est pourquoi r.ous croyons faire œuvre utile en essayant de définir les règles de la méthode ethnographique appliquée au domaine des recherches préhistoriques.
.%. Encore sera-t-U prudent, si Ton veut ne pas forcer les termes de la (-«miparaison, do s'en tenir aux qualifications les plus générales (chasseur, pasteur, agriculteur, etc.). L'assimilation, poussée trop loin, deviendrait vite sujette à caution. Ainsi M. Sollas, dans un ouvrage sur les anciens chasseurs (Ancient Hunters), s'efforce de rapprocher telle peuplade primitive actuelle de telle phase de la civilisation quaternaire : les 1 asmaniens nous introduiraient dans la vie des Acheuléens et des Chelléens ; les Moustériens se retrouveraient dans les Australiens ; les Boschimans seraient r.n relation avec les Aurignaciens ; les Eskimos répondraient aux Magdaléniens. On ne peut s'empêcher de trouver ces rapprochements arbitraires parce qu'un peu trop exclusifs. Là où M. SoLLAs reconnaît le type de la civilisation acheuléenne et chelléenne. M. Maurice Exsteens, qui a pourtant collectionné plus de 80() instruments tasmaniens, conclut 5 la ressemblance de cette industrie toute récente avec notre vieux moustéricn ! Et il ne suffit pas d'admettr<> «pie les ,\ustraliens appartiennent nu type de Néanderthal (cf. supra, p. 105, note 2), ni que les Boschimans sont apparentés aux négroïdes de Grimaldi, pour se prononcer sur les rapports qui imissent ces deux groupes de primitifs actuels avec leurs ancêtres hypothétiques. Ouant aux Eskimos, la théorie qui prétend les ratta- ••her, au point de vue ethnologique, à la souche magdalénienne, est aujourd'hui universellement abandonnée. En réalité, il est plus simple de reconnaître que. dans le détail, aucune population primitive actuelle ne correspond exactement à un nivcmi déterminé de la civilisalion quaternaire. Pour les références, cf. J. W. Sollas, Ancienf Hun-
128 LA MÉTHODE ETHNOGRAPHIOUE
Or, aujourd'hui, les peuples exclusivement adonnés à la -chasse ne foisonnent pas ^^ En Afrique, nous avons les Bushmens ou Bosch iin ans et les Pygmées ; en Amérique, les Aïeules, au sud du détroit de Behring ; les Botocudos du Brésil et les Fuégiens de la Terre-de-Feu ; en Asie, les Mincopies des îles Andamanes, dans l'Océan Indien. Et ce sont là des groupemenis ethniques peu importants. Il n'existe dans le monde qu'une seide contrée où la vie du chasseur puisse être étudiée sur une vasic échelle : l'Australie. Comme le disait Grosse, — et les récentes explorations de Spencer et Gillen, de Howitt et Strehlow n'ont pas infirmé la valeur de son jugement : — « Ici nous trouvons à l'abri de toute influence extérieure une forme de civilisation qui a disparu depuis bien des siècles dans la plupart des autres pays du monde ^^ ».
Voilà nos sources. Elles nous suggèrent luie impression plutôt décevante. Nous voulons bien que, depuis les temps préhis' toriques, les Primitifs n'aient point dégénéré. On a peine cependant à reconnaîlre, chez les tribus misérables que l'on vient de citer, la physionomie du chasseur quaternaire, telle que nous permettent de la silhouetter les vestiges, même dégradés, contemporains de l'époque glaciaire. L'industrie lithique est le plus souvent quelconque. Les silex taillés et les silex polis se mêlent dans la plus inextricable confusion •''^ Il y a loin des productions
ters, Londres, Macinillan, 1911. — Maurice Exsteens, Noir sur les ins- Iritments de pierre der. Tasmaniens éleints,, dans Bulletin d'e la Sociélé d'Anthropologie de Bruxelles, t. XXX. 1911. — Sur les Tasmaiiiens, cf. infra. p. i4.'î. note 81.