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LE CULTE DES MORTS ET DES ANCÊTRES

Autre lait. Dans la grotte du Cavillon, à Grimaldi, M. Rivière, au-dessus ilu foyer rempli de 8.000 coquillages et de vertèbres de saumon, découvrit une couche fortement imprégnée de fer oligiste. Dans cette strate, épaisse de dix centimètres, étaient encastrés de rares ossements humains {radius d'enfant, os du pied d'un adulte), également colorés de rouge "^. Ne pourraiton pas rapprocher cette trouvaille d'un usage en vigueur parmi les Australiens? Les Australiens, après avoir démembré les squelettes de leurs morts, dispersent les ossements. Ils en conservent néanmoins quelques-uns. Ces débris humains, colorés ou décorés, sont transformés en amulettes "\ Les aurignaciens de Grimaldi n'auraient-ils point procédé de la sorte avec certains de lem-s morts ? Le rapprochement vaut ce qu'il vaut, et la couche en question aura été, si l'on y tient, une fabrique

p. 516). Plus tard, les mêmes auteurs (ibid., t. XXIV, p. 633), ont donné, de cette découverte, rapprochée d'autres faits similaires; une interprétation qui mérite d'être signalée. « Cette fosse de l'entrée ne doitelle pas être rapprochée de l'autre et considérée comme faisant partie d'un rite funéraire ? En y plaçant une corne, nos primitifs avaient peut-être l'idée de protéger la demeure et le tombeau avec l'arme redoutable d'un des plus forts animaux qu'ils chassaient. N'y avait-il pas auprès du squelette de la « Dame Rouge » de Paviland (qui date, il est vrai, de l'Aurignacien) une tête d'éléphant avec ses défenses ; et déjà, Lartet et Christy constatent que « les circonstances sont » étrangement analogues h ce que l'on observe dans l'abri dit Cro- » Magnon, où on trouve aussi une défense d'éléphant ». MM. Bouys- 80NNIE et Bardon ajoutent en note : « Ces lignes étaient déjà écrites iquand M. Peyrony fit à la Ferrassie une découverte intéressante. Tout près des fosses qui contenaient les squelettes d'enfants et un peu en avant, il en apparut une autre, d'un caractère indiscutable. Il s'est trouvé qu'elle ne contenait que de la cendre et de gros os appartenant surtout au Bœuf ». Il nous semble que la portée de ces diverses observations dépasse le domaine, déjà bien intéressant, des rites funéraires. Celte présence, en avant des sépultures, ou dans leur proximité, d'animaux prolecteurs ne découvre-t-elle pas le lien qui existe entre les coutumes mortuaires, et le culte des animaux dont nous aurons bientôt à étudier la nature et le caractère ? De même que les « esprits » d'animaux sont les protecteurs des vivants, de même ils étendent leur protection au monde des morts. Rappelons encore que la femme de l'abri de Laussel {infra, p. 327), tient probablement, dans sa main droite, une corne de Bison.

102. E. Rivière, Antiquité de Vhomime, op. cit., p. 172. Cette couche était située immédiatement au-dessous du « trésor » de coquillages dont il a été question au ch. m.

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