LK TÉMOIGNAGE DE LAUCHÉOLOGIE
est telle que, spontanément, les explorateurs ont baptisé l'endroit du nom de « sanctuaire ^^. »
El en effet, ces réduits, ces recoins, ces concavités, ces niches, s'il est permis d'employer cette comparaison, sont à la grotte tout entière ce que les chapelles qui bordent les nefs et les absides des cathédrales sont à la totalité de l'édifice majestueux qui les contient. Mieux encore on dirait qu'une âme religieuse anime la caverne paléolithique et se manifeste, affleure partout dans les moindres replis de ce rude tissu de pierre. Et l'on se représente l'homme quaternaire, prosterné dans une attitude suppliante, devant ces images gravées ou peintes qui semblent le mettre en rapport avec des forces mystérieuses tutélaires ou redoutables.
El du moment que les images pariétales paraissent revêtues d'un sens religieux, les gravures sur objets, à leur four, devront avoir le même sens^^ C'est qu'en effet, entre ces deux groupes
personnes y sont bien mal à Taise ; c'est cependant la que les figures peintes s'accumulent et se pressent davantage ; on y distingue une douzaine de Bisons et quelques autres figures, et cependant des efflorescences calcaires ont recouvert une bonne partie des parois et de la voûte surbaissée ».
36. La Pileta, op. cit., p. 13 : « réduit où il est presque impossible de se tenir debout ; espace réduit et cactié... ». On peut rattacher, semblet-il, au groupe de ces recoins, le « salon noir » de Niaux. Cf. .Anthropologie, t. XVII, p. 622.
37. Cette conclusion générale demande à être précisée. Elle le sera peu à peu au cours de ce travail, avec l'aide surtout des parallèles ethnographiques. Il suffira, pour le moment, de disposer quelques jalons. L'interprétation des images gravées ou sculptées sur objets doit, au moins en principe, tenir compte de deux éléments distincts : I" le caractère des figures représentées ; 2" la destination des objets que ces figures décorent. La spécification de ce second élément peut, en effet, livrer de précieux indices sur les raisons qui ont inspiré aux artistes quaternaires le souci de décorer les instruments à leur usage.
I. A se placer au premier point de vue, la classification est relalivement facile. Les images se répartissent en trois catégories fondamentales : a) représentations humaines ou anthropoïdes : b) représentations animales ou végétales ; c) ornements géométriques, ou ornements dont la stylisation est trop avancée pour se rattacher, à première vue, aux catégories a et b. Nous parlerons au ch. vu des figures humaines et anthropoïdes qui, dans l'ensemble, ont une signification religieuse. Les figures végétales, nous l'avons dit, sont extrêmement clairsemées dans l'art paléolithique. L'immense majorité des modèles est empnmté au monde animal, (cf. ch. n), et cette prédominance incontestable sug-
Fig. 112-113. — A gauche, sépulture de l'Hommk du Cavillon
(R. Rivière, 1872).
A droite, sépulture de l'Homme DU FOYER H.
(Cf. Grottes de Grimaldi, t. II, pl- i-)